mardi 11 novembre 2014

le fils, de Philipp Meyer, roman, traduction de Sarah Gurcel, Albin Michel Edit. 680p. 23,50€ 2014

La trajectoire d'une famille américaine de 1830 à nos jours, en partant du Texas, province appartenant à l'Espagne alors, peuplé d'Apaches, conquise par des tribus Comanches qui livrent une guerre sans merci aux propriétaires terriens espagnols, puis petit à petit envahie par des Européens cherchant fortune par la force, se constituant en petits groupes de "Rangers", qui s'attaquent aux Comanches, dépouillent les propriétaires terriens espagnols, font venir d'autres chercheurs d'aventure, en 1836 ils proclament la République du Texas... la suite, westerns, guerres, rattachement du Texas aux Etats-Unis etc. Le roman se lit à plusieurs niveaux à travers les souvenirs d'un descendant des McCullough.. Guerre de Sécession, création d'une fortune colossale, esprit de domination... L'auteur tente de s'inscrire dans la lignée des grands auteurs américains en mêlant la grande histoire à la petite, les grands sentiments et les grandes lâchetés. A travers son propos on sent une sorte de volonté hégémonique des grands prédateurs sur les pays ou les empires qui s'affaiblissent, ainsi de l'Empire romain, puis de l'Empire Byzantin connaissant l'apogée et la destruction par leurs envahisseurs, de même pour l'Empire espagnol détruit par les Etats-Unis à la fin du XIX° siècle, qui lui enlève tous ses territoires des Caraïbes(Cuba, Porto Rico, du Pacifique, les Philippines etc.) après lui avoir enlevé ceux d'Amérique du Nord.
13/20
Hermès 

Premières phrases de Maupassant...

La première phrase de Maupassant dans :
-Boule de suif : "Pendant plusieurs jours de suite, des lambeaux d'armée en déroute avaient traversé la ville."
-La Maison Tellier :"On allait là, chaque soir, vers onze heures, comme au café, simplement."
-Une vie :"Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas."
-BEL-AMI :" Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant."

dimanche 9 novembre 2014

La peau de l'ours de Joy Sorman, roman, Edit.Gallimard, 158p. 2014 - 16,50€

Un métis ours-homme, né du viol de Suzanne par un ours des cavernes, raconte dans une langue super sophistiquée et impeccable ses tribulations dans un monde de pen-culs. Ceux-ci le rejettent, l'enchaînent, le vendent au quatre coins du monde dans des cirques etc.  Impossible de croire que sans une éducation et une instruction adéquate, collège, lycée, université etc. un homme-ours puisse parler, raconter sa vie en intello du XVI° arrondissement de Paris. L'artifice est trop criant. Le lecteur n'est pas dupe.
Qui fait l'ours fait l'âne.
5/20
Hermès

samedi 8 novembre 2014

La chance que tu as de Denis Michelis, roman Stock Edit. 160p. 2014- 17€

Misères d'un grouillot de cuisine.
Une longue nouvelle plutôt qu'un roman. Journaliste l'auteur montre d'une manière forte la "lobotomisation" des êtres soumis à une organisation sociale, en l'occurrence un grand restaurant où le personnage, un jeune adolescent est déposé par ses parents pour entrer en apprentissage. Comme dans toutes les institutions où la rapidité et l'ordre sont de mise, le jeune serveur subit les rigueurs des coups de gueule, les lazzis, les humiliations, les réflexions et les formules toutes faites. Ce qu'il vit dans cet "enfer" a été montré par Charlie Chaplin dans Les Temps modernes, c'est ce que vivent les jeunes recrues de l'Armée qui font leurs Classes etc. Le personnage, très jeune, n'a pas été préparé à cette dure "servitude", il n'a pas de "ressort" suffisant, et chaque fois qu'il se plaint, on lui répète "qu'il a de la chance"... la chance d'avoir trouvé du travail..., la chance d'être dans une organisation... Dehors c'est l'incertitude, le trou de l'inconnu.
Les adolescents des pensionnats d'autrefois, les enfants de Troupe, etc. ont connu une semblable situation, de tels bizutages, ces humiliations... que dire de l'enfer des prisons pour jeunes en Russie. Mais l'auteur a voulu décrire un monde kafkaïen, en isolant le lieu , un grand restaurant dans une forêt inconnue, en livrant un être fragile, immature que ses parents "abandonnent" à la porte du restaurant, comme dans les "Nouveaux Monstres" de Mario Monicelli le fils abandonne sa mère vieille mère, venue en promenade avec lui, à la porte d'une sinistre maison de retraite.   
L'auteur livre un agneau sans ressort, plongé dans la détresse, sans une main secourable, à la dureté du monde social. Il n'y a dans ce roman aucune perspective d'avenir pour ce jeune apprenti, rien que la servitude. L'auteur a choisi la noirceur totale.
Dans cette perspective on comprend mieux pourquoi tant de personnes préfèrent une situation de "chômage aidée" à un monde robotisé dans l'humiliation. C'est une situation que peuvent connaître aujourd'hui les jeunes apprentis de cuisine, les grouillots, dans certains restaurants, méprisés, houspillés...
Comme un cri de désespoir dans une France en crise.
14/20
Hermès

vendredi 7 novembre 2014

A paraître : Un jeune homme sans importance, roman de H.Z. Athéna Edit. 180p. 14€

Un beau roman sur les aventures d'un jeune homme qui n'a que l'avenir à offrir, c'est-à-dire l'inconnu,  et n'intéresse les femmes que pour ce qu'il est à l'essai : un premier amour ou l'amant d'un moment. Il se cherche en remontant le temps de son enfance, de son adolescence, de sa première jeunesse.
 
Les romans les plus courts sont parfois les plus réussis, comme Le diable au corps de Raymond Radiguet.
Hermès

jeudi 6 novembre 2014

OPHELIA de Henry Zaphiratos in le recueil "Les Sept coupes"

                      OPHELIA

Harmonie ou Tableau, Symphonie ou Couleur,

Une ombre lorsque je rêve me revient voir.

Est-ce la Mort ou l’Amour, qui peut le savoir

Tant sa forme est mince et tant grande est sa pâleur ?

Est-elle là, que les cantilènes prolongent

Les sanglots des mers, les vibrations des cieux,

Que j’entends le renouveau de cantiques vieux,

Et par de là son luth d’argent mes regards plongent.

Au pied de l’Olivier sa voix s’est faite antique,

Elle s’est baignée aux flots brillants de l’Hellas.

Symphonie ou Tableau ? Chant ? Rêve chimérique ?

Et pourtant, je la sais reine de volupté,

Je sais son baiser de feu… Et j’entends son pas

Ebranler mon coeur du fond de l’Eternité.
Les

mardi 4 novembre 2014

Terminus radieux, roman d'Antoine Volodine, Seuil Editions 618p. 22€

Un "Mad Max" de la Sibérie Sovkhozienne d'après une seconde apocalypse, avec russes, taïga, steppes, ruine de centrales nucléaires, irradiations, etc. y compris une vieille baba de 130 ans.
Un pavé pour ceux qui aiment la littérature glaciaire.
Ce livre vient d'obtenir le Prix Médicis - le 4/11/2014
Hermès