mercredi 10 avril 2013

"Comment vivre ? Une vie de Montaigne en une question" de Sarah Bakewell, traduit de l'anglais par Emmanuel, Dauzat, Albin Michel, 490p. 23€50 2013

Des Milliers de manuscrits médiévaux sur Internet consultables...


Elaborée au départ dans un but de recherche et de sauvegarde du patrimoine écrit par l'Institut, cette bibliothèque virtuelle des manuscrits médiévaux rassemble les reproductions d'une large sélection d'ouvrages conservés dans une soixantaine d'établissements français (hormis la BnF), datant du Moyen-Age jusqu'au début de la Renaissance. 
Le site contient actuellement plus de 1000 manuscrits reproduits intégralement en couleur, 600 autres en noir et blanc, ainsi que la reproduction numérisée des décors de 4.200 manuscrits et incunables (ouvrages imprimés avant 1.500): "Les rayonnages virtuels se rempliront au gré des accords avec les bibliothèques détentrices", souligne le CNRS dans un communiqué. La BVMM va notamment bénéficier des apports d'une centaine de manuscrits de la Staatsbibliothek de Berlin et de certaines collections privées. 
Cette bibliothèque virtuelle permet à l'utilisateur de se constituer une sélection d'images dans un "panier de recherches" et de comparer plusieurs images sur une même fenêtre d'écran, avec différents niveaux de zoom, de feuilleter les ouvrages à l'aide d'une "visionneuse". Sauf mentions contraires, les reproductions numériques du site peuvent être utilisées pour des opérations non commerciales, sous condition de citation. 
Avec AFP-L'Express

mardi 9 avril 2013

RIDEAU de Ludovic Zékian - récit, Phoebus Editions 2013 128p. 11€

Le livre du fossé qui a séparé le peuple du "petit commerce" de proximité, une maison de la Presse à La-Tour-du-Pin, et le peuple des fonctionnaires. Les uns livrés au combat de la vie, sans filet, avec tous les risques, mais la liberté de créer, et les autres dans la sécurité de l'emploi, le statut, la tranquillité, et se "serrage de fesses" aux ordres des supérieurs, qui eux ont des supérieurs etc. Ludovic Zékian dans ce petit bouquin rend hommage à ses parents et surtout à sa mère, qui a créé cette librairie-presse dans le centre d'une petite ville, et qui a combattu vaillamment pour faire triompher son sens du contact, du service, et de l'amour qu'elle avait pour les écrits. Le fils lui, a subi une sorte de "mépris" de ceux qui ont le "savoir" et qui croient que les autres, ceux qui sont dans le "petit" commerce sont des ignares... Il choisit la voie du fonctionnariat, et voit sa mère se débattre dans les difficultés venant de l'apparition des grandes surfaces, du changement des mentalités. Des "Trente Glorieuses" de 1945 à 1980 la France passe aux années socialistes-mitterrandiennes avec la mise en place d'une "noblesse nomenklaturiste" de Gauche, "l'augmentation des fonctionnaires, l'enfermement dans la Dette qui va devenir un carcan, la priorité des énarques pour les grandes entreprises, le mépris pour les commerçants, les restaurateurs, les bouchers, etc. le petit commerce taxé de "poujadiste". Mot horrible... et la volonté affichée que 80% des lycéens obtiennent un baccalauréat, dévalorisé s'il le faut. C'est la fin de l'"apprentissage", des petits métiers méprisés, la mise en place du clientélisme et de l'immigration pour remplacer les postes du "quaternaire" devenus vacants...
Rideau est un condensé de cette traversée et la fin de la librairie de la mère, c'est la fin d'une époque, c'est aussi la porte ouverte sur la "retraite" qui est une petite mort pour une femme énergique, combative, créative, qui d'un seul coup se retrouve dans le silence, ayant perdu ce qui faisait sa vie, son rayonnement.
Un récit émouvant, empreint de regret, de remords... La France d'aujourd'hui ne paie-t-elle pas d'une crise sans précédent l'aveuglement de ceux qui ont rompu avec le cercle vertueux des "Trente Glorieuses" et détruit les commerces de proximité ? L'arrogance de ceux qui arrivant au pouvoir en 1981 proclamaient que la France passait des ténèbres à la lumière ?
Un livre qui donne à réfléchir.
Saluons le courage de l'éditeur qui l'a publié.
15/20
Hermès

BERNARD GRASSET ne publiera pas "La vie de Milley Brose"

Les Editions Bernard Grasset n'ont pas lu le manuscrit de LA VIE DE MILLEY BROSE, l'ayant reçu le vendredi 29 mars (week-end de Pâques)  et ayant posté la lettre de refus le 3 avril, soit 48 heures ouvrables après...  Un texte peut-être "feuilleté à la va vite" et jugé "Trop littéraire" suivant les informations sur l'édition transmises par Pia Petersen auteur d' "Un écrivain,un vrai" ? ou, cela paraît plus probable,  pas ouvert du tout et rejeté ipso facto. De toutes façons c'est une vraie défaite de la pensée éditoriale et un acte vulgaire. De lecture = néant, de Comité de lecture = double néant.  
Hermès

Nouveauté: Ne lâchons rien ! de Edouard Martin, Essai politique, Cherche-Midi Edit. 2013, 11€ - INTERVIEW CHEZ LAURENT RUQUIER ONPC

Pour la première fois, le délégué syndical CFDT accepte de dévoiler les coulisses de sa lutte. Ses rencontres avec Nicolas Sarkozy, ses entretiens avec Arnaud Montebourg, ses rendez-vous téléphoniques avec Jean-Marc Ayrault et, en toile de fond, le malaise qu'a généré l'accord signé par le gouvernement avec Lakshmi Mittal :


"Point de départ, 24 février 2011. Le candidat Hollande se rend à Florange, monté sur une estafette, il jure de tenir ses engagements. "Oui, il voulait tenir sa promesse, mais il se réserve toujours de changer de pied au dernier moment." Samedi soir, les mots d'Édouard Martin ont pris une résonance qui ne cessait de nous ramener, presque tragiquement, au contexte actuel. "Les politiques ne nous proposent que des prises de parole embarrassées." Il rend justice à Arnaud Montebourg : "Il a fait le job", et à Harlem Désir d'une façon moins flatteuse : "Quand il m'a reçu, j'ai réalisé que le numéro un du parti au pouvoir n'a même pas lu le dossier Florange. J'ai eu l'impression de me retrouver face à un chargé de la communication de la politique gouvernementale. Il est plat à mourir d'ennui."

"François Hollande peut se souvenir des promesses qu'il a faites"

Édouard Martin est le pourfendeur des illusions perdues. Embauché à 18 ans à Florange, "pendant trois ans, je suis un robot. Je fais mon job, je ne l'ouvre pas", il observe. Après, il est élu délégué à la coulée continue et commence à être le porte-parole de ceux qui restent dans l'ombre, de l'ouvrier à l'ingénieur. "Pour être syndicaliste, il faut être irréprochable" (et pour être ministre ?).
Il a maintenant 48 ans. Il ne cessera pas le combat, il y a consacré sa vie. Quarante cigarettes par jour et cinq heures de sommeil par nuit. Les métallurgistes ne baissent pas les bras, ils espèrent toujours sauver leur usine, qui fait vivre trois mille familles. "Rien n'est encore perdu à Florange. François Hollande peut se souvenir des promesses qu'il a faites. J'ai la faiblesse de croire qu'il est honnête. Mais certains élus ont peur d'exercer le pouvoir qu'ils détiennent. Nous avons fait des grèves, des blocages, des marches, mais rien n'a fait peur aux élus. On nous dit : l'acier, c'est fini, l'industrie, c'est ringard. Mais tout le monde a un frigo, un lave-vaisselle. Tout cela, c'est made in Florange. Est-ce que l'Europe veut être dépendante de son acier ? Va-t-on accepter que Mittal aille produire en Inde, en Chine, pour ensuite vendre son acier à l'Europe ?" 
Ses voeux de lutte pour 2013 portaient un appel aux citoyens à se battre contre un système qui s'autodétruit. Avec Ne lâchons rien, il devient le symbole de la résistance au saccage social par la finance internationale. Certains membres du gouvernement vont avoir des problèmes de conscience quand ils liront ce livre. Il y dénonce aussi leur manque de courage politique. "La seule solution serait que des gens comme nous disent qu'ils en ont marre et se présentent aux élections. Mais il n'y a encore jamais eu d'ouvrier à l'Assemblée nationale." Et s'il devenait le premier, malgré son handicap de ne pas savoir parler la langue de bois ?" .
Note Editeur et  Propos recueillis par Claire Gallois- le Point-.

dimanche 7 avril 2013

A propos du style...


«La douceur des choses»

Arnaud Le Guern.
Arnaud Le Guern. Crédits photo : DR
«De Gaulle, qui aimait le champagne de la maison Drappier et BB dans l'œil de Vadim, n'en reviendrait pas. Il s'agit aujourd'hui, en France, d'être “ normal ”. Surtout pas de flamboyance ni d'excès quel que soit le domaine: politique, vie quotidienne, art. Le cinéma nous raconte rien sur presque tout. La musique télé-crochette. La littérature? Une pincée d'Hessel et une infusion de Delacourt avec, entre les deux, Angot pour rigoler. Si le style français - alliage de légèreté, de panache et de mélancolie - a du plomb dans l'aile, il ne lâche pourtant pas prise. Au hasard d'une rediffusion dePlein soleil, Alain Delon et Maurice Ronet rivalisent d'ivresse farceuse dans les rues de Rome. Ailleurs, en bord de mer, une jeune fille ouvre un roman dont la première phrase tient au cœur: “ Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. ”.Les mots et les héroïnes de Françoise Sagan, blondes comme Caroline Chérie ou brunes telle une apparition d'été dans un film de Rohmer nous incitent à prendre garde à la douceur des choses. On se croirait dans un poème de Toulet ou de Pierre de Régnier: petits luxes, éclats d'âme et volupté. Les grands vivants ne meurent jamais, comme le style français qui, définitivement, ne se conjugue pas au passé. La preuve? L'exquise silhouette belge de Virginie Efira, les entrechats d'Aurélie Dupont, un roman mexicain de Patrick Besson: Puta Madre...»
Arnaud Le Guern, essayiste et écrivain: Dernier ouvrage paru:Une âme damnée: Paul Gégauff(Pierre Guillaume de Roux)

Arthur Dreyfus.«Prendre le temps de dire»


Arthur Dreyfus, écrivain, comédien et scénariste. Dernier ouvrage paru:Belle famille(Gallimard).
«Attribuer une nationalité à un style, c'est renier la belle idée d'une diaspora miraculeuse, dépourvue d'histoire officielle, de morphotype, de références ou de langage communs, qui serait celle des écrivains. D'un bout à l'autre du monde, une page (la première) suffit à l'écrivain pour reconnaître un de ses pairs. C'est quelque chose qui accroche, qui a un goût: une absence de tain, la négation du regard fixe sur les choses. Si cette négation rassemble les livres qui comptent, c'est peut-être sa cadence qui varie d'une culture à l'autre: une identité, c'est un rapport au temps. En France, au creux du Vieux Continent, nous prenons celui de dire les choses. Les écrivains que j'aime ne “ racontent ” pas: à la lettre ils s'expriment. De Renard à Montherlant, de Stendhal à Guitry, de Molière à Guibert, de Villon à Proust, il semble que leur fin, en dépit des moyens multiples, reste la même: dire le mieux qui nous sommes. Ce n'est pas un hasard si nos grands auteurs sont aussi, ou d'abord, des mémorialistes: se photographier par le texte, c'est échouer à considérer l'écriture comme un simple outil. Moins qu'une manière de dire, le style français dit sa manière. Notre langue compte peu de mots, sa syntaxe se fige aisément: la maîtriser n'équivaut guère à la gravir, mais à l'attaquer - tout en adorant ses contraintes. Et comme le Français n'est pas simple (sinon, que dirait-il en se disant?), on prendra soin, bien sûr, de mépriser l'écrivain qui “ fait du style ”.»
Cf.Le Figaro du jour

samedi 6 avril 2013

Nouveauté : Le "Dictionnaire des mots oubliés" de Alain Duchesne et Thierry Leguay. Larousse Editions - 2013



« Dictionnaire des mots oubliés », d’Alain Duchesne et Thierry Leguay, éd. Larousse, janvier 2Plus de 250 pages de mots et de gravures où l’on apprend qu’« emberlucoquer » signifie séduire en usant de ruse, que la politicomanie est un vilain défaut, qu’entrejambe peut se dire « entrefesson »...etite sélection.
Sélection de mots oubliés du dictionnaire par Elodie Barakat (Rue 89)
1. « Cet abuseur s’est accointé de celle que j’aime. Les rodomonts dans son genre me férocisent ! »
(Ce baratineur a serré la fille que je kiffe. Ça m’énerve les mecs qui se la racontent comme ça !)
  • Abuseur n.m. Celui qui trompe, qui séduit.
  • S’accointer v. Se lier.
  • Rodomont n.m. Fanfaron qui vante sa bravoure pour se faire valoir et se faire craindre.
  • Férociser v. Rendre féroce.
2. « Allons croustiller à l’évent, puis hâtons-nous d’assouvir ma postéromanie. »
(On pique-nique rapido, puis on file faire des bébés.)
  • Croustiller v. Manger léger, grignoter.
  • Event n.m. Au grand air. Avoir la tête à l’évent : être très étourdi.
  • Postéromanie n.f. Envie d’avoir des descendants.
3. « Avec mon menu frusquin, je n’ai pu lui offrir plus qu’une happelourde... »
(J’ai pas un rond, alors je lui ai offert un truc en toc...)
  • Frusquin n.m Ce qu’on a d’argent.
  • Happelourde n.f. Fausse pierre, qui a l’apparence d’une pierre précieuse.
4. « Tous ces pantophiles me laissent recru. Je rêve d’un peu de bonace, de me rasséréner un peu. »
(Ras-le-bol de tous ces enthousiastes. J’aimerais bien du calme, me détendre un peu.)
  • Pantophile n.m. Celui qui aime tout.
  • Recru,e adj. Excédé de fatigue.
  • Bonace n.f. Etat de la mer pendant un calme plat. Tranquillité, repos.
  • Se rasséréner v. Devenir serein.


5. « Trêve d’acagnardage, tu me canules. »
(Arrête de glander, tu me fous le « seum » !)
  • S’acagnarder v. Paresser, mener une vie obscure et fainéante.
  • Canuler v. Obséder, importuner.
6. « Certes rafalé, ce n’est pas une raison pour jouer les prône-misère. »
(Il a galéré, c’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour se plaindre tout le temps.)
  • Rafalé, e adj. Qui a subi des revers de fortune.
  • Prône-misère n.m. Qui se plaint continuellement.
7. « Je te contre-aime. »
(Je t’aime aussi.)
  • Contre-aimer v. Aimer en retour.
8. « C’est un tendron valétudinaire, mais qui ne manque pas de sémillance. »
(Elle n’a jamais la patate, mais au moins elle a de la jugeote.)
  • Tendron n.m. Jeune fille.
  • Valétudinaire adj. Qui est souvent malade.
  • Sémillance n.f. Vivacité d’esprit.
9. « Les demi-passions me contristent. Mon acédie est croissante. »
(Les histoires sans lendemain me font « bader ». Plus ça va, plus j’ai la flemme.)
  • Demi-passion n.f. Passion sans force et sans durée.
  • Contrister v. Causer une tristesse profonde.
  • Acédie n.f. Apathie, absence de désir, affaissement de la volonté.
10. « Je me suis éveillé sans remembrance aucune et tout déparpaillé. Je devais être sacrément imbriaque. Quand j’ai vu le regard de ma femme, j’ai compris que j’étais dans le margouillis. »
(Black out total. Je me suis réveillé tout débraillé. Je devais être complètement bourré. Quand j’ai vu la tête de ma femme, j’ai compris que j’étais dans la m****.)
  • Remembrance n.f. Souvenir.
  • Imbriaque adj. Ivre, fou, stupide.
  • Déparpaillé adj. Négligé, débraillé.
  • Margouillis n.m. Embarras.
11. « J’étais éplapourdie de voir ce muche s’assoter d’une appareilleuse pareille. »
(J’étais choquée de voir ce petit gars timide en pincer pour cette chagasse.)
  • Eplapourdi, ie adj. : Etonné, stupéfait.
  • Muche n.m. Jeune homme timide.
  • S’assoter v. S’amouracher.
  • Appareilleuse n.f. péjoratif. Femme qui s’entremet dans de mauvais commerces d’amour.
12. « Un paltoquet qui, non content d’être un véritable croque-lardon mâche dru ! »
(Ce mec est une vraie plaie ! Non seulement il se tape l’incruste, mais en plus il dégomme tout.)
  • Paltoquet n.m. Homme grossier, sans mérite, prétentieux.
  • Croque-lardon n.m. Parasite, personne qui cherche des invitations à dîner.
  • Mâche-dru n.m. Gros mangeur"
  • Sélection établi par Elodie Barakat - Journaliste - Rue 89