mardi 10 janvier 2012

LE RIRE DU DIABLE-DUCH. L'ELIMINATION, sur le Génocide Khmer, par Rithy Panh-Christophe Bataille, Grasset Editions 2012

Un Livre et un Film sur le génocide cambodgien, organisé et perpétré par des "intellectuels communistes" khmers formés dans les idées de la Révolution française, dans les écoles, lycées, universités françaises, ce génocide n'est que l'ultime aboutissement d'une logique implacable mise en place par Lénine-Trotsky-Staline, en concurrence avec les nazis pour l'inhumanité, l'imbécillité, la perversion. Comme les nazis démasqués, les staliniens ayant survécu, ils ne regrettent rien, n'ont rien compris, et ne veulent rien comprendre, comme le personnage de Jonathan Little. Ici, le diable-Duch, chef des massacreurs de S.21 de son vrai nom : Kaing Guek Eav, en rit encore dans sa prison du Cambodge, et récite avec emphase "La Mort du loup" d'Alfred de Vigny. C'est pourquoi il faut saluer le courage de tous ceux qui ont dit "NON" dès la première heure, les premiers instants à ces théories meurtrières, à ces logiques d'intellectuels criminels, et à ceux qui ont plongé dans leur jeu par bêtise, snobisme, "fricquisme" et les ont aidés, ont relayé à Paris et dans le monde, leur propagande. Que Rithy Panh soit remercié comme Claude Lanzmann pour leurs films composés de documents irréfutables. 20/20 Hermès

PORTRAIT D'UN ENTREPRENEUR, XAVIER NIEL- FREE - par Marie-Cécile Renault in LE FIGARO du 10/01/2012

Passionné de business, véritable entrepreneur, le propriétaire d'Iliad, maison mère de Free, n'a rien renié de ce qui le rend si singulier. «Vous m'appelez moins!», lui aurait dit en souriant Nicolas Sarkozy, récemment, lors d'une réception à l'Élysée. Sous-entendu: depuis qu'il a obtenu sa précieuse licence de téléphone mobile, avec l'aval du président. Preuve que Xavier Niel fait désormais bel et bien partie de cet establishment, qu'il regardait de loin il y a encore quelques années. S'il porte toujours le jean et les cheveux -un peu- longs, Xavier Niel, 44 ans, propriétaire de 63% d'Iliad, maison mère de Free, est aujourd'hui très écouté. Non seulement parce que cet esprit brillant et ultrarapide semble toujours au courant de tout. Mais aussi parce que, parti de rien, il est aujourd'hui à la tête de la première fortune française du numérique, évaluée à 3,15 milliards d'euros par le magazine 01 Business, et de la 297e fortune mondiale selon le classement Forbes. Il est reçu à l'Élysée pour parler au président d'économie numérique. En mai, il a participé à l'e-G8, réunissant le gotha mondial d'Internet en marge du G8 des chefs d'État à Deauville. Il fréquente le gratin des patrons, d'Antoine Bernheim à Maurice Lévy en passant par les enfants Arnault et Pinault. On lui prête aussi un grand pouvoir, bien qu'il s'en défende, depuis qu'il est devenu actionnaire du Mondeaux côtés de Pierre Bergé et du banquier Matthieu Pigasse. «Je me sens de droite quand je suis avec des gens de gauche; je me sens de gauche quand je suis avec des gens de droite», répond-il. Mais dans ce parcours fulgurant, il n'a rien renié de ce qui le rend si singulier. Xavier Niel reste d'abord un technophile enthousiaste, au point d'être baptisé le «Steve Jobs français», y compris chez ses concurrents. Passionné de business, véritable entrepreneur, il a créé à la rentrée avec ses amis du Net Marc Simoncini (fondateur de Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (ventes-privees.com) la première école d'Internet pour former les jeunes aux métiers du Web. Investissements dans 800 start-up Via son fonds Kima Ventures, il encourage les jeunes créateurs d'entreprises en investissant dans une myriade de start-up: de Deezer à Bakchich, il a pris des participations dans près de 800 entreprises! Avec un petit faible pour le secteur de la presse, dont il connaît le fonctionnement dans les moindres rouages. Toujours disponible. Style direct. Rare patron à répondre à tous ses e-mails dans la seconde, de midi à minuit, il est vite devenu le chouchou des médias et des analystes, à qui il sait distiller la bonne info au bon moment, ou la petite phrase qui fait mouche. À la tête d'un vaste empire immobilier, propriétaire du Golf du Lys à Chantilly, ce père de deux garçons ne se reconnaît pourtant qu'un seul luxe: celui de prendre du temps pour ses enfants. Son fils aîné, 11 ans, teste actuellement le réseau Free Mobile, comme il s'intéresse depuis longtemps à tous les produits maison. Verdict: «C'est le meilleur et le plus rapide!» Marie-Cécile Renault (15-12-2011) In Le Figaro

dimanche 8 janvier 2012

Sur France 2 le dimanche 8 janvier : Sinistrose sur sinistrose le film : L'élégance du hérisson, adapté du roman de Muriel Barbery » ...

Cet article ne concerne que le film et non le roman. « Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bougeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai ..." C'est la première phrase de ce roman vendu à plus de 600.000 exemplaires et qui est resté longtemps dans le Top des ventes de livres... Le film qui en a été tiré, joué impeccablement par Josyane Balasko dans le rôle phare, est un film fait pour le comble de la sinistrose en ces temps de crise, et devant l'aggravation du chômage. Que raconte ce film ? Une concierge menant une vie de concierge dans un immeuble bourgeois, un être invisible aux yeux des locataires ou propriétaires, et qui, pour avoir un peu d'espoir se plonge dans la lecture, la philosophie (entre parenthèse cela prouve qu'il y a encore un fort potentiel de lecteurs parmi les gens qui s'emmerdent ou qui veulent se cultiver), arrive un nouveau proprio, un Japonais qui refait son appart. dans le goût de Tokyo. Il est SEUL, il s'intéresse à cette femme SEULE (veuve), l'invite... Elle reprend espoir, un peu malgré elle, forcée par une jeune voisine, elle accepte une invitation à dîner, un thé avec projection d'un des films japonais qu'elle collectionne avec des bouquins pleins sa chambre. Elle s'arrange. Les bourgeois maintenant la "voient", mais ne la "reconnaissent" pas... Chicos, elle n'est plus la "concierge", elle est entrée, quand elle se "déguise" pour sortir avec son ami japonais qui se montre plein de tact pour elle, dans le cercle des gens visibles... Il y a aussi une petite fille, Paloma, qui filme tout et tout le temps... On ne la voit JAMAIS aller à l'école, ni travailler... avec des parents indifférents et "ordinaires", elle a des pulsions de suicide... Ne comprend pas la vie, veut faire crever son petit poisson rouge... Donc TROIS destinées de SOLITAIRES et de SOLITUDE SINISTRE. Ces trois destinées se rencontrent (en y ajoutant un SDF qui dort dans l'endroit des poubelles de l'immeuble, pour tourner un peu dans la rue ?)... échangent quelques propos, font quelques pas, quelques gestes... Tout cela dans une tristesse sans fond : Sauf le Japonais, homme de grande culture, équilibré et riche, qui tente de sortir ces deux : la petite fille Paloma, et la concierge, de leur ghetto moral et mental... à travers des couloirs d'appartement d'indifférents, de chiottes (où on voit la concierge pisser sans enlever sa culotte ou son slip !) Bref un film sinistre... 16/8 de tension artérielle pour ma voisine excédée par ce masochisme de rester devant un écran qui fait mal. Quand on pense que 600.000 lecteurs, plus plusieurs millions de spectateurs ont lu ou vu ce livre ou ce film, on reste pantois ! Des millions de solitudes, de malheureux ont lu et vu plus malheureux qu'eux, et se sont dits qu'ils n'étaient pas seuls malheureux, et qu'il y avait peut-être un espoir ... UN ESPOIR de rencontrer... MAIS NON A LA FIN LA CONCIERGE MEURT ECRASEE par un camion devant son immeuble ! Seul le petit poisson rouge revit... que voulait tuer Paloma, la petite fille... MORALITE : ON N'ECHAPPE PAS A SON DESTIN ! SEUL TU ES, SEUL TU SERAS ! Philosophie de bazar. Un film sinistre, pour plonger dans les malheurs de la solitude. 10/20 Hermès

vendredi 6 janvier 2012

JE SERAI PRESIDENT. (Jeunesse des six chefs d'Etat de la V° République) de Robert Schneider, Editions Perrin, Nouvel Obs. 312 pages, 2012 -Extraits du Nouvel Obs-

DEUX MONSTRES SACRES POUR LES PRESIDENTIELLES A) MARINE LE PEN : "Le 2 novembre 1976, 4 heures moins le quart du matin. Un froid intense tire de son sommeil la petite fille âgée de 8 ans. Un silence de mort règne. Marine Le Pen n'a pas entendu la déflagration de l'attentat qui vient de souffler son appartement du 9, villa Poirier, dans le 15e arrondissement de Paris. La benjamine de la famille Le Pen est indemne. Juste quelques égratignures dues aux éclats de verre. Comme Marie-Caroline et Yann, ses deux soeurs qui dormaient auprès d'elle, ses parents échappent à l'attentat. Le lendemain, "le Parisien" titre : "Le miracle de la Toussaint". Les auteurs ne seront ni retrouvés ni même identifiés. Mais une conscience politique est née. Plus rien ne sera jamais comme avant. A l'âge des poupées... "Il a fallu cette nuit d'horreur pour que je découvre que mon père faisait de la politique. Et c'est là, à l'âge des poupées, que je prends conscience de cette chose terrible et incompréhensible pour moi : mon père n'est pas traité à l'égal des autres, nous ne sommes pas traités à l'égal des autres", livre Marine Le Pen dans son autobiographie, "A contre flots". "Cela va devenir un élément majeur de ma propre construction." Tout est dit. Quitte à naviguer sans cesse contre les vents, le moussaillon Marine restera toujours dans le sillon du capitaine Jean-Marie. Un jour d'avril 2004 sur le plateau de TF1, elle assène : "On naît la fille de Le Pen, on meurt la fille de Le Pen. C'est l'homme de ma vie. Il a construit la femme que je suis." Peu lui importe que ce père ne fût pas aussi présent qu'une fille est en droit de l'attendre. Rien là qui ne soit personnel ! Ses aînées, Marie-Caroline et Yann, ont connu le même sort. Jean-Marie et sa femme Pierrette forment un couple bohème et insouciant qui part volontiers en virée en laissant les trois filles aux bons soins de leur nounou bretonne. Le plaisir avant tout ! La politique aussi. "Plus j'avance dans la vie, comme dans le combat politique", écrit la nouvelle patronne du FN, "et mieux je peux comprendre ce qu'on a pu, à tort, prendre chez lui pour de l'indifférence. Jean-Marie Le Pen est avant toute chose un homme politique et la politique nécessite un certain nombre de sacrifices. La vie familiale en fait partie." N'a-t-elle d'ailleurs pas adopté la même attitude à l'égard de ses propres enfants ? "A Jehanne, Louis et Mathilde, qui comprendront plus tard que le temps que je n'ai pas passé auprès d'eux, je l'ai tout de même dépensé pour eux." Ainsi est rédigée la dédicace de son autobiographie... Défendre l'icône paternelle Née à Neuilly en 1968, Marion, Anne, Perrine Le Pen - son vrai nom à l'état civil - met pendant toute son enfance un point d'honneur à défendre l'icône paternelle. A l'école, où elle se plaint des brimades des enseignants qui l'obligent à cacher sa médaille de baptême ou à ôter le brassard noir qu'elle arbore après l'élection de François Mitterrand. Dans le quartier cossu de Saint-Cloud, où habitent les Le Pen depuis l'attentat, sous le regard parfois malveillant des voisins, qui ne goûtent guère les idées ou le côté clinquant de cette curieuse famille. A la faculté de droit d'Assas, où on lui demande d'étudier un arrêt rendu contre Jean-Marie Le Pen pour "apologie de crimes de guerre". Jusqu'au sein de la cellule familiale qui éclate un mercredi de septembre 1984. Yann lui annonce : "Maman est partie." L'univers de Marine s'écroule : "Je vais passer des semaines, des mois à attendre. En vain." Au lieu de la voir, elle va entendre sa mère "dire des horreurs sur son mari" dans tous les médias. Elle prend alors la plume pour demander au juge d'accorder le droit de garde à son père. "Le Menhir" et ses filles se soudent définitivement contre le reste du monde. "Avaler un bol de crapauds tous les matins" L'engagement ultérieur de Marine est déjà en germe : un jour, elle réhabilitera l'image du père victime de tant d'"injustices" à ses yeux. Mais chez les Le Pen, on ne se plaint pas. Le fondateur du FN, qui n'aime rien tant que provoquer, supporte bien l'hostilité. Ses filles beaucoup moins mais elles sont priées de garder le silence. "Vous pourriez être nues dans la neige en temps de guerre !", martèle le père. La benjamine n'entend pas le décevoir. D'autant qu'elle sait que tous ses "propos pouvaient être utilisés contre lui, avoir une incidence sur sa vie à lui". Elle ne serait certainement pas opposée à ce qu'il ait aujourd'hui avec elle une semblable délicatesse... La "fille du diable" souffre mais ne le montre pas. Elle se forge un caractère à toute épreuve, apprend à "avaler un bol de crapauds tous les matins", comme elle dit. Enfant, c'est un "garçon manqué" et, déjà, "un chef de bande", confie sa soeur Yann. Elle regarde à la télé les défilés du 14-Juillet avec son père, ancien para d'Algérie, ou entonne en voiture tout le répertoire des chansons militaires. La "night-clubbeuse" Adolescente, c'est une jeune fille joviale. Toujours partante pour faire la fête - alcoolisée si possible à Paris comme en Bretagne, sur les terres de ses aïeuls paternels. Les pistes de danse de la Casbah et des Chandelles à Carnac s'en souviennent encore. Au FN, la dernière des filles Le Pen sera longtemps surnommée "la night-clubbeuse". Comme si ce goût de la fête n'était pas aussi un héritage de ses parents et de leurs réceptions fastueuses de Montretout, l'hôtel particulier de Saint-Cloud. Bonne élève, meilleure à l'oral qu'à l'écrit, plus bachoteuse que bûcheuse, Marine ne met pourtant pas tout de suite ses pas dans ceux de son père. A la fac, elle s'oriente vers une carrière d'avocate. Mais on n'échappe pas si facilement à son destin. Surtout quand on a grandi au coeur de la politique, autour de la table familiale, où Le Pen invite ses amis à refaire le monde, ou encore sur le plateau de "l'Heure de vérité" en 1984, où le leader d'extrême droite s'affiche avec ses trois filles blondes. La présidente du FN a confié un jour: J'ai longtemps cherché à échapper à la politique. Tous les malheurs de ma vie ont été liés à la politique." Mais l'hérédité et son nom la rattrapent. Le souci aussi de perpétuer la grande oeuvre familiale. Et, comme toutes les petites filles, l'envie d'être l'élue de son père. Je me suis rendu compte que je n'arriverais jamais à le faire venir sur mon propre terrain. Donc il fallait que je me rende sur le sien." B) NICOLAS SARKOZY : "On ne naît pas président. On le devient. Pour autant, il y a dans les gènes de ceux qui se lancent un jour dans cette aventure quelque chose de tellement atypique qu'on est bien obligé, pour comprendre, d'avancer sur un terrain que la laïcité réprouve : celui de la prédestination. Avant d'y penser "en se rasant", ceux que l'on nomme les présidentiables y ont sans doute songé, avant même de savoir à quoi ressemblait le grand jeu de la politique. Déjà, tout petit... Dans "Je serai président. Enfance et jeunesse des six chefs d'Etat de la Ve république", un livre fourmillant de révélations et d'anecdotes, notre collaborateur, Robert Schneider raconte la naissance et les secrets de leur vocation. Le "Nouvel Observateur" en publie les bonnes feuilles. Voici le passage sur la jeunesse de Nicolas Sarkozy. Retrouvez d'autres extraits dans l'hebdomadaire du 5 janvier 2012. "Si je fais de la politique, c’est pour monter très haut. " Nicolas Sarkozy le confie volontiers aujourd’hui : il a toujours voulu être président. Du plus loin que remonte sa mémoire, il en a rêvé. Bien avant de se raser. A l’âge où les petits garçons veulent êÍtre pompier ou footballeur. En 1974, en pleine campagne présidentielle, le militant RPR de 19 ans annonce à ses amis : " Si je fais de la politique, c’est pour monter très haut. " La même année il glisse à des copains de la fac de Nanterre : " Un jour je serai président de la République. " Lui ne se réfère pas à l’Histoire, ne se dit pas porteur d’une ambition pour la France, il exprime une volonté de revanche née des humiliations dont il a souffert dans son enfance. [...] Un samedi de mars 1974, Nicolas Sarkozy pousse la porte de la permanence de l’UDR, installée dans un ancien bistrot dans une ruelle peu fréquentée de Neuilly. Il a 19 ans. Le local est quasiment désert. Le secrétaire de section et un militant l’accueillent, visiblement étonnés qu’il se présente ainsi spontanément. "Giscard ? Ce n’était pas ma tasse de thé" Quelques jours plus tard, le 2 avril, Georges Pompidou meurt. Sarkozy, le nouvel adhérent, se lance à fond dans la campagne. C’est lui qui, à Neuilly, colle le plus d’affiches, distribue le plus de tracts pour Jacques Chaban-Delmas, le candidat du mouvement. Chaban battu, Hugues Dewavrin, leader des jeunes giscardiens de Neuilly, propose à Sarkozy de rejoindre le parti du nouveau président.Nicolas refuse : " Giscard ?  Ce n’était pas ma tasse de thé. J’aimais le côté populaire, tellement français, des gaullistes. " Ces giscardiens bien nés ressemblent trop aux jeunes BCBG qui l’ont humilié. Il les déteste. A l’UDR, Sarkozy se rend vite indispensable. Le local est sale : il le nettoie. La peinture des murs s’écaille : il les repeint. Déjà, ce trop-plein d’énergie, ce besoin d’activité, cette propension à tout faire lui-même. Très vite, dans les réunions de section, c’est lui qui organise, lui qui parle, lui qui impose. On le remarque forcément. Déjà cette volonté de prendre les autres de vitesse, cette soif d’arriver, d’être reconnu. Pour être dans le bon wagon, il se met dans le sillage du vainqueur. Chabaniste, il a d’abord considéré Chirac comme un traître rallié à Giscard. Mais lorsque le "traître" prend le contrôle du parti gaulliste, il devient chiraquien. En 1975, un an après son adhésion, Nicolas intègre l’équipe de Robert Grossmann, le patron des jeunes gaullistes. Première émission sur FR3, première prise de parole aux Assises départementales des Hauts-de-Seine. Charles Pasqua le remarque. Ce qui lui vaut de monter à la tribune, devant 25 000 personnes, aux Assises nationales, à Nice. Il a deux minutes pour convaincre. Alors, il fait gros : J’ai la tête dans les étoiles, vous êtes devant moi [les dirigeants du parti], vous êtes mes idoles. Je suis jeune, mais comme vous je suis gaulliste, car je sais qu’être gaulliste, c’est être révolutionnaire. " Succés garanti ! Déjà ce culot monstre, ce sens de la formule qui ne s’embarrasse ni de nuances ni de subtilité. On l’ovationne. Il confiera : " J’ai entendu des applaudissements qui interrompaient mon discours. J’étais ébloui par les lumières, je ressentais comme une forme d’ivresse. Pour un peu, je ne serais plus descendu de la tribune. " Ivresse de succés, ivresse de soi. Il n’aura de cesse de recommencer. Il sait désormais qu’il a fait le bon choix : seule la politique peut provoquer de telles émotions, lui donner cette reconnaissance et cette chaleur dont il a tant manqué. Achille Peretti, le maire de Neuilly, apprend que ce jeune orateur survolté est militant dans sa bonne ville. Il lui promet une place sur sa liste, en 1977. A 22 ans, Nicolas deviendra donc conseiller municipal. En attendant, toujours en 1975, il organise avec Grossmann un rassemblement de 25 000 jeunes qui scandent : "Chirac, président !" Les organisateurs du meeting sont invités à Matignon. Chirac glisse à Sarkozy : "Toi, un jour, je te ferai ministre. " Charles Pasqua aussi l’a repéré. Il le nomme dés 1977 délégué national du RPR à la Jeunesse. Grâce à Pasqua, Sarkozy fait son service militaire à Paris, à la caserne Balard, ce qui lui permet de continuer à militer. 24 mars 1981, Jacques Chirac (président du RPR) et Nicolas Sarkozy, alors membre du comité central du RPR, chargé de la jeunesse. (AFP) A Neuilly, Nicolas se rend indispensable. Il est toujours là, prêt à résoudre les problèmes. Aux municipales de 1983 il devient adjoint au maire. Lorsque Peretti meurt brusquement d’une crise cardiaque, le 14 avril 1983, Pasqua, fraîchement élu dans la ville, fait figure de successeur. Mais l’ancien patron du SAC sent encore le soufre et le pastis. Il n’a pas le style Neuilly. Et il commet une grave imprudence en confiant à Sarkozy le soin de faire le tour des conseillers municipaux pour les convaincre que leurs préventions ne sont pas fondées. Ce dernier, après consultations, décide que Pasqua sera battu par le candidat centriste et que lui, Sarkozy, est le seul gaulliste capable de l’emporter. On lui prête alors ce mot  : "Je les ai tous niqués !" Pasqua se sent trahi. Il demande l’arbitrage de Chirac qui charge Bernard Pons, le secrétaire général du mouvement, de dissuader le jeune ambitieux. Mais Sarkozy tient bon : " Si Jacques Chirac a quelque chose à me dire, qu’il m’appelle directement. Je lui dirai qu’avec Pasqua on perdra Neuilly." Chirac n’appellera pas. Pasqua finit par se retirer. Sarkozy est élu dans une atmosphère houleuse. On lui prête alors ce mot : "Je les ai tous niqués !" Déjà ce manque de tenue, pour ne pas dire cette vulgarité dont il donnera tant d’exemples plus tard. Imagine-t-on un instant l’un de ses prédécesseurs recevant des journalistes dans les jardins de son ministère, torse nu, affalé dans une chaise longue, Ray Ban sur le nez, un cigare à la bouche, une radio branchée sur Nostalgie et leur disant : "Ca ne vous dérange pas que je reçoive torse nu ? Il fait si beau, on est entre potes..." Et encore, évoquant sa solitude après le départ de sa Cécilia : "C’est incroyable ce qu’on raconte sur moi à Paris, que je les saute toutes. C’est quoi ces conneries ! J’suis pas un clébard, moi !" [...] © Editions Perrin "Je serai Président. Enfance et jeunesse des chefs d'Etats de la Ve République", 312 pages. (Retrouvez les bonnes feuilles du livre de Robert Schneider dans le "Nouvel Observateur" du 5 janvier 2012) Par Robert Schneider Julien Martin et Maël Thierry"

LE CHOIX d'ARTE, de Jérôme Clément, Mémoires Grasset Edit. 416 pages 2011

LE CHOIX D'ARTE de JERÔME CLEMENT. Un livre bien écrit par l'un des principaux artisans de la création et du développement de la Chaîne de Télévision Franco-Allemande : ARTE (Association Relative à la Télévision Européennes). Jérôme Clément relate avec sincérité la naissance de cette chaîne à partir d'un embryon de chaîne "CULTURELLE" française et la SEPT, pour un public élitiste et restreint, prêt à accepter l'ART/ESSAI, comme au cinéma, mais à la télévision. Une Chaîne mûrie et concoctée par les dirigeants du Parti Socialiste, pour étendre le choix des téléspectateurs, les "enrichir". Jérôme Clément, énarque, placé à la direction du Centre National du Cinéma, lors de la répartition des "dépouilles" de l'ancien pouvoir de droite tombé avec VGE en 1981, qui voit l'accession de François Mitterand et de la coalition de Gauche au pouvoir, préfère se lancer dans l'aventure d'une Chaîne à lui à promouvoir... Il l'aura grâce à sa position dans le PS, l'aide de Jack Lang, Catherine Tasca etc, par la décision de François Mitterand avec qui il déjeune de temps à autre(sans, dit-il, être un "courtisan"). Le pouvoir peut tout. Les courtisans tournent comme des mouches autour de leur leader réclamant des postes, rappelant leurs services etc. L'auteur écrit, page 14 :"En 1981 le pouvoir avait été conquis, dans le sillage de François Mitterand, par de jeunes militants qui avaient passé plus de dix ans, la décennie 70, à élaborer des textes, des programmes, rêver de changer la vie et avaient vécu dans l'utopie d'une société nouvelle, qu'ils mettraient en oeuvre si la gauche était élue..." "J'étais l'un de ces jeunes gens, portés très tôt aux responsabilités du pouvoir(attaché culturel à l'ambassade France en Egypte, entre autres), et très convaincus de leur mission et de leurs idées..." fin de citations. L'auteur relate, et c'est une partie intéressante du livre, les rapports avec les responsables politiques et audiovisuels des Länders allemands, de chaînes allemandes ARD et ZDF, et signale que pour se comprendre... ils communiquaient en ANGLAIS... Il décrit les mécanismes qui se mettent en place à Strasbourg... Détestation d'être loin du POUVOIR qui est à Paris, fatigue de prendre l'avion à l'aube pour ses rendez-vous à Strasbourg... Mais Mitterand reste ferme, cela sera à Strasbourg, le siège de ARTE... 1992 Derrière les coulisses d'Arte et des programmes dirigés par Thierry Garrel avec le concours d'autres professionnels comme Pierre-André Boutang (Océaniques) c'est une grande partie du monde culturel "IN" de ces années-là qui se profile et donnera son éclat à ARTE. Il y a aussi les guerres de clans, Jack Lang contre Harris, la stupéfaction des co-associés allemands devant le laxisme et une sorte de "je m'en foutisme" financier français. On comprend sur un chapitre plus général la dette colossale initiée par VGE en 1974, creusée avec allégresse par la Gauche au pouvoir à partir de 1981, et qui atteint jusqu'aux 85% du PNB aujourd'hui ! Citation page 200 :"Mais s'y ajoutait une différence de culture entre Français et Allemands. Sans tomber dans des clichés -des Français fantaisistes et des Allemands rigoureux- il y avait une différence d'approche. Pour un Français, les textes, l'application des règles budgétaires ou comptables son essentiels, mais si ils posent TROP DE PROBLEMES, ON LES APPLIQUE PLUS OU MOINS et si ils gênent, ON LES CHANGE. Pour un Allemand, c'est inimaginable. Le budget doit être respecté, les règles appliquées et on ne plaisante pas avec l'argent" fin de citation, les majuscules sont du commentateur. A rappeler que Jérôme Clément est un énarque formé dans le sérail de la haute administration française... A noter des pages intéressantes sur l'Europe centrale et de l'Est que va démarcher Jérôme Clément, à la chute de la dictature communiste, pour des partenariat avec la SEPT grand-mère d'Arte, et qui montre le ressentiment de ces pays à l'égard de la France qui les avait lâchés à Munich, et devant Hitler... L'aveuglement sur la solidité de la Yougoslavie, où Serbes, Croates et Bosniaques se haïssaient et s'excluaient en sourdine. Que dire des guerres intestines, celle avec André Harris... Ainsi la différence fondamentale entre l'"esprit" allemand et l'"esprit" français : l'un est pragmatique, rigide, et s'en tient à la lettre aux accords "pas un sou de plus", l'accord est franco-allemand,aussi peu d'intérêt aux autres TV européennes, et le second un peu fantasque, "universaliste", qui veut tout englober, prêt à taper dans la caisse du budget, à le pulvériser... Même problème que trouve aujourd'hui le président français devant la Chancelière Angela Merkel... Comme quoi l'Europe oui, mais une Europe fédérale... au grand dam des utopistes français. C'est un livre intéressant, sincère, parfois naïf, qui met sous les yeux des lecteurs la vie intime(celle révélée) d'une Chaîne de télévision européenne, parfois tirée à hue et à dia, et qui montre le laxisme, le manque de rectitude qui prévaut dans les grandes administrations, lorsqu'on détient un pouvoir qui doit tout à la politique, d'autre part qui montre le degré de "soumission", de "navigation" d'un haut-fonctionnaire ou homme politique pour complaire au monarque républicain et à ses mandants et "exister"... A la longue cela use, et l'échine en continuelles contorsions devient douloureuse... Ces mémoires se lisent avec plaisir étant bien écrits et d'un style vif. Un côté "Sic transit gloria mundi" et "Vanitas Vanitatem" se perçoit dans une sorte de désenchantement métaphysique. Henry Zaphiratos

mercredi 4 janvier 2012

OPHELIA

GOYA, Les vendanges Musée du Prado-Madrid OPHELIA/ Harmonie ou Tableau, Symphonie ou Couleur,/ Une ombre lorsque je rêve me revient voir./ Est-ce la Mort ou l’Amour, qui peut le savoir/ Tant sa forme est mince et tant grande est sa pâleur ?/ Est-elle là, que les cantilènes prolongent/ Les sanglots des mers, les vibrations des cieux,/ Que j’entends le renouveau de cantiques vieux,/ Et par de là son luth d’argent mes regards plongent./ Au pied de l’Olivier sa voix s’est faite antique,/ Elle s’est baignée aux flots brillants de l’Hellas./ Symphonie ou Tableau ? Chant ? Rêve chimérique ?/ Et pourtant, je la sais reine de volupté,/ Je sais son baiser de feu… Mais je sens son pas/ Ebranler mon cœur du fond de l’Eternité./ Henry Zaphiratos

lundi 2 janvier 2012

"LES HOMMES VIEILLISSENT, LES FEMMES POURRISSENT!" Une réplique cinglante de la nouvelle pièce de Sébastien Thiéry, jouée par Richard Berry qui en a fait la mise en scène, le fameux comique découvert chez Laurent Ruquier avec ses déguisements époustouflants, Jonathan Lambert, ainsi qu'avec Françoise Fabian et Anne Gaylor... "LE DEBUT DE LA FIN" ou lorsque l'homme (ou la femme) se réveille de l'amour, et découvre l'"être" qu'il, ou qu'elle, a aimé, transformé par les années etc. Dur réveil si l'amour a disparu... Alors bagarres, cocufiages, et divorces...:"Marre de me réveiller avec Mamie Nova chaque matin!", "Quand je la touche, j'ai l'impression de palper de la viande des Grisons!". L'auteur jette un regard acide sur la vie, mais combien juste ! A signaler qu'il est aussi l'auteur de "Cochon d'Inde" que la TV vient de passer, et qui est un comédie brillante et sinistre sur l'état de l'Europe, de la France, du bourgeois hypocrite qui fait croire que son père est un "chef d'entreprise" alors qu'il n'est qu'un simple menuisier pauvre, et qu'il a abandonné... La fin est pas mal du tout, avec la porte de sortie de cette b Banque of India qui s'ouvre enfin ! Deux pièces à voir, la première au théâtre des VARIETES" à Paris, l'autre en vadrouille en France. Petite note sur deux pièces de théâtre de Sébastien Thiéry, un nouvel auteur aux côtés de Molière, Sacha Guitry etc. ! Henry Zaphiratos