lundi 14 mars 2011



Cyrille T. Zaphiratos - autoportrait-

Japon - Fukushima... Tremblement de terre et Tsunami...

Vendredi 11 mars 2011 Gris Froid
Réveillé par la nouvelle du tremblement de terre magnitude 8°9 sur Richter au Japon à 14h46 heure locale,, à 150kms de Tokyo. Tsunami de vagues de 10 mètres de haut. Des milliers de morts. Apocalypse à la Télévision en direct.

Libye en guerre civile.

Le 12 mars 2011 Gris-froid-vent fort.
Le dôme de la centrale nucléaire de Fukushima, au nord du Japon, ébranlée par le tremblement de terre s’est écroulé. Risque majeur d’un nouveau Tchernobyl avec les nuages radio-actifs sur le Pacifique ! Suite de répliques du tremblement de terre.

Le 14 mars 2011 Gris-froid.
Deux explosions se sont produites au niveau du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima 1. Le circuit de refroidissement du réacteur n° 2 a cessé de fonctionner.

Des milliers de morts, des centaines de milliers de sans abri, ayant tout perdu. Catastrophe humanitaire et économique.

mercredi 9 mars 2011

A propos de "L'hiver de la culture" de Jean Clair, Flammarion Edit. 2011

Jean Clair a raison. L'art qui est parti à New-York, Francfort, en Suisse etc. et qui nous revient n'a plus d'âme. Et c'est ça qui est voulu : dés-humaniser, dé-structurer, détruire le mouvement profond de l'art pour symboliser une époque de fer et de feu que fut le XX°siècle et le nôtre qui commence. Les cris de Basquiat,de K-Cyrille Zaphiratos et de tant d'autres artistes écorchés, ne sont que les derniers soubresauts de l'art profond de l'humain. L'art que l'on nous offre au château de Versailles, dans des expositions coups de poing, ne sont que des dérives de l'art, des acoquinements de l'art avec les finances abstraites des Marchés comme ceux de la City, New-York ou Francfort, d'où cet "art" tire sa toute-puissance. Mais une toute-puissance de deuil de l'homme. Nous sommes vraiment entrés dans l'abstraction de l'individu qui devient un être invisible, dépossédé de lui-même, avalé par l'informatique, la machine des jeux vidéos et autres... L'art est défunt.
Hermès

mardi 8 mars 2011

"NUES" de Bénédicte Heim, 272p. Les Contrebandiers Edit. 2011, un OVNI littéraire. 15€.

Voilà un livre qui peut se continuer indéfiniment étant donné qu'il vit de sa propre substance et peut ainsi se recréer continuellement. C'est une oeuvre au-delà de la littérature, dans un monde à part, entre mode, peinture, incantation, cascade de mots jaillissant sur des rocs d'autres mots etc. Bénédicte Heim porte en elle un monde, et veut le faire connaître, ce qui est estimable, aussi nous le livre-t-elle avec une force et un aplomb hors du commun. Depuis Ubu-roi, les Dadaïstes de Tristan Tzara, peut-être "Alcools" d'Apollinaire, Paul Claudel et Peguy, les Surréalistes, nous n'avons pas eu un texte de ce genre. Un formidable laboratoire littéraire où les mots, sens et contre-sens, non-sens s'entrechoquent dans une espèce de froideur grandiloquente, détachée du réel, du charnel, du vivant, au-delà de la simple lecture. Nous sommes très loin de la littérature-robinet, de la littérature classique, du XVI°, XVII°, XVIII°, XIX°, XX°, et on comprend pourquoi cette auteure a été refusée par Gallimard-popote. C'est qu'il faut un certain courage pour affronter ces près de 300 pages, souvent redites, répétées, incantées, lissées, liftées etc. sur l'histoire ténue d'une mannequin anorexique, Maya, qui a arrêté la mode pour l'écriture, le théâtre(elle a une pièce jouée au Rond-Point), qui rencontre un peintre Peter qui veut faire le portrait d'un beau modèle. Elle propose Nina, une Lolita. Un photographe se mêle au trio. Réflexions, dissertations de l'auteure qui est une sorte d'entomologiste, qui étudie, évalue, dissèque, paraphrase, regarde ses personnages, leur peau, leurs corps, les creux, les ronds; interprète du dehors leur état d'âme etc. Il faut un certain courage pour affronter cet Himalaya littéraire.
Extrait :"...Les belles indifférentes l'irritaient et il n'avait de cesse qu'il n'ait dissous leur retenue après quoi, bien sûr, la collusion allait vers sa perte, sa totale dissolution et c'était très bien ainsi, il n'y avait pas de reste."... P.149
Ce texte démontre toute la jeunesse de la langue, toutes les possibilités qu'elle offre à un écrivain.
Il est heureux qu'un éditeur ait publié Bénédicte Heim.

Henry Zaphiratos

lundi 7 mars 2011

Pour le printemps des Poètes...

OPHELIA


Harmonie ou Tableau, Symphonie ou Couleur,
Une ombre lorsque je rêve me revient voir.
Est-ce la Mort ou l’Amour, qui peut le savoir
Tant sa forme est mince et tant grande est sa pâleur ?

Est-elle là, que les cantilènes prolongent
Les sanglots des mers, les vibrations des cieux,
Que j’entends le renouveau de cantiques vieux,
Et par de là son luth d’argent mes regards plongent.

Au pied de l’Olivier sa voix s’est faite antique,
Elle s’est baignée aux flots brillants de l’Hellas.
Symphonie ou Tableau ? Chant ? Rêve chimérique ?

Et pourtant, je la sais reine de volupté,
Je sais son baiser de feu… Et j’entends son pas
Ebranler mon cœur du fond de l’Eternité.

Henry Zaphiratos "Les Sept coupes"

vendredi 4 mars 2011

Louis-Ferdinand Celine à la Grande Librairie de François Busnel, le 3 mars 2011

Pour mon aniversaire François Busnel a eu l'excellente idée de m'offrir une belle émission sur L.F.Céline, et il a réuni autour des caméras des biographes,des lecteurs et Fabrice Luchini, qui a reproduit son numéro habituel. Chacun y est allé de "son" Céline, mais tous ont loué l'innovateur qu'il fût dans le maniement de la langue, l'amoureux de La Fontaine et des écrivains "stylistes", son rejet des écrivains-robinets sans style, raconteurs de faits-divers que l'on trouve dans tout être humain, tout commissariat, tout journaliste... On a évoqué son affreux côté anti-sémite, porté qu'il était par l'époque de son enfance où dreyfusards et anti-dreyfusards s'étripaient, puis par une espèce de haine vicérale que l'on ne comprend pas très bien chez un homme venu de la pauvreté, de la difficulté, qui a fait des études brillantes pour devenir médecin, médecin des pauvres, qui a vu sa jeunesse brisée, atrocement mutilée avec tous ceux de sa génération par la Grande Guerre des tranchées, des assauts sanglants, mitraillants à l'aube, et qui a couru toute sa vie pour tenter de gagner de l'argent, et qui a été ballotté, dézingué par l'Eté 40, et qui aurait dû avoir la compassion, l'affection pour tous ces êtres jetés dans des trains pour une mort certaine. Non, il n'a pas vu, il n'a pas ressenti... La seule chose qu'il ait ressenti c'était l'apocalypse du monde dans lequel il vivait, la France petite-bourgeoise, apeurée, jetée dans le chaudron de la guerre, de l'Occupation, avec ces jeunes aryens nazis qui paradaient, tuaient pour dominer l'Europe, le monde, et dans lequel la France n'était qu'une petite province d'un empire sinistre. Et puis quand l'Amérique qu'il avait vue, l'Angleterre qu'il connaissait, la France de l'Outre-mer et de l'espérance qu'il avait reniée, le peuple russe qu'il sous-estimait ont abattu Hitler et ceux qui, en France, avaient osé proclamer : "Je souhaite la victoire de l'Allemagne", et que ceux-ci ont fui, se réfugiant dans le château des Hohenzollern à Sigmaringen, en 1945, il les a suivis, il a tout noté, s'est fait le chroniqueur de leurs ultimes bassesses dans "Un château, l'autre". Langage au vitriol. Céline se réfugiera au Danemark, passera un an et demi dans le cachot des condamnés à mort... Il est revenu en France, l'amnistie est venue... Il vécut à Meudon où Louis Pauwels et d'autres l'ont interviewé. Il était malheureux, désabusé, mais portait toujours en lui cette langue magnifique par laquelle il avait rendu compte de cette époque terrible que fut le XX°siècle. Regrettons qu'il n'ait pas vu pleurer, qu'il n'ait pas vu mourir ces innocents qu'il jetait aux géhennes.
Parmi les biographes présents : Philippe Sollers, François Vitoux, François Gibault.
Hermès

jeudi 3 mars 2011

A propos de "INDIGNEZ-VOUS !" de Stéphane Hessel, Indigène Editions, 2011, 30 p. 3€.

J'ai lu le livre de Stéphane Hessel. C'est un texte remarquablement bien écrit, bien composé, explicite : Indignez-vous jeunesse pour que tout le monde s'entende, que la conciliation soit générale, que l'on ne se tire plus dessus, que les Etats ouvrent leurs frontières dans un immense "embrassons-nous Folleville". Une nuit du 4 août à l'échelle mondiale... Le rêve du Christ dans "aimez-vous les uns les autres". Quelle merveille ! Plus de guerres, plus de haine, plus d'atrocités, plus de prisons, les chaînes qui séparent les peuples tombent, et ils restent face à face dans un bonheur immense, et se jettent dans les bras les uns les autres comme dans "Un homme et une femme" sur la plage du bonheur, face à l'océan de l'avenir. Stéphane Hessel est un fin poète et un grand diplomate, il jette-là les jalons d'un avenir idyllique, le jardin d'Eden, le jardin des Hespérides, croquons la pomme d'or de la béatitude humaine... C'est un rêve fou pour lequel, oui, il faut s'indigner de ce qui nous entoure, et ce que le XX° siècle a charrié, le XXI° se prépare à charrier... Les massacres, les peuples qui fuient, les dominations, les intolérances, les violences faites aux hommes ... Stéphane Hessel a raison, Indignons-nous d'être toujours là, où nous en sommes, après la terrible Seconde guerre mondiale et le reste... Les Romains avaient un principe pour la paix : "SI VIS PACEM PARA BELLUM". Le monde, les hommes ont-ils donc si changé ?
1.800.000 exemplaires vendus à ce jour.
Henry Zaphiratos