Concernant les pages du "Monde des Livres" suggestions adressées à Mme.Raphaelle Rérolle le 20/04/2009
Merci pour l'accueil fait à mes modestes remarques.Puisque vous en êtes à la réflexion sur ces pages, puis-je vous donner mon sentiment ?
Le voici : Peut-être serait-ce bon de diviser la littérature francophone, en trois rubriques fixes :a) littérature populaire - Romans policiers, romans sentimentaux - aventure-mer- science-fiction- du terroir(genre Ecole de Brive, ou livres centrés sur la province genre Ouest France, Michel Le Bris, Editions du Midi etc. )
b) littérature d'"informations-connaissances", comme les essais ou publications historiques, philosophiques, religions, politiques, scientifiques, "classiques", événementielles(style "Betancourt" ou "mémoires des acteurs, des hommes politiques etc.) c) littérature de création, à faire connaître, comme les livres qui font date pour leur contenu comme pour leur forme (style, originalité) sans tomber dans le compassé de la rue d'Ulm, prof, instit, ou agrégé( qui rentre dans la catégorie b info-connaissances.)
Cette dernière catégorie avec des EXTRAITS des livres choisis, pour l'appréciation du "style", du "mouvement de la pensée".
La littérature étrangère sous son propre "chapeau"Idem pour la BD.Idem pour les Beaux-Livres d'art.En basic : A) un article ou deux, toujours placés au même endroit (en bas de page, peut-être) mais écrit par une ou deux "plumes"
avec style, recherche, raffinement, si possible avec une "griffe" (Pas d'écriture dite "blanche" sans saveur, fade, inutile) B) Une rubrique "Théâtre" serait appréciée pour les pièces créées et leurs auteurs vivants. Laissant au "Monde" soi-même, le soin de la rubrique "critique théâtrale" pour toutes les autres formes de spectacles.
C) Une grande rubrique pour la vie de l'édition, les libraires, les salons du Livre, les auteurs vivants etc. Bref, penser "pages vivantes", dynamiques, montrant la richesse et la diversité de la création littéraire francophone. Celle qui est étrangère est déjà abondante, et c'est normal, les écrivains français ne représentant que quelques % de la production mondiale.Etant un journal littéraire parisien et national, et francophone, "Le Monde des Livres" plaira, à mon avis, davantage en prenant une place plus grande dans le paysage de la création.
Un petit mot, si vous le permettez, concernant la critique des livres : 50 à 60% des textes actuels présentent, rappellent, situent, l'auteur, (anglo-saxon très souvent) dans sa vie, ses lectures, le petit reste parle du livre que l'on devrait critiquer. Cela donne l'impression :a) que le critique n'a pas lu le livre, et cela se comprend, il y en a tellement, et il a autre chose à faire.b) qu'il ne se sert que du dossier que l'attachée de Presse de l'éditeur lui remet, qui vante les tirages dans le pays d'origine ou dans le monde (sous-entendu, le critique se dit : je n'ai pas à me fouler : le livre marche, l'auteur est aimé, alors cela va marcher en France forcément cqfd.) Une telle attitude marquerait la fin de l'originalité pour le formatage des esprits, et provoquerait le rejet.En espérant que vous ne serez pas choquée par ces quelques réflexions, je vous prie de bien vouloir recevoir mes salutations les meilleures. H.Z.
lundi 20 avril 2009
mardi 14 avril 2009
"Sans remède" Montherlant 1924-1927
Je relis quelques pages de ces textes de Montherlant, qui vont de la vente de la maison de Neuilly de ses parents, à la mort de sa mère, de la destruction de tout ce qui faisait ce passé, jusqu'à la fin de son périple méditerranéen, en 1927, où il a "tourné" en Espagne, en Algérie, Tunisie, Italie... (pas en Grèce), à la recherche de lui-même, du "désir" et du plaisir. Pages écrites à la va-vite, camouflant entre les lignes son "moi" profond, déchiré entre une volonté de rejet du catholicisme avec sa notion du "péché", et l'appel de la vie, qu'il intellectualise au fil des pages, avec, par-ci par-là, des annotations saugrenues, parfois intéressantes, parfois agaçantes. Cependant on y découvre la volonté et le plaisir de faire une oeuvre littéraire, et son style suit le mouvement de son âme, de ses détestations ou de ses amours.
Lecture pas vraiment "nécessaire".
Lecture pas vraiment "nécessaire".
dimanche 5 avril 2009
"Littéraire ou pas littéraire ?" Controverse chez Laurent Ruquier, samedi 4 avril 09
Eric Zemmour et Eric Nauleau ont durement critiqué le livre que venait présenter Patrice Leconte, sur l'homme qui aimait les femmes aux cheveux courts, publié chez Albin-Michel.
Leurs attaques ont porté sur l'aspect "non littéraire" de ce livre. Nauleau allant jusqu'à dire que c'était un livre "inutile". Tous deux arguant qu'ayant baigné dans les oeuvres classiques, ils ne pouvaient supporter un texte aussi mal écrit, sans style etc. Nauleau, pour "l'achever" citant, en comparaison, une strophe d'un poème de Charles Baudelaire.
Je n'ai pas lu ce livre, mais je pense que l'attitude des deux Eric était exagérée.
En réalité, opposer un livre "littéraire" à un autre "non littéraire" tient de la gageure. La langue et le style évoluent continuellement, et citer Balzac, Chateaubriand ou Maupassant, c'est vouloir "frigidifier" ce qui ne l'est pas. Ainsi Rabelais, ou Céline, Mauriac ou Giraudoux etc., ont tous un style qui est le leur. Aussi prétendre que l'un ou l'autre des auteurs d'aujourd'hui n'est pas "littéraire", est audacieux, et à la limite, un non-sens. Je pense qu'en nuançant, les deux Eric auraient pu dire que cet ouvrage de Patrice Leconte, bénéficiant d'un lancement important, en démarrant chez Ruquier notamment, était une formidable opération de marketing, autant qu'une "opération" d'écrivain. Les yeux brillants de curiosité des jeunes acteurs présents, sur "cet homme qui aimait les femmes aux cheveux courts", en disaient long sur la suite de ce lancement.
En revenant sur cette soirée, je ne puis que dire que j'ai été un peu choqué par la petite "mise au pilori" par les deux Eric de Patrice Leconte, d'autre part brillant metteur-en-scène, qui a pris l'initiative de faire "déménager" les deux superbes girls du Crazy Horse, qui encadraient le couple d'intellectuels, pour les placer dans son camp, et laisser les deux Eric, isolés, un peu désemparés devant la salle, et des centaines de milliers de téléspectateurs, dans une sorte de pilori médiatique.
Je pense que leur rôle ne peut plus être que celui d'évaluateurs du succès possible d'un livre, en parlant du fond de l'ouvrage, et en évitant de parler du style, de la forme.
Depuis trente ou quarante ans, la mode est au style "journalistique", à l'écriture blanche, à l'image nue, aux situations, au "hard" et non plus au "soft".
Ce n'est plus l'esprit, ou le coeur qu'il faut toucher, mais les instincts primaires, auxquels la télé, les I-phone,
le Wi-Fi, Internet, nous ont abonnés.
Puis-je ajouter cependant qu'aucun livre n'est inutile ?
Leurs attaques ont porté sur l'aspect "non littéraire" de ce livre. Nauleau allant jusqu'à dire que c'était un livre "inutile". Tous deux arguant qu'ayant baigné dans les oeuvres classiques, ils ne pouvaient supporter un texte aussi mal écrit, sans style etc. Nauleau, pour "l'achever" citant, en comparaison, une strophe d'un poème de Charles Baudelaire.
Je n'ai pas lu ce livre, mais je pense que l'attitude des deux Eric était exagérée.
En réalité, opposer un livre "littéraire" à un autre "non littéraire" tient de la gageure. La langue et le style évoluent continuellement, et citer Balzac, Chateaubriand ou Maupassant, c'est vouloir "frigidifier" ce qui ne l'est pas. Ainsi Rabelais, ou Céline, Mauriac ou Giraudoux etc., ont tous un style qui est le leur. Aussi prétendre que l'un ou l'autre des auteurs d'aujourd'hui n'est pas "littéraire", est audacieux, et à la limite, un non-sens. Je pense qu'en nuançant, les deux Eric auraient pu dire que cet ouvrage de Patrice Leconte, bénéficiant d'un lancement important, en démarrant chez Ruquier notamment, était une formidable opération de marketing, autant qu'une "opération" d'écrivain. Les yeux brillants de curiosité des jeunes acteurs présents, sur "cet homme qui aimait les femmes aux cheveux courts", en disaient long sur la suite de ce lancement.
En revenant sur cette soirée, je ne puis que dire que j'ai été un peu choqué par la petite "mise au pilori" par les deux Eric de Patrice Leconte, d'autre part brillant metteur-en-scène, qui a pris l'initiative de faire "déménager" les deux superbes girls du Crazy Horse, qui encadraient le couple d'intellectuels, pour les placer dans son camp, et laisser les deux Eric, isolés, un peu désemparés devant la salle, et des centaines de milliers de téléspectateurs, dans une sorte de pilori médiatique.
Je pense que leur rôle ne peut plus être que celui d'évaluateurs du succès possible d'un livre, en parlant du fond de l'ouvrage, et en évitant de parler du style, de la forme.
Depuis trente ou quarante ans, la mode est au style "journalistique", à l'écriture blanche, à l'image nue, aux situations, au "hard" et non plus au "soft".
Ce n'est plus l'esprit, ou le coeur qu'il faut toucher, mais les instincts primaires, auxquels la télé, les I-phone,
le Wi-Fi, Internet, nous ont abonnés.
Puis-je ajouter cependant qu'aucun livre n'est inutile ?
jeudi 12 mars 2009
La Grande Librairie de François Busnel du 12 mars 09
A l'occasion de l'ouverture du Salon du livre 2009, François Busnel a réuni des écrivains autour des thèmes : "Quel livre préférez-vous ? " et "Quel livre détestez-vous ?". Il est remarquable que les participants francophones :Amélie Nothomb,Frédéric Beigdeger, Fabrice Mabanckou, Philippe Besson, Charles Dantzig, ont tous aimé un classique du passé, comme Tristan et Yseult, La Princesse de Clèves, Jacques Le Fataliste, Les Confessions de JJ Rousseau, l'oeuvre de Sade, etc. MAIS AUCUN D'ENTRE EUX N'A CITE, un écrivain du XX° siècle, ( à l'exception "bateau" de Proust et Céline) ou contemporain. Ce qui dénote une jalousie féroce à l'égard des grands écrivains de ce vingtième siècle(Malraux, Mauriac, Montherlant, Marguerite Yourcenar, Maguerite Duras, Jean Anouil, Sacha Guitry, Julien Gracq, etc) et un mépris total pour leurs contemporains. S'ils citent un écrivain d'aujourd'hui, c'est pour citer un japonais, ou un américain, ou Joyce, mais aucun écrivain francophone !
C'est dramatique, car ils reconnaissent implicitement que la production actuelle est nulle. Les écrivains, leurs contemporains édités, des scribouillards sans génie, des raconteurs d'histoires dont la seule notoriété est dûe aux médias.
L'Académie française en son temps avait refusé le grand Charles Trenet, pour... recevoir en son sein, aujourd'hui, J-L. Dabadie !
C'est dramatique, car ils reconnaissent implicitement que la production actuelle est nulle. Les écrivains, leurs contemporains édités, des scribouillards sans génie, des raconteurs d'histoires dont la seule notoriété est dûe aux médias.
L'Académie française en son temps avait refusé le grand Charles Trenet, pour... recevoir en son sein, aujourd'hui, J-L. Dabadie !
dimanche 1 février 2009
Le Pont aux oiseaux d'Antoine Audouard
Livre sur l’Indochine, plus précisément la Guerre d’Indochine, et j’ai été frappé par la très grande difficulté d’écrire sur ce sujet après l’œuvre de Lucien Bodard. L’extraordinaire c’est que n’arrivent pas à émerger la beauté et la douleur héroïque des jeunes gens qui partis pour la guerre contre le Japon, se sont trouvés face à un ennemi inattendu, et aux pièges d’une guerre révolutionnaire et d’indépendance, une « fausse guerre » où les mêmes valeurs de liberté et de dignité s’affrontaient dans une lutte sans merci de terrorisme, de guérilla, de guet-apens, à travers la beauté sauvage d’une terre riche en civilisations, baignée par les esprits des ancêtres, des revenants, des âmes errantes. Comment rendre la fascination de jeunes hommes dans cette atmosphère unique, où la sauvagerie était celle du désespoir et de l’espoir emmêlés ? Bodard a saisi en virtuose les hauteurs pathétiques des hauts-fonctionnaires et gradés, mais l’âme profonde, la formidable camaraderie, les espérances vaines ? Tout ceci ne ressort pas de ce livre.
C'est vrai qu'il y a le témoignage de Roger Delpey "Soldats de la boue", qui reste une oeuvre réussie et un témoignage sur cette période. HZ
C'est vrai qu'il y a le témoignage de Roger Delpey "Soldats de la boue", qui reste une oeuvre réussie et un témoignage sur cette période. HZ
Suite française de Némirovsky
Ecœuré par l’atmosphère effrayante de débâcle, de démission, du foutoir français devant l’occupant allemand. Comment ayant respiré cela, elle n’a pas fui avec son mari et ses enfants en Suisse comme elle en avait la possibilité avant d’être arrêtée ?
Vraiment la fin d’un monde, qui passe de la vitale création de l’Entre-deux guerres, au morne moral et social brisé de l’Occupation. La seule chose qui semble avoir préoccupé les esprits, la lutte des classes, et de là, la totale démission de l’armature morale et politique.
Du courage époustouflant d’un de Gaulle qui a vraiment incarné le refus.
En Indochine, nous gardions une certitude totale en la victoire, et jamais, nous n’avons pensé à une telle lâcheté et à un tel abandon de l’esprit national et civique à 14.000kms !
Ce livre est à jeter après l'avoir lu.
Une révélation, l'élégance et la délicatesse des dirigeants d'Albin Michel, à l'époque, qui ont toujours soutenu moralement et pécuniairement, les enfants dont les parents avaient été livrés aux Allemands par les gendarmes français. Parents qu'ils ne reverront plus.
Vraiment la fin d’un monde, qui passe de la vitale création de l’Entre-deux guerres, au morne moral et social brisé de l’Occupation. La seule chose qui semble avoir préoccupé les esprits, la lutte des classes, et de là, la totale démission de l’armature morale et politique.
Du courage époustouflant d’un de Gaulle qui a vraiment incarné le refus.
En Indochine, nous gardions une certitude totale en la victoire, et jamais, nous n’avons pensé à une telle lâcheté et à un tel abandon de l’esprit national et civique à 14.000kms !
Ce livre est à jeter après l'avoir lu.
Une révélation, l'élégance et la délicatesse des dirigeants d'Albin Michel, à l'époque, qui ont toujours soutenu moralement et pécuniairement, les enfants dont les parents avaient été livrés aux Allemands par les gendarmes français. Parents qu'ils ne reverront plus.
Luna Park de Bret Easton Ellis
Luna Park de Bret Easton Ellis :
Comment faire un succès d’édition avec un cocktail de drogue, de la medium classe américaine, des phobies des jeunes hommes complexés, des exigences sexuelles de leurs femmes, de l’univers friqué, et du convenu des parties de ceux qui croient compter dans la société US : le monde de l’édition, la politique, la musique branchée, le pop’art, la mode, etc. et ajouter les fantômes qui hantent la vie du héros, le relient à son passé et le projettent dans un avenir dangereux.
Avec un lancement publicitaire adéquat style lancement d’un parfum ou d’une savonnette. Une image bidonnée de l’Amérique d’aujourd’hui aux prises avec ses hallucinations.
Une merde noire.
Comment faire un succès d’édition avec un cocktail de drogue, de la medium classe américaine, des phobies des jeunes hommes complexés, des exigences sexuelles de leurs femmes, de l’univers friqué, et du convenu des parties de ceux qui croient compter dans la société US : le monde de l’édition, la politique, la musique branchée, le pop’art, la mode, etc. et ajouter les fantômes qui hantent la vie du héros, le relient à son passé et le projettent dans un avenir dangereux.
Avec un lancement publicitaire adéquat style lancement d’un parfum ou d’une savonnette. Une image bidonnée de l’Amérique d’aujourd’hui aux prises avec ses hallucinations.
Une merde noire.
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