"Longtemps, l'affaire sembla claire: pour qu'il y ait roman, il fallait qu'il y ait fiction. Du latin fingere, modeler, feindre, inventer. Sans fiction, on était dans le document, l'histoire, les mémoires. C'était clair, mais pas si simple. Il y avait des romans historiques, des romans documentés, des romans à clé. Certaines biographies se lisaient comme des romans, certains romans passaient pour des biographies. Un roman pouvait même témoigner. Il demeurait toutefois fictus testis, faux témoin. Le temps des frontières est révolu: celles qui encadrent le roman tombent elles aussi. Les dictionnaires le définissent toujours comme un récit d'«imagination en prose». Ils sont bien les derniers.
DELPHINE DE VIGAN : avec «Rien ne s'oppose à la nuit» (JC Lattès), a décroché le prix du roman Fnac, le prix du roman France Télévisions et le Renaudot des lycéens en évoquant sa mère disparue, dont le portrait illustre la couverture du livre. (Sipa)
Ecrivains, éditeurs, critiques, tous semblent considérer que le roman s'est affranchi de cet impératif fictionnel, comme une famille se débarrasse soudain d'une tradition encombrante, sans concertation ni éloge funèbre. Les prix littéraires 2011 ont couronné comme romans une enquête biographique («Limonov», d'Emmanuel Carrère), un portrait nécrologique («Jayne Mansfeld 1967», de Simon Liberati), un livre de souvenirs consacré à une mère disparue («Rien ne s'oppose à la nuit», de Delphine de Vigan), un autre à de grandes figures comme Michel Foucault («Ce qu'aimer veut dire», de Mathieu Lindon). Dans cet étonnant paysage de fin d'automne, seul le Goncourt fait figure d'exception. Il a primé «l'Art français de la guerre», où Alexis Jenni s'adonne à cette activité primitive: inventer un personnage.
Roman mais pas trop
EMMANUEL CARRERE :
La question a été beaucoup posée depuis août: avec sa biographie d'Edouard Limonov, l'écrivain mercenaire national-bolchevik, personnage réel s'il en est, Emmanuel Carrère a-t-il écrit le meilleur roman de la rentrée? «Par un mélange de purisme et de coquetterie, je n'utilise pas le mot sur la couverture. C'est narratif sans être du roman, dit-il. C'est un récit, c'est l'histoire d'un mec. Il n'y a aucune discontinuité, pour moi, avec le journalisme.»
«Limonov» est d'ailleurs le prolongement d'un reportage publié dans le magazine «XXI». Ce n'est pas un secret, c'est expliqué au début du livre, dans un paragraphe lapidaire qui amalgame pour de bon narrateur et auteur. Cette seule circonstance aurait jadis suffi à l'exclure des sélections «roman» du Renaudot, qu'il a pourtant rafé. «Le problème se pose régulièrement, mais c'est comme discuter du sexe des anges, raconte Franz-Olivier Giesbert, membre de ce jury. Là, on s'est beaucoup engueulés: pourquoi inscrire Carrère et pas Tesson?»
Le prix Renaudot a récompensé EMMANUEL CARRERE et son enquête biographique consacrée à «Limonov» (POL), tandis que le Renaudot de l'essai est allé à Gérard Guégan pour... une enquête biographique: «Fontenoy ne reviendra plus» (Stock). (Sipa)
Sylvain Tesson est cet écrivain baroudeur qui raconte ses six mois de solitude passés «Dans les forêts de Sibérie». Les épreuves de ce carnet de voyage avaient été envoyées pendant l'été aux journalistes et aux jurés des grands prix flanquées de la mention «roman». Elle a été retirée à la parution. En revanche, elle figure bien - palme de l'absurde?- sur l'«Hymne» de Lydie Salvayre, une ode lyrique à Jimi Hendrix.
Le mot « roman » fait vendre. Tous les éditeurs s'accordent là-dessus. Il évite aux livres de finir sur les rayonnages où les essais prennent la poussière. A la rentrée de septembre, l'enjeu est accentué par la perspective des prix. Manuel Carcassonne, éditeur chez Grasset, n'a pas oublié ce qui est arrivé à «Itinéraire spiritueux» de Gérard Oberlé, en 2006: «Par honnêteté, nous ne l'avions pas présenté comme un roman. Des jurés de l'Interallié m'ont dit: "Quel dommage que ce ne soit pas un roman ! Nous lui aurions donné notre prix !"»
Bien des prix récompensent aussi les essais, direz-vous. A commencer par le Renaudot. Mais le Renaudot essai, c'est comme la Coupe du Monde de Rugby féminin: ça ne déclenche pas la passion des foules. Comme ses concurrents, Grasset a retenu la leçon. Tout est roman, désormais. Frédéric Beigbeder, dans «Un roman français» (sic) raconte sa brève incarcération pour consommation de stupéfiants? «Roman», et prix Renaudot. Laurent Binet, dans «HHhH», enquête à Prague sur l'assassinat en 1942 d'un nervi de Himmler? «Roman», et Goncourt du premier roman. Simon Liberati revient sur la fin tragique de Jayne Mansfeld dans une collection consacrée au fait divers? «Roman», et prix Femina.
SIMON LIBERATI : a reçu le prix Femina avec le portrait nécrologique d'une star déjantée, «Jayne Mansfeld 1967» (Grasset). (Sipa)
Paradoxe : pour viser le triomphe, un livre a tout intérêt à être présenté comme un roman sans vraiment en être un. Le cas Liberati est emblématique: c'est avec son livre le moins romancé qu'il remporte son plus beau succès:
«Dans les interviews, au lieu de parler de moi, je parlais de Jayne Mansfield, ce qui paraît moins prétentieux. Rien que le fait de décrire un personnage qu'on a soi-même inventé, c'est ridicule. C'est plus facile de disserter sur un livre qui n'est pas qu'un fantasme personnel. On est dans l'ère des blogs. Toute individualité est en rivalité avec toutes les autres. Avec ce genre de romans, on arrive avec un sujet présumé intéressant, et on rencontre moins d'opposition de la part du public.»
Comme les livres de Carrère et de Vigan, celui de Liberati a fait une impressionnante carrière dans les médias. Le roman non fictif est calibré pour la promo. Son aspect documentaire mâche le travail des journalistes qui ne savent plus parler de littérature. Dans les salons du restaurant Drouant où l'on venait de remettre le Goncourt et le Renaudot, après les déclarations d'usage, les équipes des grandes chaînes d'info assaillaient Carrère de questions sur le fabuleux destin d'Edouard Limonov et sur la Russie postsoviétique, quand ils peinaient à en trouver une sur le contenu du roman d'Alexis Jenni.
MATHIEU LINDON : a obtenu le prix Médicis avec «Ce qu'aimer veut dire» (POL), où il se souvient notamment de son père, Jérôme Lindon, de Michel Foucault et d'Hervé Guibert. (Sipa)
Si tout est roman, rien n'est roman
Ne doit-on cette extension du domaine du roman qu'au marketing et à la paresse des journalistes? Trop simple. Quelque chose se produit chez les écrivains eux-mêmes. Paul Otchakovsky-Laurens, dit POL, qui édite Carrère et Lindon, constate que «les auteurs ressentent une fatigue à l'égard de la fiction». Carrère raconte: «Jean Echenoz m'a dit un jour que ce qui lui plaisait désormais, c'était d'écrire des vies. J'ai dit: "Moi aussi." On a soupiré tous les deux. » Son «Limonov» porte la marque de cette «fatigue». Carrère s'y dépeint en romancier installé, fasciné par - et peut-être envieux de - cet écrivain au parcours prodigieusement chaotique, qui n'a qu'à raconter sa vie pour écrire un roman d'aventure.
De son côté, Liberati admet que travailler un matériau réel pimente le laborieux travail du romancier: «Chez les personnages existants, comme Jayne Mansfeld, il y a toujours quelque chose qui échappe. Cela apporte une fantaisie. En quelque sorte, il y a déjà oeuvre.» Mathieu Lindon, prix Médicis pour ses souvenirs de Foucault et d'Hervé Guibert, exprime cette lassitude en riant: «Si on est prêts à écouter un type qui raconte ce qu'il n'a pas vécu, pourquoi n'écouterait- on pas aussi quelqu'un qui l'a, en plus, vécu?»
Assiste-t-on à une crise de la fiction? Le postmodernisme et l'autofiction ont-ils rendu impossible le retour au bon vieux roman du «Petit Robert»? L'universitaire Dominique Viart, coauteur de «la Littérature française au présent» (Bordas), explique cette évolution par un «scrupule» qui aurait saisi nos écrivains: «Ils s'interrogent sur ce qu'ils font au moment où ils le font. La seule façon défaire, c'est d'afficher le scrupule.»
OLIVIER FREBOURG : évoque l'enfant qu'il a perdu dans «Gaston et Gustave» (Mercure de France). Il a partagé le prix Décembre avec Jean-Christophe Bailly. (DR)
JEAN-CHRISTOPHE BAILLY : raconte ses «Voyages en France» dans «le Dépaysement» (Seuil). Il a partagé le prix Décembre avec Olivier Frébourg. ©HermanTriay-Seuil
«Il n'y a aucune raison de limiter le roman au domaine des petites histoires inventées dont se moquaient déjà si justement les surréalistes, estime quant à lui Philippe Forest, écrivain et universitaire, qui vient de coordonner un numéro de la «NRF» sur la littérature autobiographique. Et même si le genre a encore ses amateurs, cela fait longtemps qu'il est en coma dépassé. Les romans les plus intéressants témoignent d'une même méfiance à l'égard des vieilles formules avec lesquelles, sous couvert d'imagination, l'auteur refourgue les mêmes intrigues stéréotypées avec des personnages de papier mâché dans des décors en trompe-l'oeil. Du coup, le roman se tourne vers le vrai, vers l'expérience personnelle ou collective. C'est ce qu'on peut appeler le roman vrai - par opposition à ce qu'on présente comme du vrai roman.»
Si le roman n'est plus de la fiction, qu'est-ce donc? Alors que le jury Médicis, qui s'occupe de distinguer une certaine exigence littéraire, vient de récompenser les souvenirs de Mathieu Lindon, son président Dominique Fernandez affirme qu'«imagination ou pas, c'est la qualité littéraire qui fait le roman». Autrement dit: «roman» devient synonyme de «littérature». Mais, nom d'un essayiste ! pourquoi ne pas employer un autre mot?
POL, tout en laissant ses auteurs libres de ne pas étiqueter leurs livres, trouve que celui-là en vaut un autre: «C'est un mot-valise où l'on peut mettre quantité de choses. Je suis indulgent pour ces acceptions peut-être abusives, c'est un genre particulièrement mouvant. Et puis Levy, Musso ou Werber continuent à l'illustrer avec beaucoup de conviction. Pour le lectorat, le roman n'est pas mort, loin de là.»
CLAUDE ARNAUD : qui versa l'an dernier dans le «roman» avec «Qu'as-tu fait de tes frères?» (Grasset), une belle «autobiographie aménagée littérairement», s'étonne lui-même du retour en grâce de ce terme désormais utilisé à toutes les sauces: «Il était très décrié à la fin des années 1970, quand j'ai commencé à écrire. On ne parlait plus que de "textes".»
MORGAN SPORTES : a remporté le prix Interallié avec «Tout, tout de suite» (Fayard), qui retrace l'affaire du «gang des Barbares». (Sipa)
Les Américains, qui ont réponse à tout, ont créé une catégorie pour ces livres hybrides, ces romans sans roman, ces objets transgenres: la «narrative non fiction», dont les figures totémiques sont Norman Mailer ou le Truman Capote de «De sang-froid». «Narrative non fiction», une expression sévèrement notée par nos profs de lettres, qui la trouvent trop paradoxale. Dominique Viart rappelle que «toute mise en récit est une mise en fiction». Philippe Forest est d'accord. Mathieu Lindon, qui n'est pas prof, aussi: «Quand je parle de Michel Foucault, il s'agit d'un Michel Foucault recomposé. Et puis je n'ai pas tout dit. Michel Foucault n'était pas tout le temps, même avec moi, ce Michel Foucault-là.»
Tout est fiction, donc. Si tout est fiction, tout est roman. Et si tout est roman, c'est connu, le roman n'est plus grand-chose. Il est décidément urgent que les dictionnaires se penchent sur cette définition qui, à côté de ses nombreux mérites, a l'inconvénient d'annihiler ce qu'elle est censée définir."
par David Caviglioli et Grégoire Leménager in Le Nouvel Obs.
A quand un "roman" sur la vie de BHL, puisque les éditeurs et le public recherchent ce genre ?
mardi 29 novembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
La nuit de Skyros, de Patrick Cauvin, roman, Plon, 176p. 2011
Un banal roman mais avec une intrigue bien ficellée. Un psychiatre reçoit comme client un type(Caroni) qui lui raconte que toutes les nuits il rêve qu'il fait l'amour avec une femme et jouit ("distille" comme aurait dit élégamment Casanova). De fil en aiguille le psy s'aperçoit que la femme du rêve est une femme que lui-même a aimée, avec qui il a vécu, et qui s'acharnerait à revenir vers lui à travers ce faux client... Mais cela se corse car après enquête il s'avère que la femme en question(Dakota) est morte il y a plusieurs années... Alors ?... Ben c'est à vous de découvrir la suite si vous le désirez.
Ecriture ordinaire.
Dans la masse de ce qui s'écrit... et si on s'emmerde vraiment ça ou "peindre la girafe" comme on dit ! Le prix 18€
10/20
Hermès
Ecriture ordinaire.
Dans la masse de ce qui s'écrit... et si on s'emmerde vraiment ça ou "peindre la girafe" comme on dit ! Le prix 18€
10/20
Hermès
mercredi 23 novembre 2011
Un certain mois d'avril à Adana, de Daniel Arsand, roman Flammarion, 372p. 2011
C'est le roman d'une tragédie. Une des pages du génocide arménien, celui qui a commencé le 12 avril 1909, dans la jolie ville Adana. L'auteur décrit dans un style parfois de conteur lyrique la vie des Arméniens et des Turcs dans cette province de la Cilicie, au bord de la Méditerranée. Pays qui fut pendant un millénaire de l'empire d'Alexandre le Grand, après la domination des Hittites et des Perses, de Rome, puis de l'empire gréco-romain de Byzance, un temps, pendant deux siècles royaume arménien, puis au XVI° conquis par les Turcs qui s'étaient emparés de Constantinople en 1453.
Depuis, pendant des siècles vivaient dans l'empire ottoman des minorités, mal acceptées (comme celle des Kurdes aujourd'hui), parce que chrétiennes aussi. Une vie cahin caha, comme partout avec des hauts et des bas, des riches et des pauvres, des paysans et des urbains. Dans l'indéfinissable charme oriental de l'Arménie avec ses traditions, ses laborieux, ses fous, et la peur continuelle...
Un livre qui plonge dans le malheur, et qui nous fait comprendre l'immense bonheur de vivre dans une nation forte et libre, avec des lois qui cherchent à être les plus équitables possibles.
Daniel Arsand a écrit un livre-souvenir pour les Arméniens de la diaspora, et pour les Arméniens de la république d'Arménie. C'est aussi admirable les peuples qui ne veulent pas mourir, qui veulent vivre absolument portant le témoignage du passé dans les temps présents.
Un livre à lire si l'on n'est pas enclin au spleen.
14/20
Hermès
Depuis, pendant des siècles vivaient dans l'empire ottoman des minorités, mal acceptées (comme celle des Kurdes aujourd'hui), parce que chrétiennes aussi. Une vie cahin caha, comme partout avec des hauts et des bas, des riches et des pauvres, des paysans et des urbains. Dans l'indéfinissable charme oriental de l'Arménie avec ses traditions, ses laborieux, ses fous, et la peur continuelle...
Un livre qui plonge dans le malheur, et qui nous fait comprendre l'immense bonheur de vivre dans une nation forte et libre, avec des lois qui cherchent à être les plus équitables possibles.
Daniel Arsand a écrit un livre-souvenir pour les Arméniens de la diaspora, et pour les Arméniens de la république d'Arménie. C'est aussi admirable les peuples qui ne veulent pas mourir, qui veulent vivre absolument portant le témoignage du passé dans les temps présents.
Un livre à lire si l'on n'est pas enclin au spleen.
14/20
Hermès
mardi 22 novembre 2011
COMEDIE MUSICALE.... Superbe livret avec le roman "Une année à Paris "1938" de Henry Zaphiratos -
Tous les ingrédients d'un succès pour une grande Comédie musicale dans ce roman : Les années 1937/38, avec la fin de l'Exposition universelle de 1937 de Paris, la grande mode de Paris avec les grands couturiers comme Lanvin, Patou, Schiaparelli,Worth, des robes superbes sur des femmes surperbes comme Mireille Balin, des chansons extraordinaires avec Maurice Chevalier, Tino Rossi, Rina Ketti, Josephine Baker, l'Art Déco. L'intrigue les amours contrariés d'Angelo, un jeune peintre anarchiste italien pour une jeune fille de la haute société parisienne, le père qui le fait emprisonner, sa fuite, celle d'un jeune métis pour Rachel une jeune juive qui fuit le nazisme... Ceci à travers Hitler et ses chemises brunes et noires, Mussolini et ses drapeaux défilant dans une Journée particulière à Rome en mai 1938, après l'Anschluss, les manifestations du Front populaire opposants dans des ballets musclés... Les combats du jeune peintre italien pour sauver son amour, ceux du jeune métis,Dorian, pour sauver la mère de Rachel tombée aux mains des nazis, les courses poursuites... Les premiers combats pour la liberté...
Sur fond musical, chorégraphique, costumes, chants, danses des éclatantes années Art-Déco, qui sont les dernières du bonheur avant la Seconde guerre mondiale.
Une Année à Paris- 1938- roman
Copyrights 2011 Henry Zaphiratos -
Sur fond musical, chorégraphique, costumes, chants, danses des éclatantes années Art-Déco, qui sont les dernières du bonheur avant la Seconde guerre mondiale.
Une Année à Paris- 1938- roman
Copyrights 2011 Henry Zaphiratos -
lundi 21 novembre 2011
Eric-Emmanuel Schmitt "Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent... " Albin Michel, 190 p. 2010
E.E. Schmitt a écrit une pièce admirable "Le Visiteur", d'autres moins brillantes, des bouquins que je n'ai pas lus, dont je ne parlerai pas.
J'ai, par contre, lu ce livre sur Beethoven.
C'est une sorte d'ouverture sur ce grand compositeur. C'est bizarre que certains mélomanes, et peut-être certains "autres'" traitent les compositeurs comme des roues de secours de l'existence. On les écoute, on applaudit, on encense les interprètes, on critique les interprètes, orchestre, chef d'orchestre, chanteurs 'soprano, baryton, ténor etc.) etc. On leur tresse des couronnes, on jette de l'argent et des fleurs à leurs pieds.
Aux compositeurs Rien ! Ils ont tout fait, mais on ne leur passe rien ! Ils sont morts ou vivants, ils sont dans l'ombre. Leur musique étincelle, mais eux, ce sont presque des absents. Et il faut les déchiffrer.
Eric l'aimait quand il était jeune, puis il s'est détourné de lui, ses symphonies, sa musique faisaient rantanplan... Et puis un jour à Copenhague, dans un musée, le Ny Carlsberg(la bière) Glyptotek, dont une pièce entière lui est consacrée, soudain il s'est dit qu'il ne devait pas être traité par-dessus la jambe, ce compo, pour qu'on lui consacre toute une pièce d'un musée ! Puis, lors d'une présentation d'une de ses pièces de théâtre dans une ville suisse, il va à l'opéra, entend Fidelio, l'unique opéra de Beethoven, et c'est le déclic...pour écrire un livre.
Le livre le voici avec le déchiffrage des principales symphonies du compositeur, de concerto(s) etc. et la redécouverte et son "interprétation" des oeuvres avec un grand O.
Eric est un excellent conférencier, et un excellent pédagogue; et son livre est à lire si l'on a besoin d'entrer dans l'oeuvre de Beethoven. Je pense que ceux qui l'aiment n'ont pas besoin de toutes ces explications, toutes ces circonlocutions professorales parfois un peu primaires.
J'aime Beethoven, un point c'est tout.
Pour la "joie", la définition de la "joie" on pourrait remercier Eric. Il rejoint les philosophes d'aujourd'hui, Onfray, Finkelkraute et les autres, et les thèmes magnifiques des Stoïciens.
Mais toute oeuvre a une part "divine", Beethoven l'a aussi, son oeuvre aussi, elle baigne dans le divin.
De la joie au divin, il n'y a qu'un pas.
Hermès
J'ai, par contre, lu ce livre sur Beethoven.
C'est une sorte d'ouverture sur ce grand compositeur. C'est bizarre que certains mélomanes, et peut-être certains "autres'" traitent les compositeurs comme des roues de secours de l'existence. On les écoute, on applaudit, on encense les interprètes, on critique les interprètes, orchestre, chef d'orchestre, chanteurs 'soprano, baryton, ténor etc.) etc. On leur tresse des couronnes, on jette de l'argent et des fleurs à leurs pieds.
Aux compositeurs Rien ! Ils ont tout fait, mais on ne leur passe rien ! Ils sont morts ou vivants, ils sont dans l'ombre. Leur musique étincelle, mais eux, ce sont presque des absents. Et il faut les déchiffrer.
Eric l'aimait quand il était jeune, puis il s'est détourné de lui, ses symphonies, sa musique faisaient rantanplan... Et puis un jour à Copenhague, dans un musée, le Ny Carlsberg(la bière) Glyptotek, dont une pièce entière lui est consacrée, soudain il s'est dit qu'il ne devait pas être traité par-dessus la jambe, ce compo, pour qu'on lui consacre toute une pièce d'un musée ! Puis, lors d'une présentation d'une de ses pièces de théâtre dans une ville suisse, il va à l'opéra, entend Fidelio, l'unique opéra de Beethoven, et c'est le déclic...pour écrire un livre.
Le livre le voici avec le déchiffrage des principales symphonies du compositeur, de concerto(s) etc. et la redécouverte et son "interprétation" des oeuvres avec un grand O.
Eric est un excellent conférencier, et un excellent pédagogue; et son livre est à lire si l'on a besoin d'entrer dans l'oeuvre de Beethoven. Je pense que ceux qui l'aiment n'ont pas besoin de toutes ces explications, toutes ces circonlocutions professorales parfois un peu primaires.
J'aime Beethoven, un point c'est tout.
Pour la "joie", la définition de la "joie" on pourrait remercier Eric. Il rejoint les philosophes d'aujourd'hui, Onfray, Finkelkraute et les autres, et les thèmes magnifiques des Stoïciens.
Mais toute oeuvre a une part "divine", Beethoven l'a aussi, son oeuvre aussi, elle baigne dans le divin.
De la joie au divin, il n'y a qu'un pas.
Hermès
dimanche 20 novembre 2011
ONPC. de Laurent Ruquier - Un étrange message...
Laurent Ruquier a invité hier le prototype de l'homme politique que rien ne semble intéresser tant que le pouvoir pour le pouvoir. D'où ce frémissement de crainte qui saisit : sommes-nous donc gouvernés que par des hommes si respectables soient-ils mais si imbus de leur importance,du rôle qu'ils veulent et se croient devoir jouer dans la cité, qu'ils oublient les enjeux réels de la vie politique: servir leurs citoyens ou la puissance démesurée de leur "égo" ? Ainsi sorti de toutes les sommités universitaires comme l'agrégation, Sciences-Po, l'ENA, décidé à "servir" (?), il frappe à la porte de Villepin, secrétaire-général de Chirac, président de la République qui l'accueille et lui conseille les Affaires Etrangères, il entre donc dans ce ministère, y sert quatre ans, puis revient chez Villepin. Au cours d'un déjeuner, Jean-Louis Debré annonce à celui-ci qu'il rentre au Conseil constitutionnel et donc que sa circonscription normande est libre. Villepin n'est pas intéressé, chevauchant d'autres ambitions, notre "prototype" lève le doigt et dit "Moi, m'sieur, je suis intéressé et je prends". On lui "donne" la circonscription, il est élu, et sa carrière proprement politique commence. Aujourd'hui, il est le ministre des "paysans" comme il le dit, en parlant des agriculteurs. Il est fin, a de la réparti style Canard enchaîné, bien peaufinée comme : "Savez-vous quand cela fait le plus de mal à une poule ?"
Nicolas Bedos : "Non"
"Quand elle passe du coq à l'âne." succès garanti.
Il a les épaules rentrées, le regard en coulisse guettant les questions, les analyses de Natacha Polony et Audrey Pulvar. Elles posent de vraies questions, les réponses sont celles de normand, évasives !"peut'être ben qu'oui, peut'être ben qu'non", la crise ? On fait tout pour, et puis 5 ans c'est court, on a encore besoin de 5 autres années...
L'Europe ? Ah VGE, Attali, Delors reconnaissent qu'ils ont été trop vite avec leurs homologues européens, trop de disparités entre les états ! On n'avait pas tout mesuré... et maintenant c'est le flop ! etc.
La mondialisation ? Bof, c'est nécessaire, si on fait du "protectionnisme" la Chine ne nous achêtera plus nos produits, etc. C'est un mal pour faire du bien...
Des millions de chômeurs ? Bof on va s'en occuper... Il nous faut encore 5 ans pour peaufiner notre plan etc.
Les 400 suicides d'agriculteurs annuels... On s'en occupe...
"J'ai évité qu'avec un accord UE et Amérique latine nous ouvrions nos frontières aux boeufs argentins... cela aurait été la ruine de l'élevage bovin français" etc; Superman quoi !
Voilà schématisé ce que nous avons vu et entendu d'un homme politique de premier plan
hier au soir. A ajouter qu'il devait être ministre de l'Economie et des Finances et que le Président lui a préféré à la dernière minutes M. Baroin... Il en était tout marri, mais s'est fait une raison en songeant à l'état de fatigue de M. Baroin dans la situation de crise où est la France et l'Europe...
Quand on pense que des gouvernements de techniciens ont pris les rênes en Italie et en Grèce, que le Portugal et demain l'Espagne changent de gouvernants... Que le AAA n'est pas très sûr...
Quand on pense qu'Eva Joly propose qu'on ferme toutes les centrale atomiques et provoque ainsi cinq cent mille chômeurs supplémentaires, et l'explosion des factures d'électricité...
Bref nous avançons en aveugles, et l'on nous propose l'Europe à tout prix avec abandon de souveraineté... et la classe politique a un seul slogan : "Nous sommes les meilleurs, alors à nous le pouvoir. Dans cinq ans on verra ..."
De cinq ans en cinq ans, depuis trente ans ça marche ! Pourvu qi'il y ait des I.Pad, des WIFI, des films, des émissions de divertissement... et d'excellent endormeurs ou enfumeurs.
Hermès
Nicolas Bedos : "Non"
"Quand elle passe du coq à l'âne." succès garanti.
Il a les épaules rentrées, le regard en coulisse guettant les questions, les analyses de Natacha Polony et Audrey Pulvar. Elles posent de vraies questions, les réponses sont celles de normand, évasives !"peut'être ben qu'oui, peut'être ben qu'non", la crise ? On fait tout pour, et puis 5 ans c'est court, on a encore besoin de 5 autres années...
L'Europe ? Ah VGE, Attali, Delors reconnaissent qu'ils ont été trop vite avec leurs homologues européens, trop de disparités entre les états ! On n'avait pas tout mesuré... et maintenant c'est le flop ! etc.
La mondialisation ? Bof, c'est nécessaire, si on fait du "protectionnisme" la Chine ne nous achêtera plus nos produits, etc. C'est un mal pour faire du bien...
Des millions de chômeurs ? Bof on va s'en occuper... Il nous faut encore 5 ans pour peaufiner notre plan etc.
Les 400 suicides d'agriculteurs annuels... On s'en occupe...
"J'ai évité qu'avec un accord UE et Amérique latine nous ouvrions nos frontières aux boeufs argentins... cela aurait été la ruine de l'élevage bovin français" etc; Superman quoi !
Voilà schématisé ce que nous avons vu et entendu d'un homme politique de premier plan
hier au soir. A ajouter qu'il devait être ministre de l'Economie et des Finances et que le Président lui a préféré à la dernière minutes M. Baroin... Il en était tout marri, mais s'est fait une raison en songeant à l'état de fatigue de M. Baroin dans la situation de crise où est la France et l'Europe...
Quand on pense que des gouvernements de techniciens ont pris les rênes en Italie et en Grèce, que le Portugal et demain l'Espagne changent de gouvernants... Que le AAA n'est pas très sûr...
Quand on pense qu'Eva Joly propose qu'on ferme toutes les centrale atomiques et provoque ainsi cinq cent mille chômeurs supplémentaires, et l'explosion des factures d'électricité...
Bref nous avançons en aveugles, et l'on nous propose l'Europe à tout prix avec abandon de souveraineté... et la classe politique a un seul slogan : "Nous sommes les meilleurs, alors à nous le pouvoir. Dans cinq ans on verra ..."
De cinq ans en cinq ans, depuis trente ans ça marche ! Pourvu qi'il y ait des I.Pad, des WIFI, des films, des émissions de divertissement... et d'excellent endormeurs ou enfumeurs.
Hermès
samedi 19 novembre 2011
CASANOVA : "Le Bel âge ou fragments d'"histoire de ma vie", présentation Philippe Sollers - Gallimard -336p. 2011 - 17€90
«J'ai alors regardé derrière moi tout le beau canal, et ne voyant pas un seul bateau, admirant la plus belle journée qu'on pût souhaiter, les premiers rayons d'un superbe soleil qui sortait de l'horizon, les deux jeunes barcarols qui ramaient à vogue forcée [ ...], le sentiment s'est emparé de mon âme, qui s'éleva à Dieu miséricordieux secouant les ressorts de ma reconnaissance, m'attendrissant avec une force extraordinaire, et tellement que mes larmes s'ouvrirent soudain le chemin le plus ample pour soulager mon coeur, que la joie excessive étouffait: je sanglotais, je pleurais comme un enfant qu'on mène par force à l'école.»
Extrait d'Histoire de ma vie de G. Casanova. C'est le matin où il réussit à s'évader par les toits de la prison des Plombs de Venise où il était prisonnier.
Le récit de sa vie, qu'il écrit dans un français brillant alors qu'à la fin de sa vie il était bibliothécaire d'un comte dans le chateau de Dux, en Bohême, est un chef-d'oeuvre. Ce manuscrit de plus de 3000 pages vient d'être acheté pour 7.400.000€,grâce à mécène, par la BNF, par l'intermédiaire de son directeur Jean Racine.
Hermès
20/20
A signaler le superbe film de Luigi Comencini " Un adolescent à Venise" sur l'enfance et la jeunesse de Casanova, ainsi que la très belle émission TV consacrée à Giaccomo Casanova, ce jeudi 24 novembre 2011.
A lire : Splendide Casanova (par Joseph Vebret)
«Casanova. Histoire de sa vie», par Michel Delon, Découvertes-Gallimard, 128 p., 13,20 euros.
«Casanova», Seuil/BnF, 244 p., 49 euros: c'est le catalogue magnifique de l'exposition conçue par Marie-Laure Prévost et Chantal Thomas à la BnF. On y trouve notamment la reproduction des pages manuscrites de «Histoire de ma vie», plus de 200 reproductions et des textes de Chantal Thomas, Michel Delon, Alain Jaubert....
A VOIR
A la BnF, l'exposition «Casanova, la passion de la liberté», jusqu'au 19 février 2012
Extrait d'Histoire de ma vie de G. Casanova. C'est le matin où il réussit à s'évader par les toits de la prison des Plombs de Venise où il était prisonnier.
Le récit de sa vie, qu'il écrit dans un français brillant alors qu'à la fin de sa vie il était bibliothécaire d'un comte dans le chateau de Dux, en Bohême, est un chef-d'oeuvre. Ce manuscrit de plus de 3000 pages vient d'être acheté pour 7.400.000€,grâce à mécène, par la BNF, par l'intermédiaire de son directeur Jean Racine.
Hermès
20/20
A signaler le superbe film de Luigi Comencini " Un adolescent à Venise" sur l'enfance et la jeunesse de Casanova, ainsi que la très belle émission TV consacrée à Giaccomo Casanova, ce jeudi 24 novembre 2011.
A lire : Splendide Casanova (par Joseph Vebret)
«Casanova. Histoire de sa vie», par Michel Delon, Découvertes-Gallimard, 128 p., 13,20 euros.
«Casanova», Seuil/BnF, 244 p., 49 euros: c'est le catalogue magnifique de l'exposition conçue par Marie-Laure Prévost et Chantal Thomas à la BnF. On y trouve notamment la reproduction des pages manuscrites de «Histoire de ma vie», plus de 200 reproductions et des textes de Chantal Thomas, Michel Delon, Alain Jaubert....
A VOIR
A la BnF, l'exposition «Casanova, la passion de la liberté», jusqu'au 19 février 2012
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