En 1892, le Pera Palace à Istanbul fut le premier hôtel de luxe destiné aux voyageurs occidentaux montés à bord du mythique Orient-Express. Agatha Christie, John Dos Passos, Ernest Hemingway, Léon Trotski et Joseph Goebbels foulèrent ses sols rutilant de marbre. En plein quartier des ambassades, son hall grouillait de tant d'espions qu'un écriteau leur enjoignait de laisser les places assises aux véritables clients de l'hôtel... Lequel survécut même à l'explosion d'une bombe placée par les services secrets bulgares dans les bagages d'un diplomate britannique. C'est là, entre Orient et Occident que s'écrivit l'Histoire. A la population déjà cosmopolite de l'ancienne Constantinople, mêlée de Grecs, d'Arméniens, d'Arabes et de Juifs, s'ajouta avec la montée des périls l'afflux de réfugiés venus de tous les coins de l'Europe. Et, tandis que les Russes blancs ouvraient dancings et clubs de jazz où l'alcool coulait à flots, l'Empire ottoman cédait la place à la jeune République turque de Mustafa Kemal. Des temps sombres s'annonçaient... Un livre foisonnant, d'une grande force narrative, qui dépeint tout un pan de l'histoire du monde à partir de la destinée d'un grand hôtel.
mardi 31 mai 2016
vendredi 27 mai 2016
Comme un enfant perdu, de Renaud Séchan, Mémoires, XO Editions 240p.
Le célèbre chanteur revient sur son passé et sur ses rapports conflictuels avec son père. Il décrit un père protestant, écrivain, traducteur d'allemand contre lequel il va se révolter dans le mouvement de la jeunesse de Mai 68 , et qui ne comprendra pas le succès des chansons de son fils.
Les échanges verbaux rapportés par l'auteur sont durs, inapaisables... insultes, mépris, incompréhension, révolte...
Le fils avait oublié, occulté tout ce que le père a enduré pendant des années pour élever ses enfants...
Le fils avait oublié, occulté tout ce que le père a enduré pendant des années pour élever ses enfants...
Hermès
mardi 24 mai 2016
Le Plus et le Moins de Erri de Luka Gallimard traduit de l'italien Danièle Valin, 200p. 14,50€
Le charme d'un livre bien écrit, bien traduit, conservant toute sa fraîcheur et la spontanéité du mouvement de la pensée. L'auteur qui fut dans sa jeunesse un farouche partisan de Lotta continua , un jeune bourgeois passant dans la lutte des classes, adoptant la vie ouvrière, restant un protestataire, mais un protestataire rangé, réfléchissant sur le passé sans le renier, remonte dans ce livre au fil du temps, de son enfance à sa jeunesse qui s'ouvre sur les évènements auxquels elle est confrontée, notamment la guerre du Viêtnam, et son insoumission, l'apparition d'une jeunesse planétaire qui secoue avec Mai 68, Bob Dylan, Jack Kerouac... le monde patriarcal et revendique la liberté et une nouvelle organisation du monde...
L'auteur traverse les strates de sa formation, et promène son regard et ses sentiments sur ses parents, sa nonna, Naples, ses vacances à Ischia, île paradisiaque, sa découverte de Rome et de ses fontaines, de l'eau qui descend en abondance de l'Apennin, contraste avec la Naples sèche et jaunie par le soleil...Il évoque aussi ceux "d'avant", ceux qui ont connu la guerre, les privations, les bombardements... La littérature aussi, Céline, Leopardi,... et aussi les Saintes Ecritures...
Un livre plein de tendresse, attachant que l'on déguste lentement comme un fruit mûr, gorgé de plénitude... restriction tout de même pour les quarante dernières pages du livre qui ne valent pas la première partie...
H.Z.
mercredi 18 mai 2016
Mes Apprentissages de Georges Simenon, Reportages 1931-1946, Omnibus 1050p.28€
Un tableau saisissant de la France et du monde de la première moitié du XX° siècle qui vaut jusqu'en 1975... Tout y est de l'évolution de Paris, des banlieues louches aux HLM, aux quartiers chics, sur la femme les reportages et les analyses sont très intéressants sur l'évolution de la Parisienne etc.
Un livre clé, avec le style léger et agréable de Simenon. Le père de Maigret raconte avec profusion ce qu'il voit, ce qu'il comprend, et synthétise sans jamais verser dans la pirouette.
On comprend la science profonde de ce connaisseur de l'âme humaine qu'il dévoile dans tous ses romans.
(Il rappelle qu'en 1804 Napoléon a inscrit dans le code civil que les femmes étaient soumises à leur mari, et qu'elles ne pouvaient rien entreprendre sans son accord, mais il y avait DEUX EXEMPTIONS : si elles étaient dans le commerce ou marchandes des quatre-saisons...)
(Il rappelle qu'en 1804 Napoléon a inscrit dans le code civil que les femmes étaient soumises à leur mari, et qu'elles ne pouvaient rien entreprendre sans son accord, mais il y avait DEUX EXEMPTIONS : si elles étaient dans le commerce ou marchandes des quatre-saisons...)
Un grand auteur.
A lire.
Hermès
lundi 16 mai 2016
Ce que je ne pouvais pas dire, de Jean-Louis Debré, Témoignages et anecdotes Robert Laffont 23€
Les hommes politiques français qu'a fréquentés l'ancien magistrat, ministre, Président du Conseil Constitutionnel pendant 9 ans, fils de Michel Debré premier ministre du Général De Gaulle... La carte de visite est plantureuse... Jean-Louis Debré pendant toutes ces années a tenu un journal intime qui fait des milliers de pages et qu'il réserve certainement aux Archives nationales. Entre temps sur la période des derniers septennats et quinquennats il a extrait ces centaines de pages sur les hommes politiques qu'il a côtoyés, on se promène avec lui à travers des anecdotes, des situations qu'il trouve cocasses comme les seins nus du restaurant de la plage où l'a entraîné son idole, Jacques Chirac, dont il est l'homme-lige. Il le décrit à gros traits, grand viveur, buveur, aimé des foules. Il dresse aussi son portrait d'autres hommes politiques comme Laurent Fabius, grand bourgeois de la gauche-caviar, Nicolas Sarkozy qui "trahit", en son heure, son mentor Chirac pour Balladur aux présidentielles... Alain Juppé qui plane dans des sphères de suffisance etc... Un point commun entre toutes ces têtes, la certitude arrogante d'être le "plus" intelligent, le plus capable, le plus malin, bref le "plus" que tous les autres... Eux doivent avancer au centre de tout et de tous, les autres se doivent de tenir la rampe, de s'incliner devant le Phénix qu'ils sont, chacun d'entre eux en est persuadé totalement, intimement... jusqu'aux erreurs fatales pour la Nation, le Pays... comme des politiques erronées, des guerres parfois absurdes comme le désastre libyen, des blocages continus pour ne pas faire de "vagues"... Pour eux gouverner, c'est durer au pouvoir et manœuvrer pour y rester...
Une galerie de portraits qui par petites ou grosses touches fait apparaître le vrai visage du sujet.
Hermès
Journal d'un jeune envoyé à la campagne & Souvenirs de la Révolution culturelle, témoignages de Huang Nubo - A paraître - Traduit du Mandarin-Chinois
Ces deux livres importants sur la Chine de Mao et ses exactions, ainsi que pour la création de la mentalité des Gagneurs chinois d'aujourd'hui :
Huanh Nubo écrit : "Si le gagnant rafle tout, il est un héro, et s'il devient riche, il est dans le vrai." Ainsi la conception de la vie des riches Chinois d'aujourd'hui a-t-elle rejoint la mentalité de commerce et d'enrichissement du capitalisme.
L'auteur décrit la révolution culturelle maoïste qu'il a vécue.
"Voisins contre voisins, collègues de travail s'attaquant dans des « sessions de lutte », enfants dénonçant leurs parents : la tourmente de la révolution culturelle n'a épargné personne. Et chacun s'est retrouvé bourreau, victime ou complice à tour de rôle. « Je suis une victime, un participant et un exécutant ; j'ai dénoncé et j'ai été dénoncé », confie Huang lors d'un entretien. Il conclut ainsi son deuxième volume – interdit en Chine : « Ceux qui ont vécu la révolution culturelle savent qui est un homme et qui est un démon. » « Nous sommes tous des démons, moi compris », souligne-t-il à l'université de Pékin, où il a fondé un centre de recherche poétique.
Exactement ce qui s'est passé dans l'empire des Soviets, dans le Cambodge de Pol Pot, et dans les premières années de l'installation des régimes communistes dans certains pays...
H. Z.
samedi 14 mai 2016
Joseph Andras refuse le Prix Goncourt des Lycéens pour son livre "De nos frères blessés" Actes-Sud-144p. 17€
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Joseph Andras refuse son prix Goncourt du premier roman
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"Que ceux qui ont trouvé quelque intérêt à ce livre soient ici sincèrement remerciés. Il n'en reste pas moins que je ne peux l'accepter : la compétition, la concurrence et la rivalité sont à mes yeux des notions étrangères à l'écriture et à la création. La littérature, telle que je l'entends en tant que lecteur et, à présent, auteur, veille de près à son indépendance et chemine à distance des podiums, des honneurs et des projecteurs", a indiqué Joseph Andras dans sa lettre reçue le 12 mai au soir par l'Académie Goncourt (dont l'AFP a obtenu copie) où il explique pourquoi il refuse ce prix.
Info. du Point d'aujourd'hui.
Info. du Point d'aujourd'hui.
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