Une merveille ! Un choc métaphysique de la splendeur. Un monde inouï au milieu d'une végétation luxuriante protectrice. Gravir les centaines de marches des palais et des temples, entrer dans des salles immenses, sonores sous le vol de chauves-souris, longer des corridors aux colonnettes et de murs sculptés d'apsaras dansant, de scènes mythologiques du Maharabhata et Ramayana, les terrasses aux éléphants, les serpents sacrés barattant le lait d'éternité, les visages du Bouddha dominant les quatre coins du monde, dont on a fait un timbre célèbre.
Ce qui est extraordinaire, c'est la redécouverte par le Père Bouillevaux des Missions Etrangères en 1850 et Henri Mouhot en 1860 de ces villes-palais engloutis dans la jungle, dont le peuple et les rois khmers avaient comme "gommé" l'existence, pour les soustraire aux assaillants-prédateurs siamois, birmans ou chams. Ce qui est impressionnant c'est que grâce au traité du protectorat avec la France, de 1862, par l'intermédiaire de l'explorateur Auguste Pavie, le Cambodge ait survécu.
Hermès
- Voyages dans les royaumes de Siam, du Cambodge et du Laos, par Henri Mouhot
réédition aux Editions Orzane - Genêve.
jeudi 30 septembre 2010
mercredi 29 septembre 2010
A propos de François Mauriac, note pour l'Express.
La profondeur de François Mauriac c'était la certitude d'être dans sa chair intensément français, et de réagir avec tout ce que cela comporte d'intransigeance, baigné qu'il était de christianisme plus que de catholicité, d'idéaux de la Révolution et des Lumières plus que d'idéaux monarchiques ou réactionnaires. Le coeur de sa pensée, de ce qui a orienté toute son oeuvre et son action, c'était de peser de tout son poids sur la vie de ses contemporains pour défendre ce qu'il croyait juste. Il a, en lui, été juge de lui-même, juge des autres. Il a refusé ce que sa nature n'acceptait pas, excusé ce qu'il estimait excusable, et beaucoup pardonné, et d'abord à lui-même. Son oeuvre littéraire est au-dessus des textes envoyés à l'Express. Heureusement. Elle vit toute seule, portant sa vision du monde, de son christianisme, de son refus des esclavages, des dominations, des injustices. Il continuait l'oeuvre intense du génie de la Bastille, et il avait l'orgueil de ce qu'il faisait. C'était une "Citadelle" comme la décrivait Saint-Exupéry.
Henry Zaphiratos
Henry Zaphiratos
mardi 28 septembre 2010
Michel Galabru, un Tonitruant "Bancable" Télé-Cinéma, Ce soir chez Stéphane Bern, France 3
Michel Galabru est un grand acteur et un grand amuseur. Il a dit et répété qu'il regrettait de n'être pas "BANCABLE" (prononcez in english, please), c'est-à-dire qu'aucun producteur ou organisme para-production comme Canal+ ou autres, ne monterait une production sur son seul nom. Et ça, cela lui a fait mal, et il l'a dit et répété.
Mais c'est une chose, l'autre, qui est plus importante, c'est que c'est un très grand acteur, avec une personnalité et une présence éblouissantes. Ce soir Stephane Bern, en maître de cérémonie charmant et sobre, en a fait la démonstration dans une très belle émission, en réunissant ses amis, nos amis du théâtre, du cinéma, de la télévision, des cabarets comme Bernadette Lafont, Valérie Mairesse, Jean Rochefort, Kad Merad, Marthe Mercadet etc., et en rediffusant des extraits d'émissions ou de films. On a revu Michel Galabru avec Isabelle Adjani, Romy Schneider... dans des films comme "Le Juge et l'assassin" qui lui a valu un César, une pièce de théâtre qui lui a valu un Molière en 2008. Michel Galabru a cassé la baraque comme on dit, dans la série des "Gendarmes de Saint-Tropez" en portant la réplique à Louis de Funès. Il est devenu un grand, incontournable de la série créé par Richard Balducci dans les années 60. Jean Rochefort a rappelé qu'il avait eu le premier prix du Conservatoire, qu'il avait joué à la Comédie française, notamment dans Georges Dandin. Michel Galabru un très grand acteur tonitruant. Il a rappelé sobrement que c'est lui qui a fait démarrer Jean-Paul Belmondo au théâtre.
Il va jouer au Petit-Marigny. A ne pas manquer.
Henry Zaphiratos
Mais c'est une chose, l'autre, qui est plus importante, c'est que c'est un très grand acteur, avec une personnalité et une présence éblouissantes. Ce soir Stephane Bern, en maître de cérémonie charmant et sobre, en a fait la démonstration dans une très belle émission, en réunissant ses amis, nos amis du théâtre, du cinéma, de la télévision, des cabarets comme Bernadette Lafont, Valérie Mairesse, Jean Rochefort, Kad Merad, Marthe Mercadet etc., et en rediffusant des extraits d'émissions ou de films. On a revu Michel Galabru avec Isabelle Adjani, Romy Schneider... dans des films comme "Le Juge et l'assassin" qui lui a valu un César, une pièce de théâtre qui lui a valu un Molière en 2008. Michel Galabru a cassé la baraque comme on dit, dans la série des "Gendarmes de Saint-Tropez" en portant la réplique à Louis de Funès. Il est devenu un grand, incontournable de la série créé par Richard Balducci dans les années 60. Jean Rochefort a rappelé qu'il avait eu le premier prix du Conservatoire, qu'il avait joué à la Comédie française, notamment dans Georges Dandin. Michel Galabru un très grand acteur tonitruant. Il a rappelé sobrement que c'est lui qui a fait démarrer Jean-Paul Belmondo au théâtre.
Il va jouer au Petit-Marigny. A ne pas manquer.
Henry Zaphiratos
samedi 25 septembre 2010
La Ballade de Lila K de Blandine Le Callet, Stock Editions 2010, 396p. 21€50
Il y a des écrivains héroïques. Mme Blandine Le Callet est de ceux-là. Paraphrasant Kafka, son "Joseph K" et son "Procès", elle s'est lancée dans une aventure intellectuelle d'une grande ampleur avec cette "Ballade de Lila K", en décrivant les tribulations en l'an 2095 de son héroïne, petite fille que la police trouve dans un placard en venant arrêter sa mère, droguée, prostituée et vivant dans une misère physique et morale noire.
Lila sera élevée dans un Centre de rééducation. Puis, jusqu'à sa majorité, sera suivie, attentivement par un professeur Kauffmann, puis Fernand, un jeune homme, puis Justinien etc., sous la surveillance d'un Conseil. En grandissant, elle découvre, avec une gouaille, étonnante pour une enfant qui vit pratiquement cloîtrée et sans contact avec d' autres enfants, un univers style "concentrationnaire",(kafkaïen! nous y voilà !) dans une ville que l'on nomme la Zone, sous le contrôle permanent de caméras de surveillance. Pays où les livres n'existent plus, sinon en cachette, et dont les secrets sont conservés dans des "grammabooks". La Bibliothèque où elle travaille n'est qu'un centre de scannerage des archives. Cependant Lila, sous anxiolytiques, recherche sa mère. Qui est-elle ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tous ceux qui l'entourent en gardent farouchement le secret. Pour une raison fantastiquempent capitale : Lila n'a pas le droit de "savoir"... Alors farouchement elle remonte à la source, et découvre que sa mère se nommait Moïra Steiner. Et en même temps découvre qu'elle est née de père inconnu.
Mme Blandine Le Callet écrit dans un français très "basique". J'ai été parfois gêné, ainsi d'un : "avant que vous partez", qui aurait été mieux en "avant que vous partiez", ou "avant que vous ne partiez".
Les critiques semblent avoir été faites par des "professionnels" qui n'ont pas lu ce livre,(on le comprend, étant ennuyeux à souhait), et ils n'ont donc pu faire le rapprochement entre le "Joseph K" du "Procès" de Kafka, et Lila K.
Astuce dérisoire de l'auteure qui en rajoute avec des vers de Virgile, d'Ovide, et même de Jules César passant le Rubicon : "Alea jacta est"! Il faut ajouter des aphorismes du style de :""La vie est pleine de mystère", n'est-ce pas ?" (so british !)
La lecture de ce livre est héroïque.
Hermès
Lila sera élevée dans un Centre de rééducation. Puis, jusqu'à sa majorité, sera suivie, attentivement par un professeur Kauffmann, puis Fernand, un jeune homme, puis Justinien etc., sous la surveillance d'un Conseil. En grandissant, elle découvre, avec une gouaille, étonnante pour une enfant qui vit pratiquement cloîtrée et sans contact avec d' autres enfants, un univers style "concentrationnaire",(kafkaïen! nous y voilà !) dans une ville que l'on nomme la Zone, sous le contrôle permanent de caméras de surveillance. Pays où les livres n'existent plus, sinon en cachette, et dont les secrets sont conservés dans des "grammabooks". La Bibliothèque où elle travaille n'est qu'un centre de scannerage des archives. Cependant Lila, sous anxiolytiques, recherche sa mère. Qui est-elle ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Tous ceux qui l'entourent en gardent farouchement le secret. Pour une raison fantastiquempent capitale : Lila n'a pas le droit de "savoir"... Alors farouchement elle remonte à la source, et découvre que sa mère se nommait Moïra Steiner. Et en même temps découvre qu'elle est née de père inconnu.
Mme Blandine Le Callet écrit dans un français très "basique". J'ai été parfois gêné, ainsi d'un : "avant que vous partez", qui aurait été mieux en "avant que vous partiez", ou "avant que vous ne partiez".
Les critiques semblent avoir été faites par des "professionnels" qui n'ont pas lu ce livre,(on le comprend, étant ennuyeux à souhait), et ils n'ont donc pu faire le rapprochement entre le "Joseph K" du "Procès" de Kafka, et Lila K.
Astuce dérisoire de l'auteure qui en rajoute avec des vers de Virgile, d'Ovide, et même de Jules César passant le Rubicon : "Alea jacta est"! Il faut ajouter des aphorismes du style de :""La vie est pleine de mystère", n'est-ce pas ?" (so british !)
La lecture de ce livre est héroïque.
Hermès
Françoise Sagan et la lecture. Extrait d'une interview de 1974, dans "ELLE"
-"Je rentre à la maison, je suis triste. Je viens de quitter quelqu'un dans un café, nous ne nous sommes pas compris. Je m'assieds dans un fauteuil, je regarde mes mains. Je ramasse un livre sur une table, j'ouvre au hasard (...) Je me mets à rire, je me laisse aller dans mon fauteuil, je suis Marcel Proust à la trace, je suis consolée(...).Ou c'est dimanche, il fait froid, je n'ai envie de voir personne mais la longue journée étale à venir me paraît comblée d'avance car j'ai un livre à lire de quelqu'un que j'aime lire. Ou je suis en voyage et je passe sans le voir devant un superbe panorama car j'ai le nez dans un livre. Ou il est quatre heures du matin, je dois me lever tôt mais je n'arrive pas à fermer mon livre car dans le beige, le silence, la solitude de l'aube, la voix de l'auteur me parvient, me retient, je l'écoute et nous restons les seuls êtres vivants à chuchoter dans cette ville morte."
-Texte retrouvé et cité dans "Vos lettres" de la revue "Lire"(sept.) par Mme.Elsa Bonifas -
-"Lecture, mon doux plaisir"- André Maurois.
Hermès
-Texte retrouvé et cité dans "Vos lettres" de la revue "Lire"(sept.) par Mme.Elsa Bonifas -
-"Lecture, mon doux plaisir"- André Maurois.
Hermès
vendredi 17 septembre 2010
Claude Chabrol, Un Tâcheron d'un cinéma "petit-bourgeois"
Claude Chabrol qui vient de nous abandonner fut un excellent tâcheron du cinéma. Ses premiers films : "Le beau Serge", "Les Cousins" avaient laissé augurer la patte d'un grand metteur en scène. Il y avait du souffle, de la nouveauté. Brialy, Gérard Blain, Bernadette Laffont, sobres et éclatants, donnaient un je ne sais quoi de sincère et de naturel avec la nouveauté des éclairages, des plans. Après... c'est la banalité du ron ron cinématographique avec des hauts et des bas, le côté franchouillard des "Laverdin", le faux polar du "Tigre se parfume à la dynamite", le petit dévergondage des "Biches", et le lourdingue du "Boucher" avec Jean Yanne... C'est pas Flaubert, c'est pas Sacha Guitry, c'est pas Pagnol, ce n'est plus le cinéma qu'avait laissé entrevoir à ses débuts Claude Chabrol. Il lui a manqué le souffle, le regard au-delà des mers, des montagnes, de l'horizon. Il est resté un petit provincial au regard moqueur, et tout son cinéma s'en ressent. C'était un type super gentil, super aimable, super bon vivant, super Français, super cool avec les techniciens, les acteurs, les producteurs, qui appréciait les bonnes tables, les bonnes fourchettes, les bons festivals, les bon copains, les bouquins,la bonne vie. Et il avait raison. Ses films vont rester des documents sur la petite-bourgeoisie française qui a disparu avec la révolution sexuelle, politique, sociale et financière. Cela représentera la France étriquée d'avant Mai 68, avec un zeste de parfum de l'Entre-deux-guerres.
La TV a passé dernièrement "L'Ivresse du pouvoir", un petit film transpirant la bassesse et la haine,la volonté de nuire et la volonté de puissance. A côté, sur une autre chaîne, il y avait un chef d'oeuvre "Casablanca", puis un documentaire et la révélation que c'était un officier polonais qui avec l'aide d'officiers français avait dirigé tout le service de renseignement pour les Alliés, en Afrique du Nord et à... Casablanca !
Henry Zaphiratos
La TV a passé dernièrement "L'Ivresse du pouvoir", un petit film transpirant la bassesse et la haine,la volonté de nuire et la volonté de puissance. A côté, sur une autre chaîne, il y avait un chef d'oeuvre "Casablanca", puis un documentaire et la révélation que c'était un officier polonais qui avec l'aide d'officiers français avait dirigé tout le service de renseignement pour les Alliés, en Afrique du Nord et à... Casablanca !
Henry Zaphiratos
lundi 13 septembre 2010
Les couleurs du ciel. Jean-Paul et son papa, le grand sculpteur Paul Belmondo
Très sympa et enfin, très "naturel", ce respect pour ses parents de Jean-Paul Belmondo. Il a offert à la ville de Boulogne-Billancourt 259 sculptures, 444 médailles et 900 dessins de son père. La ville expose ces trésors au château Buchillot, rue l'Abreuvoir, dans le parc Rothschild. Cela permettra un beau détour.Le musée ultra-moderne escompté sur l'Île Seguin s'en est allé à Venise, où il détonne dans cette ville-musée du Moyen-âge et de la Renaissance. Boulogne-Billancourt offre son écrin à une oeuvre rare, toute la vie d'un grand artiste. Ce qui est un plus c'est que ce sont ses enfants qui ont fait le geste de cette offrande, comme de grands mécènes. Pour Jean-Paul Belmondo il y a chez lui de l'"homme parfait". Un gentilhomme pourrait-on dire de Bébel. De la gouaille des premiers films, à la sereine élégance amicale d'aujourd'hui.
«Mon père mérite ce musée» a-t-il répondu dans l'interview du Figaro du 16 septembre.
Et il a ajouté ce que lui a dit son père malade :
«-Pourquoi tu ne dessines plus, papa ?
Il m’a répondu, fataliste, mais avec de la tristesse dans le regard :
-Pour quoi faire ?
J’avais été bouleversé. »
Comme j'ai été bouleversé quand mon fils Cyrille a laissé tomber ses doigts sur le dessin qu'il tentait d'esquisser...
Henry Zaphiratos
«Mon père mérite ce musée» a-t-il répondu dans l'interview du Figaro du 16 septembre.
Et il a ajouté ce que lui a dit son père malade :
«-Pourquoi tu ne dessines plus, papa ?
Il m’a répondu, fataliste, mais avec de la tristesse dans le regard :
-Pour quoi faire ?
J’avais été bouleversé. »
Comme j'ai été bouleversé quand mon fils Cyrille a laissé tomber ses doigts sur le dessin qu'il tentait d'esquisser...
Henry Zaphiratos
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