samedi 10 septembre 2011

A propos d'un reportage du 10 septembre en Afghanistan.

Reportage sur une petite base avancée des forces françaises en Afghanistan où un 75ème soldat français a été tué.
Structure plutôt défensive disposée à proximité, ou en plein coeur, d'une zone contrôlée par les Talibans. Celle-ci est une vallée verdoyante au milieu d'un désert de cailloutis de montagne, vallée où ils ont toutes les commodités,eau, nourriture etc. A la moindre alerte, tirs de roquette ou autre, les soldats se mettent à l'abri dans un sous sol. Cela ressemble à ce qui s'est passé en Indochine entre 1951-1954 avec des postes militaires isolés qui étaient attaqués par surprise et de nuit.
Les Afghans semblent prendre cela comme un "jeu". Le jeu de la guerre, et ils mettent, semble-t-il, un point d'honneur à marquer des points. Combien d'entre ceux, ralliés au gouvernement de Kaboul, jouent-ils double jeu ?
Les repères semblent pourtant clairs à travers ce bref reportage : tout un mode de vie ancestral, religieux, guerrier, résiste derrière la façade des sourires, des kalachnikovs, des voiles, à un Occident casqué, Rambotisé, et tâtonnant.

Dans l'émission TV de France 2 du samedi 11 septembre 2011:
Un Taliban à un jeune conducteur d'une voiture arrêtée à son barrage :

"Pourquoi te rases-tu ?
....
"C'est interdit. Les enfants de Lot se rasaient et Dieu les a punis à Sodome."

Hermès

vendredi 9 septembre 2011

Traîne pas trop sous la pluie de Richard Bohringer, Editions Flammarion, 172p.

Le langage de l'âme.
C'est difficile de parler de ce livre, comme c'est difficile de le lire. On semble être un intrus qui se glisse secrètement dans la chambre d'un grand malade pour écouter les paroles qui sortent de ses lèvres au milieu de ses fièvres et de son délire... L'auteur se met à nu et laisse son esprit vagabonder entre rêves et réalité. Son âme romantique laisse sourdre le tragique de sa vie, les drames et les espoirs de l'enfant qu'il fut, du jeune homme, des souvenirs de son père, de sa mère, de sa mamie. Une tendresse empreinte d'amertume pour le passé lointain si présent, et pour l'amitié, une ferveur.
Richard Bohringer est un écrivain rare. Il parle avec son coeur, ses larmes. Parfois il nous prend l'envie au détour d'une phrase, d'une page, de lui poser la main sur l'épaule...
Il y a la chambre d'hôpital, la maladie qui est là avec la souffrance et l'étonnement qu'elle provoque, les soins du médecin, de l'infirmière, ombres apaisantes, réconfortantes, puis les rêves, l'esprit qui s'évade, s'enfuit vers l'Afrique, les amitiés... Une errance au bord de la mer, comme celle face à la plage de l'Ayguade, face au sable chaud...
Au bout de la guérison, l'auteur rassure le lecteur. "C'est pour toi que j'écris, que j'ai la soif d'écrire..." semble-t-il dire. Alors O.K. je peux écrire sur son livre, je ne trahis rien... Il se livre à nous avec ses fulgurances de poète.

15/20

Henry Zaphiratos

Opium Poppy de Hubert Haddad, roman, Zulma Edition, 172 pages, 2011,Toboggan pour l'Enfer

Une descente dans l'horreur.
Entre les montagnes d'Afghanistan, Kaboul, les passeurs, Paris, sa banlieue de dealers, et de clandestins marchands d'armes, un enfant, Alam l'Evanoui, ballotté, livré, déchiré, enfant de la guerre, de la clandestinité, de l'immigration illicite, fuyant la pauvreté, la misère, sa famille anéantie... Fuyant aussi le centre pour l'enfance où l'on donne des cours d'alphabétisation...
Un livre sur ce que nous apprenons tous les jours par la presse et la TV... des destins noyés, perdus dans le gouffre des faits divers, dans les eaux de la Méditerranée...
L'auteur a eu le courage de prendre ce sujet à bras le corps et à nous le présenter dans ce petit récit.

Des critiques ? Il y en a, mais compte tenu du thème, je n'en dirai rien.

Je rappellerai un autre livre-témoignage sur une enfant dans la guerre : La Salangane.

14/20

Henry Zaphiratos

mercredi 7 septembre 2011

L'Affaire DSK : Le rapport du procureur Cyrus Vance...

L'Express publie dans son N°3139 du 31 août le rapport du procureur Cyrus Vance sur l'affaire DSK (rapport traduit par l'avocat Pierre Servan-Schreiber), affaire qui a tenu en haleine l'opinion publique depuis plusieurs mois.
Ce travail minutieux et très intéressant démontre la méthode des enquêtes criminelles à New York, et est digne des meilleurs téléfilms policiers comme NYPD. On suit le raisonnement, point par point, des assistants du procureur, qui les conduira à abandonner la poursuite de ce procès. Le fait que la loi de l'Etat de New York exige l'unanimité dans le vote final des 12 jurés, contraint le procureur à une rigueur sans faille.
C'est un document qui s'apparente à un roman policier.
A noter l'étude de la clef électronique ouvrant à la même heure, 12h26, les deux chambres, à une minute près : la 2806 et la 2820, du Sofitel de Manhattan...

Hermès

L'affaire Macé-Scaron, un "furieux plagiaire" ?... du journalisme au roman à travers des "piquages chez les autres"...

In Le Nouvel Observateur du 6 septembre 2011, extrait d'un article de Leménager Grégoire :

"Car depuis qu’Acrimed a révélé que son dernier livre avait emprunté quelques passages à l’«American rigolos» de Bill Bryson, ça ne s’arrête plus: les uns découvrent chez lui des phrases d’Ernst Jünger, les autres reconnaissent du Jay McInerney, du Victor Malka ou encore du Rachel Cusk.

Probablement fallait-il avoir l’esprit bien mal placé pour employer alors le gros mot de plagiat, sans percevoir toute la finesse des théories déployées par Macé-Scaron sur l’intertextualité, Montaigne et l’Oulipo, que ce soit sur le plateau du Petit Journal de Canal+ ou dans la matinale d’Europe 1. Les malheureux qui n’y avaient rien compris ne vont pourtant pas être aidés par les nouvelles révélations de l’Express.fr, qui semble s’être équipé d’un redoutable logiciel anti-plagiat depuis une certaine affaire concernant Patrick Poivre d’Arvor.

Il a cette fois passé dans sa moulinette plusieurs articles signés Joseph Macé-Scaron, publiés soit récemment dans «Marianne», soit jadis dans «le Figaro». Le résultat est accablant: «l’Express» signale la présence, sous la plume de l’actuel patron du «Magazine littéraire», de volumineux paragraphes issus du magazine «Lire», du «Monde», du «Matin», quand ce n’est pas de la quatrième de couverture d’un livre chroniqué.

Il cite en particulier un papier paru dans le «Marianne» du 8 juillet 2006, où figure cette «envolée parue mot pour mot deux ans plus tôt dans le mensuel ‘‘Lire’’, sous la plume de la journaliste Laurence Liban»:

Joseph Macé-Scaron dans "Marianne", le 8 juillet 2006
«Il se passe toujours quelque chose chez Catulle: une noce, une danse, des ragots d'alcôve et de caniveau, un copain cocu, des blagues de potaches bourrés au falerne pur. (...) Mais après la bonne fortune viennent les chagrins d'amour, la mort d'un frère, un voyage au loin pour oublier et la beauté des mythes grecs traduit avec une infinie tendresse: 'Bien que le lourd chagrin qui sans trêve me ronge/Me tienne loin, mon Ortalus, des doctes vierges.' Catulle a gardé intacte sa veine sarcastique, mais il est atteint au plus profond. C'est le roman d'un homme blessé qui donne à voir ses plaies sans forfanterie. On est touché au cœur.»

Laurence Liban dans "Lire", le 1er juillet 2004
«C'est qu'il se passe toujours quelque chose chez Catulle: une noce, une danse, des ragots d'alcôve et de caniveau, un copain cocu, des blagues de potaches bourrés au falerne, des cons finis [...] Mais, après la bonne fortune, viennent les chagrins d'amour, la mort d'un frère, un voyage au loin pour oublier et la beauté des mythes grecs traduits avec une infinie tendresse: 'Bien que le lourd chagrin qui sans trêve me ronge/Me tienne loin, mon Ortalus, des doctes Vierges.' Catulle a gardé intacte sa veine sarcastique, mais il est atteint au plus profond. C'est le roman d'un homme blessé qui donne à voir ses plaies sans forfanterie. On est touché au coeur.»

«On a moins à faire à des dérapages isolés qu'à un système», accuse ainsi «l’Express», en racontant l’anecdote d’une caisse de champagne qu’aurait aimablement envoyé Macé-Scaron à un journaliste du «Monde» manifestement trop sourcilleux sur la notion de propriété intellectuelle. Voilà qui ne risque pas de décourager les malveillants, selon lesquels on le surnomme «Macé-Scanner» dans les rédactions où il est passé.

Il y a quinze jours, après les premières révélations concernant son roman, l’auteur de «Ticket d’entrée» avait reconnu avoir fait une «connerie». C'était un euphémisme.

Grégoire Leménager"

"Une connerie" ? Des plagiats calculés...

Hermès

lundi 5 septembre 2011

NOUVEAUX LIVRES à signaler... SEPTEMBRE 2011

LA LOUVE DE SUBURE de Laurent Guillaume, 400p. Edit. Les Nouveaux auteurs.
Roman policier et historique original dont l'action se déroule sous l'empereur romain Trajan, en 105 après J-C. avec les guerriers Goths, les Daces, les Sarmates etc.

BD "POUR EN FINIR AVEC LE CINEMA" de Blutch, Dargaud Editions.
L'auteur de son vrai nom Christian Hincker, Grand prix de la ville d'Angoulême 2009, règle ses comptes en dessins et en bulles contre les anciens grandes stars du cinéma qui l'ont fait rêvé enfant, adolescent, et qu'il est furax de découvrir à l'âge d'homme que tout ça n'était que des histoires, des trucs inventés, des héros bidons etc. Alors il leur tape dessus à coup de traits et de saillies; Burt Lancaster, William Holden, Sacha Guitry, Alain Cuny, etc. sont jetés par les fenêtres de ses souvenirs... Sa femme, sa conscience, seule reste lucide devant ce déferlement.
Une BD amusante et originale d'un barbu en colère...

Hermès

samedi 3 septembre 2011

Paris à 40°, Une soirée avec Sacha Guitry Jean.Laurent Cochet, J.P. Castaldi...

Hier au soir Paris vivait une soirée d'été tropicale. Les rues autour de l'Opéra étaient gaies, les jeunes gens descendaient de la Madeleine vers la place Vendôme, les bars à vin de la dernières mode fusaient de rires et d'éclats de voix joyeuses. Tous les "dandys" performers des sociétés des quartiers d'affaires semblaient s'y être donnés rendez-vous jusque sur les trottoirs, exhibant aux passants des verres de bière et de vodka à la mode. Ils faisaient assaut de rires flatteurs, de courbettes envers leurs"chefs", celui qui les surveillent derrière son écran d'ordinateur aux heures de bureau, du 4/40, des commandes etc. C'était dans ces rue de Paris ce soir-là, comme une kermesse de détente pour eux. Ils semblaient avoir besoin de cette petite obscurité, des lampes falotes des tables, de l'atmosphère "copain" pour tenter de se mettre en valeur, de pousser des pions... Dans les rues quelques vieux beaux au volant des anciens cabriolets Triumph ou Mustang, rouge surtout, tournaient au ralenti le regard fixé sur celui admiratif des passants...
A côté, dans le gentil théâtre de la Pépinière, rue Louis le Grand (tiens l'un des rares rois qui ait une rue à Paris) Jean-Laurent Cochet, aidé par Jean-Pierre Castaldi, tentaient de redonner vie à une pochade de Sacha GUITRY "Tu m'as sauvé la vie", pièce que Guitry avait filmé avec Fernandel dans le rôle du clochard-sauveur. La pièce a bien vieilli avec son baron et sa comtesse, les domestiques, les deux téléphones, la sous-soubrette hurlante. On sentait des efforts inouïs pour redonner un peu de fraîcheur au texte, aux situations. Mais nous ne sommes plus à cette époque de la gaudriole, aux mots policés et nuancés, aux excès de franchise ambiguë. C'est une pièce des années d'insousciance avant le drame de 40; Sacha jouait dans ses meubles de style, avec ses tapisseries, ses bibelots, Jeanne Fuzier-Gyr faisait rire avec ses glousssements de pintade etc.
Jean-Laurent Cochet nous a donné ce qu'il pouvait, Jean-Pierre Castaldi (qui vient de publier ses mémoires au Cherche-Midi) a donné tout ce que sa puissance physique pouvait offrir, rappelant parfois Michel Simon dans "Boudu sauvé des eaux", l'histoire étant inversée... Comme quoi cela donne des idées aux auteurs que de voir les oeuvres des autres.
Une soirée chaude, mais agréable avec tout un monde qui joue la comédie, en vrai et sur les planches... Reste que la comédie de Sacha était pour de rire, alors que celles que jouaient dans les bars nos nouveaux petits "marquis", sous le regard inquisiteur de leurs nouveaux ducs-managers étaient de celles qui peuvent briser des carrières...

Henry Zaphiratos