lundi 22 octobre 2012

L'odeur du figuier, Cinq nouvelles de Simonetta Greggio, Flammarion Ed. 2011, 174p. 17€

Entre la plage, la vieille maison retapée, la mer, le figuier, le hamac, les fourmis, les scorpions, la noyade etc. les ingrédients-clichés des vacances, un garçon et une fille qui, on se demande pourquoi, vivent ensemble, l'auteure nous raconte des histoires sans intérêt, dans un style lourdingue. On s'y ennuie ferme. Le saupoudrage des maximes de Jean-Luc Godard, François Truffaut, un arrière-plan cinématique, Le Monde, 1981 et l'arrivée au pouvoir de Mitterrand, la Cinque-cento Fiat, ne servent à rien, sinon à chercher à embobiner des critiques intellos, en espérant qu'ils soient si fatigués des textes qu'ils n'auront plus qu'à refermer le bouquin et à en crier les louanges. Le "Hic"  c'est le temps qui passe, et comme il n'y a pas de "style", pas d'"écrivain" derrière ces textes, cela fait vieillot, dépassé...
A éviter.
5/20
Hermès

dimanche 21 octobre 2012

Une façon de chanter, Jean Rouaud, Gallimard 212p. 2012 - 17,90€

Un vieux monsieur se penche sur son enfance, son adolescence et sa prime jeunesse provinciales. Il dévide le fil de ses souvenirs, de ses parents disparus, d'un monde disparu. A l'enterrement de son cousin Joseph il se remémore la vie familiale, sociale de la petite ville de la Loire-Inférieure, devenue Loire-Atlantique depuis, il se souvient du cauchemar de sa vie d'adolescent dans une pension de religieux renfermés, durs, de son évasion par la musique. Chemin faisant il exprime son étonnement que sa mère si musicienne dans sa jeunesse ait brusquement, une fois mariée, tourné le dos au piano, ne se concentrant que sur son travail, son magasin. Il revit le choc de sa vie avec la mort brutale de son père à 41 ans... En égrenant ses souvenirs, il les commente à la lumière des événements qui se sont produits ces quarante dernières années, une traversée de la fin XX° siècle d'un petit provincial. La révolution de la jeunesse qui a commencé, il ne le dit pas, dans les années 1950 avec les rats de cave, les danses du boogie-boogie, du Jitter-bug, James Dean (A l'est d'Eden), le King Elvis Presley, puis s'est poursuivie en 1960 avec les films de la Nouvelle Vague, préludes à l'arrivée des Beattles, Woodstock, Rolling Stones etc.  l'explosion de la jeunesse qui devient une force économique et politique avec Mai 68.
Jean Rouaud a vécu la partie qui démarre en 68, et note les assouplissements de la discipline, les transformations dans la façon de se vêtir, d'être, en omettant de dire que cela venait des Etats-Unis, la décontraction, les pieds sur la table, les beaux corps libérés etc. Il dit avec justesse que la guitare a été un élément de libération, de sa libération face à son univers petit-bourgeois et provincial. Il rejetait ce monde suranné, empêtré dans sa grisaille, ses gestes reproductifs répétitifs.
Dans ce monde nouveau il constate le triomphe de l'anglais par la musique, celle qui est née à Liverpool, et constate l'effondrement de la France comme grande puissance, s'en réjouissant peut-être comme une revanche hagarde des "paysans" :"Si nous n'avons été qu'indirectement témoins de cette métamorphose qui s'accomplissait au vu et au su, c'est qu'au fond de nos provinces rurales, les informations arrivaient avec retard, que l'on traitait avec méfiance et prudence, encore une invention des villes pour nous renvoyer à notre statut infamant de paysans. Et de fait, nous étions intimidés par ces mainfestations d'une jeunesse libérée, et libérée de quoi sinon de ce qu'on avait tenté de lui  enseigner et que l'on connaissait bien, le respect de l'autorité, les valeurs de la bourgeoisie et de la morale chrétienne, les interdits entourant la sexualité et comprimant les corps..." fin de citation Page 171.
C'est oublier l'air du large qu'une grande partie des Français avait en eux, la carte de géographie du monde, les oeuvres, les créations, l'universalité de l'homme, les Lumières etc.
Ce livre est sans charme, triste, étriqué. Il sent le renfermé. La souffrance est commune...
Jean Rouaud a eu le prix Goncourt en 1990.
13/20
Hermès

 

samedi 20 octobre 2012

Longévité : Suite à un article d'une revue scientifique US disant qu'en 4 générations l'homme avait accru sa longévité plus fortement qu'auparavant.

On parle de Mathusalem qui aurait vécu ..... ? En tout cas Sophocle il y a deux mille cinq cents ans a vécu plus de 90 ans( effet miel ? le sucre étant inconnu). Il y a un rythme de vie, l'environnement, bien sûr les progrès médicaux. On dit que les habitants des hauts-plateaux de la Cordillères des Andes ont aussi une espérance de vie plus longue, et ce, depuis peut-être les temps pré-colombiens. Les Suédois par leur vie calme, protégée socialement, et les Japonais par leur culture de respect des autres, de révérence envers la nature comme le Shintoïsme, l'isolement des îles, la nourriture à base de poissons, de soja, de riz, ont une longévité prouvée, comme le dit cette étude. Il est certain qu'avec par exemple le "tensiomètre" chacun peut contrôler sa tension artérielle et vérifier qu'elle ne dépasse pas les 14/8 préconisées. Si brusquement elle passe à 18 ou 20, n'importe qui peut réagir médicamenteusement suivant les prescriptions de son toubib... Autrefois NON ! Stendhal, Flaubert, Dostoïevski pour prendre les plus célèbres ne savaient pas qu'ils étaient hypertendus... un malaise et ils mourraient. La science a fait des bonds et la presse a relayé les informations visant à plus d'hygiène de vie, plus de contrôle de soi. Et il faut toujours se souvenir de la maxime socratique du fronton du temple de Delphes : "Connais-toi,toi-même".
Hermès

jeudi 18 octobre 2012

BOMBE EDITORIALE : Cinquante Nuances de Grey, roman Erotico-porno de E.L.James, JC.Lattès Ed. 551p. 2012t.

Enfoncés les livres, les séries TV, les films érotico-pornos  ! 50 millions d'exemplaires vendus à ce jour de ce roman d'une jeune anglo-canadienne. 350.000 exemplaires mis en place dans les librairies françaises, 200.000 exemplaires en réserve prêts à leur succéder.
Un livre auto-édité tout d'abord par l'écrivaine, puis placé sur Internet, enfin édité par une grande maison d'édition. Un succès qui répond à un besoin. Les femmes sont passées des ventes des Sex-toys par réunions style Tupperware, avec les dessous affriolants aux bouquins sado-maso ! L'histoire est la rencontre d'une jeune secrétaire Anastasia Steele et d'un jeune milliardaire de 28 ans, Christian Grey, d'où le titre : "Cinquante nuances de Greyqui correspond aux 50 POSITIONS DE l'AMOUR, SADO-MASO, genre KAMA SOUTRA d'aujourd'hui en costume-cravate, avec ou sans string. Saut du haut d'une armoire... déchaînement de passionnantes étreintes dans tous les sens...
L'action se déroule la plupart du temps à Seattle. Grey = Gris...
Ce livre paraît en France, le jour de l'annonce du décès de la créatrice du rôle d'Emmanuelle, Sylvia Kristel , dans le film du même titre qui en 1974, après Les Nymphettes  de 1960, avait ouvert la voie à la libération des moeurs... Ont suivi les adaptations des romans sulfureux comme "Histoire d'O" etc. après celui d'Emmanuelle Arsan et la découverte par les Européens du Siam (Thailande) où se situe d'histoire du roman "Emmanuelle". Les Parisiennes et les bourgeoises françaises ont couru voir le film car l'action se passait dans le milieu diplomatique de Bangkok, - ville alors inconnue du grand public-- ce qui était "chic", avec, pour les dédounaer du "vulgaire porno" le grand acteur Alain Cuny dans un des rôles principaux. Les ingrédients du succès dans l'ère du temps étaient là : histoire de sexe affriollante, exotisme lointain, grand acteur.
Hermès

mercredi 17 octobre 2012

Hôtel Adlon, roman policier de Philip Kerr, Le Masque Ed. 510p. 2012

Un bouquin policier traduit de l'anglais plus que banal. Ecrit avec un certaine ironie forcée qui veut imiter les grands stylistes des romans policiers à la Chandler. Cela aurait pu être intéressant l'action se déroulant dans l'Allemagne de 1934, qui vient tout juste d'élire le moustachu Hitler et ses seïdes à la tête de l'Etat. C'est au début des persécutions contre les juifs, la politique du réarmement etc. Mais le livre ne tient pas ses promesses avec ses astuces à deux balles genre, je cite : " L'homme ayant prononcé ces mots avait la tête du Golem de Prague et un corps en forme de tonneau qui aurait été plus à sa place sur une charrette d'un brasseur de bière....Des oreilles d'éléphant d'Asie, une moustache pareille à une balayette de W.C. et plus de menton qu'une pagode chinoise."...
Sans intérêt.
10/20
Hermès

mardi 16 octobre 2012

Mazarine Pingeot "Bon petit soldat"... Julliard Ed.


Mazarine Pingeot pour le lancement de son nouveau livre "Bon petit soldat" chez Julliard, où elle revient sur sa vie d'enfant cachée de François Mitterand, donne des interviews. Dans l'un d'eux, elle dit, je cite :
"Quand on regarde la typologie des monstres ou des grands chefs totalitaires, on découvre qu'il y a toujours, à la base de leur psychologie, une forme de dépossession de soi, un vide qu'ils essaient de remplir. Sa position politique radicale correspond très bien à un certain schéma psychologique. "(cité in L'Express) C'est en ces termes qu'elle parle de Marine le Pen  qui n'a jamais eu l'ombre d'un pouvoir ! Incroyable ! Et Mazarine a lu tout Anatole France, légué par son père ! Son père qui faisait froid dans le dos aux hommes politiques, aux journalistes, aux écrivains (Jean-Edern Hallier...) qui auraient osé révéler un "secret d'Etat".
Son précédent livre "Bouche cousue" se serait vendu à 300.000 ex. 
Hermès

Croquis d'Eté... Extrait Henry Zaphiratos


UNE NUIT D’ETE

   

Les Trentenaires sont là avec leurs corps gracieux et agiles. Adeline et Jean-Pierre, Isabelle et Dorian, Ibrahim et Lucie. L’été est là, magnifique sur la baie. Les voiliers sont là. Le soleil illumine l’océan du temps.

 Hier dans le petit restaurant au nom chanceux de « Baraka », la jeune serveuse est passée près de nous, laissant apercevoir la beauté arrondie d’un sein. Elle ne l’a pas voilée comme Sophie Marceau montant les Marches de Cannes. Quand je lui ai dit « Vous avez un charmant avantage ». Elle a souri et a m’a dit « merci », heureuse que dans l’anonymat d’une foule de clients, quelqu’un ait remarqué sa délicatesse d’été. Une petite seconde de bonheur entre elle et nous.

La foule a envahi les quais du port. Les étalages de nuit sont illuminés sur des produits venus des quatre coins du monde, comme il y a deux mille ans les débarcadères des ports grecs et romains. Sous des palmiers éclatants on cause, des rires fusent. Des enfants à moitié endormis passent, dans les bras de leurs pères. Les mamans suivent, nonchalantes, le regard perdu sur les devantures de robes légères, de dessous affriolants. Au-dessus du marchand de tabac et journaux, le losange rouge flamboie. C’est une nuit d’été simple au bord de la mer.

Des skippers préparent leurs voiliers pour la prochaine régate.

Nous avons repris la voiture après cette douce soirée. Certains sont partis prendre le bain de minuit en abandonnant leurs maillots, d’autres ont continué la fête dans une petite boîte aux lampions, dans les pins. Nous avons suivi la route qui longe le bord de la mer. Sur des kilomètres des ombres promenaient leurs rires et leurs jeux. Puis, nous nous sommes glissés dans la nuit. Les sons lourds des sonos se fondaient dans le vent léger.

M. s’était endormie. Son profil se dessinait sous l’éclairage du tableau de bord. Je l’aimais pour tout ce que nous avions vécu. Pour les jours gagnés et les jours perdus.

Là-bas, dans l’Orient profond, les jours et les nuits ont toujours une couleur de sang.
Henry T. Zaphiratos