mardi 13 octobre 2015

Nouveauté : Ann & le désespoir amoureux de Fabrice Guénier Gallimard

L'auteur cité pour le prix Renaudot n'ayant eu aucune critique a fait passer une petite annonce dans le journal Libération pour demander aux critiques de se pencher sur son oeuvre. Le Figaro a relayé l'information, le blog du Salon du livre a suivi...
Ann est une jeune prostituée siamoise, elle rencontre un européen d'âge mûr. Une liaison amoureuse s'en suit, tarifée, dans l'ordre d'une vie sexuelle libérée, de rapport entre ces deux êtres loin de l'hypocrisie, dans l'authenticité et la sincérité d'un amour. La jeune femme atteinte de la tuberculose se meurt dans un pauvre hôpital de village. Le narrateur l'accompagne jusqu'au bout.
Hermès 

lundi 12 octobre 2015

La Terre qui penche de Carole Martinez, roman, Gallimard,370 p. 20€

Saluons une bonne styliste. Carole Martinez écrit avec élégance,un jeune public  lui a décerné le Prix Goncourt des lycéens, alors que les grincheux du Goncourt lui avait refusé le leur. C'est un grand espoir pour les lettres françaises abandonnées beaucoup trop souvent à des écritures plates, stériles, journalistiques, dont les écrits encombrent les étals des libraires et qui polluent l'esprit.
Aux lecteurs qui aiment la littérature à découvrir cette auteure.
Du domaine des Murmures Goncourt des Lycéens 
Henry Zaphiratos

vendredi 9 octobre 2015

Nouveautés : JE TAPE LA MANCHE & LA FERME DES ENARQUES Essais-Témoignages...

Le premier est un livre-réalité écrit et transcrit par un homme qui a passé vingt-ans de sa vie sans domicile fixe (SDF) et le Président.du Conseil constitutionnel, Jean-Marie Roughol & Jean-Louis Debré  . D'une enfance abandonnée passant de famille d'accueil en famille d'accueil, puis travaillant mais exploité et se retrouvant seul dans Paris, sans argent, sans toit, contraint de survivre , le courage et la volonté de tenir en tournant dans les rues, en guettant ceux qui "donneraient", en ramassant le peu d'argent pour s'assurer une nuit dans un petit hôtel, rencontrant des femmes, faisant trois enfants, et observant, rejetant le milieu des sans-abris conditionnés en troupeau dans des dortoirs malsains, jetés à la rue à 6h. du matin, par une administration sans coeur. Un éclairage sur le monde de la rue, sur les mafias de la mendicité... Calmann-Lévy Edit.

Le second livre traite de l'ENA, de la formation des énarques, de l'Enarchie  fabrique institutionnelle de "parleurs" suivant l'auteure, Adeline Baldacchino, qui en sort, et a noté que l'on y apprend rien de concret, mais simplement à pouvoir parler sur tout, rapidement, à ne rien approfondir, et sur la période de "stage"la passer confortablement au côté d'un préfet ou dans une ambassade, loin de la réalité du terrain ou des gens, des entreprises. Cette reproduction à l'identique a créé une caste dont le système assure le renouvellement pour le maintien d'un quasi permanent statu-quo politique. Ainsi la Droite et la Gauche leur ouvrent leurs portes pour faire carrière.
C'est une"vie en limousine"  . Michalon-Editions
Cela rappelle cette notation "J'avais un nouveau, plus élégant , plus fin, cérémonieux dans les gestes et le ton. C'était notre Maître de Conférences. Un joli titre pour un rôle exemplaire : nous guider entre deux cours magistraux, à travers le dédale des lois et des décrets, de leur histoire, du monde qui nous enserrait et pouvait nous asphyxier,nous étouffer, si nous ne le dominions pas. C'était l'Institut des grandes espérances de la servitude. Ce n'était pas apprendre pour s'enrichir intellectuellement, moralement, pour se révéler à soi, mais pour servir de marchepied aux nababs de la politique, qui nous permettraient de planer au-dessus des autres."."
Extrait "Un jeune homme sans importance-Brûle tes 20 ans ! de H.Z. Athéna Edit.

jeudi 8 octobre 2015

Prix Nobel de littérature à Svetlana Alexievitch pour ses "Romans des voix"... Actes Sud Edit.

Dostoievski a décrit les profondeurs psychologiques du mal, de grands auteurs russes ont décrit l'enfer social de la Russie qui sortait à peine du servage à la fin du XIX°siècle, Svetlana Alexievitch a compilé les témoignages de ceux qui ont vécu, souffert sous la dictature communiste soviétique, sous les bottes des nazis... Elle s'est effacée devant leurs récits; "Tu n'imagines pas ce que l'on a fait de nous", lui dit à la fin de sa vie, son père. " " La vie d'un homme n'a aucune importance chez nous", lui dit un témoin, "Le mal est dilué dans la société, il n'est pas chimiquement pur", écrit-elle, plus loin : "La souffrance ne conduit pas l'homme à aspirer à la liberté." "Au bout de quelques jours dans un camp, l'humain disparaît" " Les hommes avaient une mentalité d'esclave sous Staline".
Svetlana Alexievitch à travers tous ces témoignages, qui forment l'oeuvre de sa vie, révèle le mystère de l'âme humaine, l'intériorité de la réalité...
Une oeuvre qui est un témoignage terrible sur les mondes totalitaires, fanatisés, que l'on a vu aussi à l'un de ses paroxysme avec Pol Pot et les Khmers rouges...
Un prix comme un signal d' alerte devant le monde d'aujourd'hui.
La fin de l'homme rouge et ses oeuvres complètes chez Actes-Sud.
Hermès

Nouveauté : Le sens de la République de Patrick Weil et Nicolas Truong, Essai, Grasset - 170p. 17€

Essai intéressant d'un professeur français à Yale sur la République et les valeurs qui soudent le peuple français et qui font l'admiration du monde. Patrick Weil note quatre bases du mythe français :
1/ La valeur d' Egalité, venant du christianisme : "Tous les hommes sont égaux devant Dieu"
2/ Les conquêtes de la Révolution & l'histoire
3/ La langue et la littérature française
4/ La Laïcité.
Livre à lire si l'on veut comprendre les enjeux de la France d'aujourd'hui.
Hermès

mercredi 7 octobre 2015

La fabrique des garçons de Anne-Marie Sohn essai 160p. 2015

L'auteure avait déjà écrit La fabrique des filles  c'était donc logique qu'elle complète cette étude par celle des garçons. Elle ne remonte pas à l'Antiquité mais seulement depuis le début du XIX° siècle, et sa thèse est de dire que l'on ne naît pas garçon (ou fille), mais qu'on le devient à travers la tradition, l'histoire familiale ou les coutumes, l'éducation. Elle note que la "fin" de la masculinisation des jeunes mâles s'opérera tout naturellement avec la fin des départements d'Algérie, alors que des jeunes du contingents y étaient envoyés sans trop comprendre ce qu'ils y faisaient, la fin aussi de la Guerre d'Indochine en 1954, puis la fin du service militaire voulue par Jacques Chirac. 
Si on y ajoute le développement de l'importance des femmes dans tous les domaines de la vie sociale, économique, politique, dans l'Education nationale, leur attitude vis-à-vis de leurs garçons, on comprend la mutation qui s'est faite, qui vise à l'unicité des sexes.
Alors l'homme tente de se différencier par le port de la barbe...
Reste la violence dans la nature humaine cause des affrontements, des guerres, moteur aussi quand elle est transcendée de la recherche, du progrès et des Arts... 
Hermès 

mardi 6 octobre 2015

Lecteurs... Lectrices... des voyeurs... Tendance voyeurisme...

Le dernier livre de Delphine de Vigan s'est vendu en quelques semaine à près de 170.000 exemplaires, et les lectrices en redemandent. Le roman-réalité plaît au public féminin. Déjà son livre précédent sur sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer et qui en mourra fut un succès de librairie. Ce phénomène lié aux thèmes des livres d'autres auteurs comme Catherine Angot où elle raconte sa vie, brode autour de faits réels que le lecteur ou la lectrice pourrait vérifier semble s'amplifier. La vie "rêvée", la fiction, si elle n'est pas ténébreuse, policière, sanglante, semble ne plus intéresser le lectorat composé à 80% de femmes.
Voilà, écrivain foncez dans les drames de votre vie actuelle... dépeignez-vous dans la grande nudité, et les plus terribles situations... Le public veut une description de ce que vous vivez actuellement en le mettant en scène dans des situations dramatiques ou psychodramatiques qui génèrent le suspens pour qu'il s' "accroche"aux pages, et "vive" avec vous, vos personnages quasi-existants.
A noter que les livres de Catherine Angot et Delphine de Vigan on été radiés de la liste des titres pour le Goncourt... Mais il y a bien d'autres prix...
Hermès