DENTONE, en français DENTS LONGUES, de
Dino Risi avec Alberto Sordi est passé dans la nuit au Cinéma de Minuit. Un
film inouï par la ressemblance avec les personnages de notre comédie du pouvoir.
Un postulant pour un poste de présentateur du Journal Télévisé de la RAI TV
Italienne a une dentition si forte que le poste ne peut lui convenir, mais
c'est un fort en thème, et un rusé, il réussira à s'imposer contre vents et
marées et obtiendra le poste. On rit beaucoup dans cette comédie italienne.
Mais soudain on se demande si nous n'avons pas de semblables personnages
"réels" parmi nos hommes politiques et on reste saisi de
STUPEFACTION ! ! La pièce que l'on nous joue pour cette élection
présidentielle est semblable par certains côtés à cette histoire... Si la
plupart de nos hommes politiques sont animés de fortes convictions certains
sont d'extraordinaires comédiens. Le regard fixe, le geste calculé, la formule
cassante, le geste péremptoire, ils toisent avec arrogance et supériorité leurs
interlocuteurs, et aussi la foule, le peuple des électeurs, les magnétisent, s’imposent !
Ce sont des acteurs de très grande classe, qui jouent à la perfection leur
rôle. Le danger est qu'ils viennent soudain à se prendre vraiment pour des
politiques, et que sans scrupule, sans aucune conviction que portés par le
plaisir, l'ivresse, la folie de leur pouvoir de fascination de domination les
poussent à d'immenses catastrophes dues à leur incompétence, leur inculture,
leur mépris pour le troupeau de spectateurs-électeurs qui les ovationnent sans
rien avoir compris.
Cela serait assez instructif et vital que les hommes politiques et que les
électeurs puissent voir ce chef d'oeuvre du cinéma italien : DENTONE ou DENTS
LONGUES.
Mais vraiment M. Mélenchon est aussi un très
grand scénariste ! Lui le grand leader de la classe ouvrière, le grand leader des INSOUMIS, avoir imaginé d'entrer à Matignon avec la bénédiction de M.
Macron clone de Hollande qu'il vilipende, il fallait y penser ! Quelle extraordinaire coup de théâtre ! Même de
très grands scénaristes, sauf peut-être italiens comme Dino Risi et Scarpola
qui ont conçu DENTS LONGUES, auraient pu rivaliser avec lui. M. Mélenchon va
jouer un nouveau rôle pour s'imposer, si Dents, excusez, M. Macron est élu. Il
va mettre les Insoumis sous pression, entonner le choeur de la rouspétance, des
défilés dans les rues, on va avoir du spectacle, une réelle action couleur
nature de Bastille à Nation ou de Nation à Bastille, avec arrêt à République et
peut-être entrée à l'Elysée de Macron, et qui sait, Matignon !
Le monde va avoir encore un beau spectacle avec la comédie-tragédie de l'élection présidentielle française !
M. Macron, candidat du 2° tour, est super heureux, il vient d'être interviewé par M. Delahousse, il lui a dit qu'il s'était fait tout seul, qu'il n'était l'héritier de personne. Parti de rien, dit-il, il a gravi l'ascenseur social passant des études secondaires l'ENA. probablement avec une bourse d'études ?, sauf peut-être qu'il avait un père et une mère qui se sont occupés de lui, (père Professeur de neurologie à Amiens, mère médecin de la Sécurité Sociale) une grand-mère qui a pris soin de lui( Professeure des écoles), qu'il a rencontré une prof avec une maison au Touquet; devenue sa femme qui l'a peut-être un peu aidé etc. enfin qu'il n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter comme ça... Mais a-t-il dit tout lui réussit, ses examens, même l'entrée à l'Elysée par relations, même ministre... Maintenant il veut l'Elysée. C'est son joujou du moment. Hollande a dit qu'il avait réussi sa vie en devenant président, M. Macron, lui,semble vouloir devenir président parce que c'est normal avec son génie hors-norme, il serait anormal qu'il ne soit pas le président de tous ces Français moyens. Comme tous ceux qui veulent être président, il est le meilleur, le plus intelligent, le plus tout, tout. comme Sakozy, comme Juppé, comme Fillon etc. D'ailleurs tous le lui disent en lui faisant des courbettes. Alors le programme ? C'est le programme que vous voulez. D'ailleurs un président est un président, il préside à l'Elysée, un point c'est tout. M. Macron attend avec impatience la dernière formalité pour rentrer chez lui, au 52 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIII° D'Amiens à l'Elysée la trajectoire d'un prince.
-L'Ordre du jour de Eric Vuillard - roman historique - Actes-Sud 160p. 16€ Dans les coulisses du III° Reich. l'ordre industriel nazi.
-Ma mère, cette inconnue de Philippe Labro - Récit - Gallimard - 192p. 17€ Tendre récit, hommage à sa maman d'un écrivain délicat. Philippe Labro écrirait sans une posture d'écrivain connu, mais dans sa profondeur réelle de son "moi" atteindrait la vérité de son art.
-Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas - roman humoristique - Le Dilettante - 380p. Un joyeux roman policier dans un New-York Colorado, par l'auteur à succès du Fakir-Ikea.
-Fitzgerald inédit de Je me tuerais pour vous... - 18 Nouvelles retrouvées - Grasset/Fayard - 477p. 23€ - Plaisir de retrouver par hasard un auteur des années folles américaines.
Le monde assiste stupéfait à une mise à mort subtile de la démocratie en France. Cette démocratie qui a coûté tant de révolutions, de larmes et de sang, semblait pérenne, croyait-on, en France, d'où elle s'était répandue dans toute l'Europe et le monde tout au long des XIX° et XX° siècle après les conflits sanglants qui ont fait des dizaines de millions de morts, cette démocratie est en train d'être atteinte dans son âme même. Cette élection présidentielle en France est peut-être celle où l'on verra sombrer cette passion de la liberté qui animait les Français. On ne se rend pas compte que la violence des vagues de haine qui se sont levées, qui enflamment toute une partie de la population contre l'autre est inouïe. La raison ne préside plus au débat, mais le goût du lynchage, la volonté d'imposer par la force des mots, des passions, une loi. Toute une classe politique s'est dressée soulève la tempête de la colère dans toute une partie de l'opinion publique, celle qui est la plus riche, la plus forte, celle qui tient tout, qui irrigue de sa puissance, de son renom, tout, contre une autre en la noyant sous l'injure, l'ostrascisme, la relégation, en fait un bouc émissaire pour la neutraliser, la pulvériser. Il semblerait que tous les moyens seraient bons car on s'estime du bon côté, du côté "sain" , du côté "propre", et ainsi "on a le droit", pour maintenir par tous les moyens sa domination. On est dans le sens de l'Histoire, du progrès, le chemin tracé, de force s'il le faut, vers ce que l'on veut imposer aux autres. Il n'y a plus de dialogue, mais un diktat terrifiant car il pourrait s'attaquer aux urnes mêmes, symboles ultimes de la démocratie, de la liberté. On assiste à ce vent mauvais qui ramène du passé des mots, des slogans infâmants pour brûler l'adversaire. Mais l'adversaire est l'autre partie du peuple, celui qui est le plus faible. Alors on s'unit, on chasse en meute. Des lettres, des discours, des appels, les médias mobilisés, l'espace moral, mental noyé, asphyxié. Un président de la République sortant, qui devrait être l'arbitre de la Nation, demandant, exhortant les électeurs à ne prendre qu'un bulletin de vote, celui de son protégé, stade ultime de la dégradation de sa fonction. L'Europe, même celle de Bruxelles, se tait, retient sa respiration, regarde médusée la mise à mort de la grande idée des hommes de la Révolution Française, puisée à la source de l'idée de démocratie à Athènes, aussi imparfaite était elle alors. J'écris cela avec une grande tristesse car ce n'était pas l'idéal européen des hommes comme Victor Hugo ou Stéfan Zweig, ou jean Monnet que de détruire ou même de porter la moindre atteinte à la démocratie pour imposer ses vues. .
Romain Gary aimait passionnément la France au point d'avoir été profondément triste toute sa vie de n'être pas né français, lui qui était un si grand écrivain, qui vivait la langue française et a eu deux fois le prix Goncourt. Il y a parfois au fond des êtres des déchirures si douloureuses qu'elles étonnent les insensibles. Il a fait la guerre dans l'armée de la France Libre, a été Consul-général de France à Los-Angeles, a épousé Jean Seberg... Il avait tout, mais il ressentait au fond de lui ce manque qui l'a fait souffrir toute sa vie. Quand on pense à ceux qui ont, aujourd'hui, honte de la Culture , de l'Art français, de la langue française, qui veulent tout détruire, tout engloutir dans le magma de l'univers... Pauvres "les "Romain Gary"
On croyait que tout avait été traduit de F. Scott Fitzgerald, et voici, Ô surprise, la traduction des nouvelles que l'auteur de Gatsby le magnifique et de Tendre est la nuit, avait écrite pour les revues américaine pour des raisons alimentaires, ses romans se vendant mal, et ses scénarios pour Hollywood, n'étaient pas toujours acceptés. Voici donc un lot de nouvelles superbement intéressante car écrites par un grand écrivain ayant le sens de la formule, des tournures de phrase, d'une psychologie fine, et de mots qui font mouche.
Anne Nivat a enquêté sur la France "oubliée" des petites villes de province d'où sortent régulièrement ceux qui vont devenir des gens célèbres comme Pompidou, Gérard Depardieu, Jacques Chirac ou Hollande etc.
Une France qu'une fois au pouvoir ou à la célébrité, ils s'empresseront d'oublier et qu'ils ne retrouveront le plus souvent que pour quelques commémorations, parfois familiales... C'est tragique car c'est cette France profonde qui est le creuset de l'identité française...
A lire,
A méditer pour ces familles qui ne transmettent plus les traditions, les coutumes, les croyances, la foi en leur pays...
Un livre percutant d'un candidat sincère et animé de la puissance de la France profonde. Jean Lassalle est un des candidats à la Présidence de la République, il a été berger, puis ouvrier, puis élu député de son Béarn natal. Il a épaté la France en chantant l'hymne des montagnes de sa région, debout au fond de l'Assemblée nationale, sur le dernier gradin, alors que, stupéfaits, Nicolas Sarkozy, était alors ministre de l'Intérieur, et Jean-Louis Debré, président de cette assemblée à majorité UMP, cela pour réclamer plus de protection devant un tunnel qui venait d'être construit entre la France et l'Espagne, puis il avait entrepris une longue marche dans toute la France allant à la rencontre des gens, et dormant chez eux. Passant chez JC. Bourdin sur BFMTV, il révèle que les députés ne sont pas libres, mais soumis aux diktats de la direction de leur Parti. S'ils veulent, comme lui, s'en affranchir ils sont menacés de n'être plus sur la liste de leur parti aux élections suivantes...Il pense aussi que les grands partis, eux, sont soumis aux grands groupes financiers, bancaires etc.
Le livre-programme d'un homme sincère, parlant du fond du cœur comme une expression vivante d'un nation.
"L'enfance est la dernière chose qui m'appartenait" "Heureuse enfance, mon père chantait au lieu de se fâcher." "J'adorais mon père." "Une tournée générale de mots simples".
Il semblerait que Macron s'amuse comme un fou dans cette élection présidentielle qui est pour lui un formidable terrain de jeu ! Dans la cour des politiciens professionnels, il joue à la marelle, saute d'un personnage à l'autre, interprète avec sa femme un rôle de "people", chante avec les montagnards, rigole à plein tube et se fout de tout. Il est au "Théâtre" et interprète tous les rôles que le public désire : matamore dans les meetings, doucereux puis griffant, mordant, mais avec en arrière fond le "jeu", la composition, comme il le faisait au théâtre. Il a compris que la politique c'était un "jeu", presque de la rigolade, on peut en faire sans se prendre au sérieux tout en jouant au sérieux, comme dans les affaires, le principal, c'est d'être dans le bon wagon, celui de la richesse, du pouvoir, de l'entregent, au fond Macron est un personnage d'Honoré de Balzac, de sa "Comédie humaine". Ses concurrents jouent la carte du sérieux, des "responsables", des "compétents", des "protecteurs", lui joue la carte du n'importe quoi pourvu que, grâce aux Médias, à lui, tout acquis, le bon peuple des électeurs le voit, l'entende, prenne au sérieux ses volte-face. Il a la jeunesse, l'impertinence de la jeunesse, les autres sont des viocques, usés, fatigués, il n'en fera qu'une bouchée grâce à ses jongleries de grand acteur, de grand chambouleur. Il sourit de haut à ce peuple d'électeurs-moutons à raser, qu'il espère fasciner par ses différents personnages. Aujourd'hui, il chantait dans les montagnes, demain... il chantera où... sous la houlette de ceux qui l'ont choisi, fabriqué, qui ont sorti des millions d'euros pour le lancer comme un produit industriel. Il est leur Pinocchio avec un nez qui s'allonge, espérons qu'ils n'ont pas joué aux "apprentis-sorciers".