Tom Wolfe... LE REGNE DU LANGAGE (Robert Laffont).. Le célèbre auteur américain enfonce des portes ouvertes en faisant un gros livre sur le fait que la classe dominante a institué le "politiquement correct" pour dominer le monde... Donald Trump, le Brexit, les élections autrichiennes et la lassitude européenne sont en train de briser ce règne.
Dan Brown... ORIGINE (J.C. Lattès). L'auteur du Da Vinci Code veut démontrer que les religions monothéistes -israélite-chrétienne-islamique sont obsolètes car la seule religion est celle du "Progrès", des découvertes scientifiques.C'est la phrase de W. Blake qui se trouve en fin du livre qui le résume "La science harmonieuse bannira les dogmes obscures... pour que les religions éclairées s'épanouissent."
On pourrait opposer à ce raisonnement que les découvertes s'emboîtent les unes derrière les autres que ce soit en physique, chimie, géométrie, astronautique etc dans une sorte de grand hymne global de l'Univers...
les568 pages 23€
Ken Follett... UNE COLONNE DE FEU (Robert Laffont). Les Guerres de Religions servent de base à ce roman de 924 pages ! L'action se déroule sous le règne d'Elisabeth I° qui a succédé à la très catholique Marie Tudor, ou Marie la Sanglante... les deux filles d'Henry VIII, dans une Europe qu'ensanglante la guerre entre catholiques et protestants. 924 p. 24,50€
Trois pavés littéraires pour ceux qui ne craignent pas de s'endormir dessus.
160 pages somptueuses avec des photos documents en illustration pour ce Numéro hors série sur L'aviation civile en Indochine (1945-1954)
La guerre avec le Japon avait déstructuré l'ensemble de l'économie et de l'administration dans les royaumes d'Annam-Tonkin(Vietnam avec la Cochinchine), du Cambodge et du Laos. Les routes étaient coupées dont la fameuse Route Mandarine qui reliait le Nord (Hanoï) au Sud (Saïgon) ainsi que les lignes de chemins de fer, dont le Transindochinois, la navigation fluviale étant devenue périlleuse, l'ensemble des moyens de communications étant devenus inexistant, s'imposa donc pour l'Administration et l'économie la voie aérienne avec au début des avions démilitarisés, puis des avions qui avaient servi pendant la guerre et qui étaient vendus par les Etats-Unis à bas prix pour éviter d'encombrer les déserts de l'Ouest américain. Ainsi des pilotes démobilisés et des hommes d'affaires qui avaient déjà entrepris la création de lignes aériennes en Afrique, en liaison avec la France se sont lancés dans l'aventure en Indochine, comme Sylvain Floirat (créateur de la Radio EuropeN°1) qui avait créé Aigle-Azur Afrique, et qui accepta d'un pilote démobilisé à Saïgon, Claude Klein, la création d'Aigle-Azur Indochine avec la concours de Marcelle Thano Zaphiratos, qui mettait dans l'aventure toute la clientèle et le circuit des agences Nord-Sud du transport de la firme de transit de son mari Thano Z. ce qui lui permettra de devenir la compagnie la plus puissante, notamment sous la direction de Jean Gouyet.
D'autres entreprises ont suivi la même voie, ce que relate avec détails, Icare.
Un magnifique parcours avec des pilotes courageux et l'esprit créatif d'entreprise dans une ambiance électrique d'efficacité et de danger permanent
C'était un Noël de solitude. Le jour était tombé tôt, la caserne
silencieuse, au trois quart vide au milieu d'une forêt en Allemagne. On m'avait
dit qu'à une dizaine de kilomètres se trouvait une petite ville. Avec Pierre nous
avons marché dans la nuit vers cette petite luminosité que l'on distinguait
dans les nuages au-dessus d'elle. Nous sommes arrivés dans une ville silencieuse, des chants venaient de l'église, nous sommes entrés, c'était la
foule, la lumière éblouissante. Ils chantaient du Mozart. Nous sommes restés et
nous avons suivi l'office. Nous n'étions plus seuls, nous nous rattachions par
la pensée aux nôtres si lointains. Cela reste un de nos plus beaux Noël. »
Périple d'un jeune voyageur parti avec vieille 4L. Renault des années 1960 à la rencontre des chrétiens d'Orient menacés de disparition au milieu des peuples à majorité musulmane d'obédience Sunnite comme en Turquie, ou Chiite comme en Iran, Irak, Liban... C'est un cri d'alarme que ce livre lance avec les témoignages des gens rencontrés, menacés. Les guerres, la montée de l'intégrisme islamiste, les exodes, le désintérêt des Occidentaux rendent leur survie périlleuse. Vincent Gelot expose avec des témoignages leur situation actuelle...dramatique.
Dans ce livres 23 lettres de Johnny Hallyday écrites avec Raymond Mouly, dans les années 1962, au moment où la vedette à un sommet de sa carrière d'Idole des Jeunes sont publiées. Johnny y donne de ses nouvelles dans le style "copain", comme dans le titre de la revue SLC, créée pour accompagner et créer un trait d'union entre les jeunes vedettes et leurs fans. Johnny amoureux de Sylvie Vartan, Johnny au Service Militaire (comme le fut Elvis Presley) etc.
La star de plusieurs générations vient de s'éteindre à 74ans. Johnny Hallyday fait pleurer toute la France. Il était l'incarnation d'un Nouvelle France, celle qui se détournait des guerres, se détournait de la petitesse, d'un monde étroit et rigide. Il avait sauté les barrières dès Le Golf-Drouot où il chantait, jouait avec ses copains, en pantalon et blouson de cuir noir. Il vibrait et hurlait d'une voix rauque de Rocker dynamique et joyeux. Blond, les yeux bleus, enfantin et beau, le sourire naturel, avec le goût naturel du spectacle dans lequel il avait vécu dans sa famille adoptive des Hallyday. Il s'appelait Jean-Philippe Smet. En 1959 un extrait du Golfe-Drouot passant à la télévision (l'ORTF), il crève l'écran, toute une génération le prend pour leader, elle s'identifie à lui, et lui au grand Elvis Presley. Le Rock rentre dans la culture musicale française et la vivifie... Déjà Charles Trenet et le "swing" des années Trente avait fait une percée. Johnny explose et entraîne avec lui toute une génération, celle des années 60, puis les autres... Spectacles, shows gigantesques, 110 millions de disques et albums vendus... Sa voix rauque, ses chansons vont peut ou pas du tout dans l'univers anglophone, mais domine, amplifie la force et le dynamisme du monde francophone. Avec lui Eddy Mitchell, Dutronc, Antoine et bien d'autres s'engouffrent dans un nouvel univers... La France ne sera plus comme avant. Chrétien, soldat comme Elvis, combattant, il incarne toute une époque, loin de la mesquinerie tortueuse du monde politique.
Johnny aimait son public et faisait tout pour lui plaire et l'emporter dans ses visions, celui-ci le lui rendait bien, toujours présent, toujours enflammé par celui qui criait "Allumez le feu...!"
La France avec lui a retrouvé une nouveau rythme de vie.
Natacha Polony chroniqueuse au Figaro dans son livre tente de redéfinir le sens des mots en politique, de les remettre à leur vraie place et ainsi de les sortir de ce que l'on appelle "La Pensée unique" créée pour conforter la nouvelle "Eglise", celle de la Gauche-Droite Humanoïste, installée en France dans les années 1980.
Un travail qui se heurte à l'indifférence et au silence d'un milieu ambiant qui est hostile à tout changement.
Un livre événement car il suit la démission de celui qui fut le chef d'Etat-Major à l'Elysée pour protester contre une amputation de 880 millions d'€uros sur le budget de l'Armée qui, selon lui, mettrait en difficulté des hommes et des unités engagés sur de nombreux théâtres d'opération.
Pierre de Villiers décrit les dangers géopolitiques du monde actuel et les analyse.
Un livre qui est un grand succès de librairie.
A lire pour comprendre les enjeux immenses de l'avenir.
Ce livre est à rapprocher du livre du capitaine de Gaulle "Au fil de l'épée" paru quelques années avant la Seconde guerre mondiale et se veut un constat et un avertissement.
A retenir cette phrase lorsqu'il a démissionné : « …personne ne mérite d’être suivi aveuglément… » citée dans le livre retraçant l'élection extraordinaire d'Emmanuel Macron : L'Enigme Macron, La Trajectoire d'un "Prince".
Un beau récit des rapports Père-fils, à travers une odyssée, qui ressemble à l'Odyssée après l'Iliade de la Guerre de Troie, les massacres, mais avec les errances... familiales et filiales.
Belle traduction.
14/20
Hermès
Le prix Interallié décerné à La Nostalgie de l'honneur de Jean-René Van der Plaetsen. L'auteur raconte ce que lui disait son grand-père, général, de l'esprit de courage et d'honneur... A lire Hermès
Au milieu des livres mal écrits, des prix octroyés, ce roman d'Alice Zeniter qui vient de se voir décerner par des Lycéens leur Prix Goncourt est remarquable par l'art du récit et surtout par la qualité du style. Les jeunes lycéens ont été séduits par ce livre fort qui raconte la découverte d'un passé douloureux en Algérie d'une jeune française issue de l'immigration qui désire comprendre ce qui s'est passé et ce qui en est advenu.
Tu es plus belle que la Vie !
Tout le jour le peuple te cherchait,
Et le silence à son appel demeurait,
Malgré le froid et la fatigue,
Ô la vierge plus douce que la myrrhe,
Malgré le sang et le fer,
Ô la vierge plus rayonnante que le feu,
Il t’a cherchée ! Au devant de ses monts Il avait placé ses fils.
L’aigle sur leur front Dessinait l’ombre triomphale,
Et leur âme se réjouissait,
Comme l’épouse dans l’attente,
Tressaille d’amour ;
Toi la plus belle,
La vierge de marbre
Qui conduit le glaive (De son bras ailé !
Il t’a cherchée ! Du plus profond de ses tourments,
Ton peuple ne cessa de rêver de toi,
Et quand sonna le réveil casqué,
Se leva pour te rejoindre
Ô la plus belle, la plus sainte !
Le jeune et relativement « inconnu » conseiller
de François Hollande qui l’avait nommé son ministre de l’Economie, Emmanuel
Macron, saute par-dessus celui-ci, et se déclare candidat à l’élection
présidentielle, « même si celui-ci se présente !».
Le président de la République sortant est mis devant le fait
accompli. Il sait maintenant qu’il a devant lui celui qu’il couvait dans son
sein pour le conseiller et l’aider pour un second mandat comme il l’avait fait
pour son élection en 2012.
A
ce coup d’éclat s’en ajoute un second : XO, la société d’édition du gendre
de l’ancien président Giscard d’Estaing, Bernard Fixot, annonce le tirage de 200.000 exemplaires du
premier livre d’analyse et programme : Révolution
d’Emmanuel Macron.
Devant
le très grand risque financier d’un tel tirage, on pourrait se demander si des
financiers, et notamment ceux du PS, n’auraient pas choisi ce jeune politique de
39ans, dynamique, pour succéder à Hollande, dont les sondages sont au plus bas,
pour affronter les autres candidats, dont celui que la Droite LR choisira à sa
Primaire ?
Le
jeudi 17 novembre 2016
L’astronaute
Thomas Pesquet après sept années de préparation s’envole de Baïkhonour à 21h20,
heure de Paris, pour un séjour de 6 mois dans l’espace dans la station orbitale
internationale. Une cérémonie religieuse de l’Eglise orthodoxe avec la bénédiction
d’un métropolite aura lieu comme à chaque envol de Russie. Au pays de
Dostoïevski on donne de la transcendance
aux actes importants de l’existence.
Extrait du livre : L'Enigme Macron, La Trajectoire d'un" Prince" . HTZ.-ATHENA Editions
Un roman-récit sur sa jeunesse écrit il y a plus de soixante ans, refusé par un éditeur, puis gardé par Edgar Morin jusqu'au jour où Jean-Paul Capitani d'Actes Sud l'a lu et a décidé de le publier. Il faut dire qu'entre temps Edgar Morin est devenu célèbre dans les sciences humaines et la philosophie et qu'il est resté à 96 ans un jeune homme à l'esprit étincelant.
"Je l'ai écrit sous le coup d'une impulsion très forte. Pourquoi ? Parce que la mort de ma mère , les circonstances de sa mort et les mensonges qui l'ont entourée, c'était une des pires choses dont je ne parlais à personne, pas même à mon père."
Edgar Morin avait perdu sa mère à l'âge de dix-ans, en 1931...
Un livre témoignage à lire pour découvrir un écrivain, en plus du socio-philosophe qu'il est.
Hermès
L'auteur, membre de cabinets ministériels, puis rédacteur-collaborateur d'Emmanuel Macron devenu Président de la République, dans ce premier roman raconte la démission de son personnage comme ministre des finances fraîchement nommé, pour cause d'un différend politique: le Président du roman ayant programmé la sortie de la France de l'Union Européenne...
Publié en avril 2017 en pleine campagne électorale.
L'écriture est cursive, genre rapport, rapide, concis, froid.
Une belle américaine aux cheveux blancs, Dorothy et un gigolo Rodolfo, désargenté, pas mal soûlographe, ancien chanteur d'opéra se rencontrent au célèbre café Florian de Venise, se noue un brin d'amour du second âge dans une suite de l'Excelsior, le palace de la Mostra au Lido. La mode, en France, est dans ces eaux là. L'auteur nous promène avec plaisir dans Venise, sur des Riva, la Fenice, au Grancaffè del Globo, dans la salle de jeux du palais Vendramin, les ruelles etc. Un petit tour à la Sérénissime cet hiver repose. Il y manque une mention celle du Danieli... palace des Lettres...
Venise, la reine de l'Adriatique qui s'était enrichie du commerce avec Constantinople, le Levant, les Croisades, qui s'était constituée un empire tout le long de la côte Dalmate, dans les Îles grecques, qui avait provoqué le pillage par la fourberie de son doge Dandolo de la capitale de l'Empire Byzantin, n'est plus qu'une ville-musée aux millions de touristes, aux paquebots gigantesques de croisière de masse... et aux nostalgiques de la vie rêvée... Thomas Mann s'était épris des langueurs d'une cité endormie, villégiature des princes et des riches bourgeois à son époque pour écrire son Mort à Venise dont Visconti fera un chef d'oeuvre...
Stéphane Héaume écrit bien. Son livre a du charme.
La Valse à Venise, aurait pu être "Un pas de deux" ou "Une saison à Venise"... On attendait du clavecin, on a eu Don Carlos.
Prix Goncourt... à Eric Vuillard pour son roman "L'ORDRE DU JOUR"... Une recréation des scènes qui ont précédé l'Anschluss en 1938, prélude à la Seconde Guerre Mondiale. Actes Sud. Prix Renaudot... à Olivier Guez pour son roman "LA DISPARITION DE JOSEF MENGELE" la fuite et la traque pendant trente ans de l'un des pires nazis. Grasset Edit. Prix Sébastien Bach... à André Tubeuf pour "BACH ou LE MEILLEUR DES MONDES" à propos du "Cinquième évangéliste" - Le Passeur Edit.
La vie romancée d'un des plus grands créateurs de palaces : Charles Ritz, qui a donné son nom à celui de la place Vendôme à Paris. D'un jeune fermier suisse à l'homme d'affaires qui enchanta le Paris de la Belle Epoque d'avant la Grande Guerre 14/18.
Mais malgré l'intérêt du sujet le charme est rompu tant le livre est mal écrit dans le genre ampoulé, avec un trait forcé.
Picsou le génial milliardaire des petits canards de la BD créée par Barks Carl est raconté dans La Jeunesse de Picsou, de par Don Rosa aux Editions Glénat....
Les romans contemporains ont une grande fascination pour les scènes de cul. Ce qui est intéressant c'est de voir que ce sont des auteures qui se lancent dans ce domaine comme dans une compétition. On passe de l'auto-fiction à la fiction tout court et certains livres regorgent de scènes que jadis nos parents ou grands-parents jugeaient scabreuses, et qui sont aujourd'hui monnaie courante. Et c'est dans ce contexte que tombent les scandales des harcèlements sexuels et autres qui secouent Hollywood et les sphères politico-artistiques. Sex in the city et d'autres séries télévisées alimentent ce marché qui se développe au fur et à mesure que la "bonne éducation", le "bon comportement", l'attitude "chevaleresque", de "gentilhomme", de "gentleman", de courtoisie, disparaissent du monde où les hurlements, les bravos scandés, les bousculades, la solitude, la dureté, la méchanceté se développent. Les éditeurs et leurs comités de lectures truffés de lecteurs et de lectrices "dans le vent" privilégient la grossièreté, la scatologie, la violence, la surenchère des actes sexuels, masochistes, le style bâclé qui est sensé tenir en haleine, tout ce qui est dans l'ordre de la violence physique, dans leurs choix.
Ainsi va le monde...
Croquignolesque, abracabrantesque, en définitive Grotesque comme ces tableaux hollandais du XVI°siècle de ripailleurs et ripailleuses, de Brueghel.
Ce livre où se dévoile un jeune homme balzacien d'une ambition totale qui manœuvre avec la ruse d'Ulysse, la précision d'un César, l'appui des Médias dans une sorte de Blitzkrieg pour arriver au pouvoir... Une sorte d'œuvre d'art politique où l'amour est d'un soutien capitale pour l'apothéose de la soirée du Louvre, de la poignée de mains avec Donald Trump, Taormina... et des mots célèbres...
A lire pour découvrir un art de stratégie pour conquérir...
Il n'est pas marqué Roman sur la couverture et à l'intérieur non plus, aussi il faut prendre ce livre pour ce que l'on ressent en le lisant, un réquisitoire imagée contre ce que le monde social-démocrate de la France a édifié en quelques décennies. On comprend pourquoi le PS s'est disloqué, la Droite-chiraquienne-sarkhozienne-fillonniste s'est effondrée... La "jeunesse" d'Aurélie, d'Alejandro, de Franck, Benjamin etc. ressemble à l'épuisement de la Vie. Qu'ils viennent de Colombie comme le premier ou de Grenoble ou des Ardennes ou d'ailleurs, qu'ils fassent des "études" ou font semblant d'en faire, qu'ils s'entrebaisent, se sodomisent ou pratiquent la fellation ou le missionnaire ou autre, qu'ils courent les petits boulots ou les boulots intéressants, s'emmerdent dans des "boîtes" à cloper ou se saouler, s'emmêlent dans une pièce de 25m2 ou des taudis, rompent avec leurs géniteurs prolos appéroteurs ou lointains, bref, un monde de la sinistrose, de la désespérance, une description voulue rageuse entre Houellebecq et un Céline de bas niveau, voilà ce qui ressort de cette lecture. La France de 2017 n'est qu'une vaste entreprise de démolition de la jeunesse non branchée, non déterminée, d'une jeunesse d'assistés, repue sexuellement, à l'esprit en friche, sans vrais désirs. Une apocalypse de l'âme lorsque la mère et la fille se complaisent toutes deux devant des films pornos. Aurélie et ses jeunes partenaires de cul n'ont que mépris pour le travail qu'ils décrochent, ils n'y voient qu'un servage sans issue. A vingt ans tout s'est déjà figé sur le "rien".
L'auteure de ce livre a l'expérience d'un prof d'amphi, ou de technique, d'une jeunesse qu'elle côtoie, d'où suinte le crépuscule d'une époque.
On comprend mieux l'élection d'Emmanuel Macron par leur silence ou leur absence.
Etonnant que ce livre ait trouvé un grand éditeur pour voir le jour. L'honneur est une denrée rare et rejetée car elle est perçue de "Droite". Or tout ce qui est de Droite, en France, est dévalorisé et rejeté par l'Intelligentsia éditoriale.
"Le Mémorial de Sainte-Hélène", Ce texte est l'original confisqué par Hudson Lowe, le gouverneur de l'île et geôlier de Napoléon et qui était conservé à la British Library dans le fonds des descendants du Secrétaire à la Guerre de l'époque, Lord Bathurst, supérieur hiérarchique d'Hudson Lowe. Document.
Romain Gary aimait passionnément la France au point d'avoir été
profondément triste toute sa vie de n'être pas né français, lui qui était un si
grand écrivain, qui vivait la langue française et a eu deux fois le prix
Goncourt. Il y a parfois au fond des êtres des déchirures si douloureuses
qu'elles étonnent. Il avait fait la guerre dans l'armée de la France Libre, a
été Consul-général de France à Los-Angeles, a épousé Jean Seberg. Il avait
tout, mais il ressentait au fond de lui ce manque qui l'a fait souffrir toute
sa vie. Quand on pense à ceux qui ont, aujourd'hui, honte de la Culture, de
l'Art français, de la langue française, qui veulent tout détruire, tout engloutir
dans le magma d’un univers impersonnel. Malheureux sont les Romain
Gary d’aujourd’hui.
Extrait du livre L'Enigme Macron-La Trajectoire d'un"Prince"HTZ-Athéna Edit.
-Cent-ans, c'est si vite passé ! par Gisèle Casadessus, Editions Le Passeur Souvenir et témoignages d'une femme admirable. Son dernier film avec Gérard Depardieu,La Tête en friche, est de toute beauté avec la découverte des mots, de la littérature par un être fruste, quasi illettré qu'interprète le grand acteur, sur un scénario et des dialogues de Jean-Loup Dabadie.
-Un personnage de roman, par Philippe Besson, Julliard Editions, hagiographie d'Emmanuel Macron par un intime qui l'a suivi et récolté ses bonnes paroles pendant la campagne électorale.
-Décadence, fin de siècle par Michel Winock, Gallimard, Fin du XIX° siècle, la France est fatiguée entre le Naturalisme de Zola, le Romantisme finissant de Hugo, les portes des découvertes commencent à s'ouvrir, reste la bourgeoisie engluée, l'aristocratie finissante, la littérature fatiguée, J.K. Huysmans avec son personnage des Esseintes décrit une société perdue dans l'ennui et la bêtise, alors qu'un immense courant de création se prépare sinon a déjà lieu avec les grands peintres, les grands découvreurs etc. Un bouquin sans intérêt d'un monde clos, tournant sur lui-même qui ne connaît pas les grands espaces de la pensée et de la création.
De l'Art de la Guerre et de la Ruse en politique tel Ulysse
Une Œuvre
Balzacienne
Un
Roman national
Htz-Athena
Emmanuel Macron a surgi comme un météorite dans le ciel de la vie politique française. D'Amiens sa ville natale à l'Elysée, celui qui a déclaré "qu'il s'était fait tout seul" a cependant suivi une Trajectoire de "Prince". Ce livre tente de comprendre à travers tous les événements survenus depuis le début de sa déclaration de candidature ce parcours d'un personnage balzacien et l'énigme de cette volonté de puissance, et ses soutiens médiatiques.
Un roman qui s'apparente à une grande oeuvre par l'écriture, le thème, l'humanité. Le Survivant, c'est cet agent double, eurasien, qui a pu se sauver de l'enfer que fut la chute de Saïgon en 1975, la fuite éperdue des toits de l'ambassade américaine, l'accueil aux Etats-Unis, la vie de réfugié, les études, l'adaptation douloureuse etc. L'auteur, derrière ce personnage ambiguë d'espion, d'eurasien franco-vietnamien, fils d'un prêtre, d'officier du service de renseignement du gouvernement de Saïgon pro-américain, ayant commencé ses études en français pour les terminer dans une université américaine, tout en restant inféodé à une cellule du parti communiste, exprime ses vues sur les Etats-Unis, l'immigration aux Etats-Unis, sur l'emprise planétaire de Washington sur le monde, sur les déboires d'une politique impériale, tout en dévoilant le fond d'un être amoureux de son pays perdu, de ses traditions etc.
C'est un romande l'Amérique d'aujourd'hui hors du "rêve américain".
Ce roman a eu le Prix Pulitzer 2016. L'auteur est professeur d'anglais à l'Université de Californie.
Le style est enlevé, rapide, parfois il fait "système" et fatigue.
La traduction est brillante, le vocabulaire riche, parfois rabelaisien.
15/20
Dans les six cent cinquante romans que l'on nous annonce pour cette rentrée éditoriale, ce livre se fait remarquer par la force de la noirceur qui s'en dégage. L'auteur décrit d'un style vif plusieurs rencontres, plusieurs destins de "pommés" qui ont été jetés dans la vie sans aucune structure de vraie personnalité. Des êtres qui se débattent dans le blocage de leur existence, avec au fond d'eux une sorte de désespoir poignant. Où sont passés leurs géniteurs, leurs profs, le cadre de leur vie d'enfant, d'adolescent ? Nulle part. Ce sont des êtres de nulle part, dans ce monde du XXI° siècle brutal, égoïste. Louis-Ferdinand Céline, l'auteur d'Un voyage au bout de la nuita peint ce monde terrible du début du XX siècle, sortant de la Grande Guerre, mais son personnage avec une force de révolte, révolte psychologique et littéraire, ici tous les personnages subissent leur sort, atteints psychologiquement, ils se sentent perdus dans leur complexité et la complexité du monde. Ilsfuient , ils se fuient. L'héroïne du van, fuit son couple, son petit garçon Thibault, pour s'engager dans l'armée qui l'envoie en Afghanistan comme infirmière militaire... pour pouvoir envoyer les 3.000 € de sa solde tous les mois à son mari chômeur qui s'occupe de l'enfant... Elle revient de Kaboul traumatisée fuit son couple, rencontre un ancien champion olympique du saut à la perche désespéré de n'avoir pu se reconvertir après son triomphe, un fils de harki, Abbès, pommé entre petits boulots et drogue, une jeune femme qui travaille dans un supermarché, .... un petit monde dans l'univers du Sud-Est de la France, terne, bloqué, où l'amour, les parties amoureuses se font à travers des libidos à réveiller sans trop de conviction que des soulagements physiques provisoires. Un drame, une désespérance continue.
Le roman pourrait faire un film brutal et noir, d'où, avec un réalisateur de talent ou de génie, percerait l'humanité profonde d'êtres perdus comme des orphelins privés d'amour, d'instruction, de soins, dans une France aux hommes politiques indifférents et méprisants. Des Sans-dents au milieu des Sans-coeurs des quarante dernières années.
Heureusement que ce livre porte sur la couverture "roman", tant il renferme d'erreurs pour sa partie "historique" sur l' Indochine, et particulièrement pour la période de l'occupation japonaise et du coup de force de l'armée impériale nippone contre l'armée et l'administration françaises, le 9 mars 1945, et de ce qui s'en suivit : combats de la Colonne Alessandri au Tonkin se repliant vers la Chine, internement des Européens dans les villes fixées par l'Etat-Major nippon, puis après les bombes A de Hiroshima et Nagasaki, l'occupation chinoise des troupes de Tchang-Kai-Shek jusqu'au 16°parallèle venues pour désarmer l'armée japonaise, comme au Sud du 16°parallèle, les troupes anglaises et françaises.
Le roman, un peu, sinon beaucoup, auto-fiction, narre la vie d'une femme de la bourgeoisie française mariée à un "administrateur des colonies", qui n'a, suivant les codes de l'époque, pas le droit de travailler et dépend exclusivement de son "seigneur et maître" son mari, même pour avoir un compte en banque indépendant, même pour avoir le droit d'avoir un permis de conduire etc. -A l'exception prévue par Napoléon, de celles qui sont "commerçantes", et qui donc ont tous les droits-.
Mona, l'héroïne vit dans un cocon de femme d'administrateur (on dirait préfet de région, aujourd'hui), lequel "méprise" les nhia-qué (paysans en vietnamien), et n'aime ni le nuoc-mâm, que la planète a adopté comme le camenbert, qui n'est autre que la sauce de poisson le Garum romain, ni les nêms que l'on trouve au supermarché aujourd'hui. Il ne fraie pas avec les gens qu'il administre presque directement, en violant les accords du Protectorat avec Hué, la capitale impériale du Viêtnam. L'administrateur, de plus de raciste, est vichyste. Il travaille sous les ordres du Résident supérieur du Tonkin, coiffant le Vice-roi vietnamien de la région. Comme vichyste, pour bien noircir le tableau, une de ses filles le condamnera, lorsqu'elle sera grande d'avoir participé aux rafles des juifs de France, alors qu'il était à 14.000 kms de la France !
Raconter (imaginer) qu'une maman prisonnière des soldats japonais, ait pu dire à sa petite fille affamée d'arracher de l'herbe pour la manger... ! alors que la dysenterie ou la typhoïde sous les tropiques l'aurait achevée en quelques jours... Le choc de l'effondrement de l'autorité et du pouvoir de l'administration française par l'Armée japonaise, passer d'une vie de luxe et de calme à une captivité brutale, la peur des jours incertains la traumatiseront à vie.
Le livre cependant déroule très bien le caractère du carriériste, malade de ne pouvoir être nommé "gouverneur" en déroulement normal de carrière, imbu de son autorité, tyran domestique, de plus, maurrassien, affreux lecteur de Drieu la Rochelle etc. Il se suicidera d'ailleurs comme ce célèbre écrivain,
C'est dire que ce roman n'est pas à l'eau de rose...
On est loin des préoccupations des hommes qui étudiaient et respectaient les habitants, les coutumes, l'histoire des pays où ils vivaient, comme ceux de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, ou ceux de l'Institut Pasteur, des professeurs de l'Instruction Publique, comme Mme Donnadieu, la maman de Marguerite Duras etc. ou des Gouverneurs généraux comme Paul Doumer ou l'Amiral Decoux qui imposaient le respect absolu envers les institutions pérennes de ces états où la France interdisait tout apartheid ou ségrégation comme les Britanniques dans certaines de leurs colonies.
Mona, l'héroïne, femme soumise, menant la Belle vie coloniale, entre réceptions, nounous pour les enfants, chauffeur, cuisinier etc, soudain se réveille pour devenir un femme libre grâce à un amie, Marthe rencontrée en Nouvelle Calédonie, à la lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, de Jean-Paul Sartre, la philosophie, le permis de conduire arraché, les coups violents de son mari, un amant et enfin le divorce, la honte de devoir travailler comme secrétaire... Ses filles vont découvrir la liberté de Paris, Mai 68, et ensuite militer avec la Gauche triomphante de François Mitterrand, et à Cuba, découvrir un Fidel Castro amoureux, plutôt que le dictateur tout cela peut-être par réaction.
D'une bourgeoisie de Droite à une bourgeoisie-caviar de Gauche, la reproduction des élites françaises décrite par Deleuse.
Ce livre est aussi un roman dans le roman, car c'est l'intervieweuse, Caroline Laurent, qui "recrée" l'atmosphère, "crée"des scènes, "fabrique" en sorte ce roman à partir des éléments remis par Evelyne Pisier, disparue au début de l'année, avec une fascination quasi religieuse.
Un roman d'une tristesse à toute épreuve. La dérive d'une époque révolue.
10/20
Hermès
L'auteur célèbre de "Kaputt" correspondant de guerre dans l'Europe en feu de la Seconde Guerre Mondiale a croqué après cette guerre des paysages et des personnages, révèle des anecdotes et se fait le journaliste pour le journal italien Tempo en analysant et critiquant son époque et les drames qui couvaient. Excellente idée que d'avoir traduit ces croquis du grand journaliste et écrivain italien, passant des années mussoliniennes à celles de la reconstruction de l'Europe de l'Après-guerre.
La vie romancée de François Talma et les vicissitudes de la Comédie Française à l'orée de la Révolution, pendant celle-ci et sous l'Empire. Talma la super vedette de l'époque, équivalent d'une star de nos jours. Isabelle Siac avec talent nous reconstitue l'ambiance des années pré-révolutionnaires et celles de la Révolution en se basant sur une solide documentation tirée en grande partie des archives de la Comédie Française, relatant les événements, les discussions, les oppositions entre ceux qui étaient "pour" et les autres. On y apprend le rôle primordiale des spectacles, à commencer par le Charles IX de Marie-Joseph Chenier, le rôle joué par les auteurs pour être justement rémunérés de l'exploitation de leurs oeuvres, alors que sous l'Ancien Régime les pièces étaient "achetées", souvent par le roi pour sa troupe des Comédiens Français, on y apprend que c'est Louis XVI qui fit construire ce que nous appelons aujourd'hui le Théâtre de l'Odéon qui fut ce théâtre de la Comédie Française avant qu'elle n'émigre près du Palais Royal, sur la Rive Droite. Odéon qui, en Mai 1968, lors des émeutes de Paris, du Quartier-Latin, fut aussi, étrange parallèle, le siège d'opposition au régime, qui valut à son directeur de l'époque, Jean-Louis Barrault, d'être destitué.
Un roman très riche, très vivant, une peinture brillante d'une époque terrible, angoissante, et la carrière d'un très grand comédien. Le clivage entre l'Ancien Régime issu de la féodalité, elle-même issue des Grandes Invasions qui ont détruit l'Empire romain, et le monde nouveau de la liberté, du retour aux sources du "savoir" antique des Grecs est très bien montré.
Un livre pour les amateurs de théâtre, d'histoire, de la Comédie Française, pour l'été sur les plages ou chez soi.
Sylvain Tesson est un écrivain de la hauteur. Au sens propre comme au figuré. Il aime l'escalade, enfin, il l'a aimé jusqu'à ce jour où à Chamonix il a failli mourir. Il le raconte. Mais ce livre est aussi un livre profond, et littérairement agréable. Plongé dans ce siècle de vitesse, de consommation, de laisser-aller, de repères évanouis, de politique indécise, il réfléchit, et pèse sa réflexion d'un brin de misanthropie, et semble courir le monde ne se sentant nulle part chez lui. Dans ces extraits de son journal il livre ses opinions sur ce qui se passe, sur le flou entretenu par les hommes politiques qui ne veulent, ne désirent pas voir la réalité en face. Reste le charme d'une démarche, d'un "moi" profond attachant puisant sa force dans la volonté du détachement par l'évasion. Une sorte d'instabilité métaphysique que le mouvement, le dépaysement, la méditation et la lecture de grands textes atténuent.
A lire.
"Rêve Je me tiens en haut d'une dune. Au-dessous de moi : la mer, verte, extraordinairement claire, transparente, une eau d'huître."...
-Point cardinal de Léonor de Récondo :
"Mathilda conduit jusqu'au rond-point, puis se gare sur le parking du supermarché. Presque personne à cette heure-ci."...
-Nos vies de Marie-Hélène Lafon :
"Elle s'appelle Gordana. Elle est blonde. Blonde âcre, à force de vouloir, les cheveux rêches."
-La Serpe de Philippe Jaenada : "-Quelle malchance ! s'écria Claude." Je n'aurais pas mieux dit. "... -Nos vies dans les forêts de Marie Darrieussecq :
"J'ai ouvert l'oeil et boum, tout m'est apparu. C'était limpide.
-Mercy, Mary, Patty de Lola Lafon : "Vous écrivez les jeunes filles qui disparaissent. Vous écrivez ces absentes qui prennent le large et l'embrassent sans en trier le contenu, élusives, leur esprit fermé aux adultes."...
-Frappe-toi le coeur de Amélie Nothomb : "Marie aimait son prénom. Moins banal qu'on ne le croyait; il la comblait. Quand elle disait qu'elle s'appelait Marie, cela produisait son effet.
-Le déroulement de la "Blitzkrieg" électorale qui a vu l'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République - Une chronique de ces jours qui ont fasciné la France... le monde...
-Napoléon - Hors série de la revue "Lire" avec des textes de Chateaubriand, Stendhal, Balzac, Hugo..
-Un été avec Machiavel de Patrick Boucheron Edit. Equateurs/Parallèles - Superbe... 13€
-Histoire Mondiale de la France sous la direction de Patrick Boucheron, Seuil Edit. Dans la lignée de Jules Michelet. 29€
-Un peu tard dans la saison de Jérôme Leroy - roman - Edit. de La Table Ronde - La fuite plutôt que le suicide pour s'éclipser du monde actuelle... 18€
-Le Sympathisant de Viet Thanh Nguyen - roman traduit de l'anglais. Plongée dans l'univers d'un agent double aux Etats-Unis rescapé de la chute de Saïgon en 1975. Belfond Edit. 23,50€
Briser l'être que l'on montre, l'être que l'on a fait de vous, sortir de vous-même, c'est "Fendre l'armure", l'armure de sa "Citadelle" comme l'écrivait Saint-Exupéry. Anna Gavalda raconte le monde, les gens "de rien" comme dirait Hollande ou Macron, des gens bloqués dans une civilisation qu'ils ne comprennent plus, dans la solitude de soi. Face à soi, seul, et le constater, le vivre. Les femmes, les hommes de ces sept nouvelles, rencontrent d'autres solitudes, soit venant d'une éducation rigide de la petite bourgeoisie bien-pensante et déchristianisée, soit d'une solitude sociale, de par la profession, le goût ou le destin. Chacune, chacun tente de jeter des ponts vers l'"Autre", qui n'est pas un "enfer" comme l'écrivait Sartre, mais un être perdu, abandonné à lui-même et qui se raccroche à ce maigre radeau de l'amitié, amitié sans suite, qui sombre inéluctablement. Que ce soit la crise économique due aux délocalisations, ou autres drames financiers concurrentiels, ou familiale, professionnelle, c'est toujours le combat contre soi, contre l'environnement, le non-sens. Anna Gavalda a écrit une série de nouvelles métaphysiques, qui montrent à travers ses "gens", leur pauvreté intellectuelle, spirituelle. Il n'y a rien en eux, comme dans les interrogations de Dostoïevsky dans ses Frères Karamazov. Ici, il n'y a plus rien, les enfants sont des témoins absents, ils attendent la nouvelle ère de leur génération entre le numérique, les show télé, les espérances d'un autre monde. Celui de "Fendre l'armure" s'écroule devant nous lentement, très lentement, déjà se met en place un autre univers... Que sera-t-il ? Comme cette élection présidentielle hors-norme qui vient de s'achever, il réservera peut-être des surprises.
Le livre d'Anna Gavalda est l'histoire des âmes errantes à travers le monde des villes, des immeubles, des paliers, comme un témoignage saisissant de la dureté, la crudité, de la solitude à travers un langage semblable au laisser-aller où se sont abandonnés des gens de "rien" et de "tout".
Nous sommes loin de La Princesse de Clèves.
16/20
Hermès
Trois jours à Paris, de la vie du poète Constantin Cavafis, dont Marguerite Duras a traduit des textes et présenté dans une belle préface. 1897, la Belle Epoque, avec calèches, comtesse, barons, princes, passage du Corps des ballets russes au Saint-Petersbourg, l'hôtel où logèrent Cavafis et son frère John. Poète, il rêve de rencontrer Moréas, grec comme lui (Papadiamantopoulos), un des chefs du Symbolisme, le courant littéraire qui veut succéder au Parnasse. Cavafis a trente et un ans, et espère la reconnaissance d'un "Maître", et lui a adressé deux poèmes, restés sans réponse à Alexandrie. Il découvre une annotation "Style pauvre Maladresse"... Trois jours, trois nuits de pérégrinations entre le Café Riche, le Procope, les Galeries , les salons, et la mythique "Arche" , ceci avec l'âme douloureuse d'un homosexuel qui se soulage dans l'onanisme...
Le roman garde un côté morbide et triste, les tourments cachés d'un poète venu à Paris, et qui n'en découvre que la face illusoire présentée par Mardaras, le secrétaire de Moréas qui le pilote et le présente.
On est loin de la délicatesse, de la beauté des corps, de l'élégance.
La traduction du grec laisse à désirer... de nombreuses fautes de syntaxe, etc. émaillent ce texte où le poète est absent.
Un polar littéraire d'un genre nouveau mêlant crimes, humour, dérision et littérature française, anglaise, américaine, russe, un peu d'histoire de l'art, un peu de faits historiques car l'enquêteuse un brin enquiquineuse est aussi bibliothécaire de sa petite ville-bourgade New-York-Colorado, la ville aux 198 ronds-points, au milieu du désert, en même temps qu'officier de police et se nomme : Agatha, comme la créatrice d'Hercule Poirot et de Miss Marple. Parfois l'auteur ou l'enquêteuse, on se sait trop écrit qu'Austerlitz a eu lieu en 1912... Napoléon était mort depuis bien longtemps...
Un polar facétieux avec des rebonds jusqu'au final mystérieux.
Romain Puértolas s'amuse en écrivant comme tous ses autres romans le montrent, et c'est reposant pour le lecteur, qui ainsi, entre dans autre univers que celui de la Macromania ambiante.
La rencontre entre deux mondes, celui d'un baraqué venant de la campagne et travaille à Paris dans une entreprise de Recouvrement de créances auprès des petites gens, et une parisienne, styliste, qui a peur des corbeaux, s'ennuie avec son mari etc. Un long roman au style pesant dans lequel on étouffe entre les ennuis des uns, les peurs des autres etc. Aucune bouffée d'oxygène.
-Deux remords de Claude Monet, de Michel Bernard -Roman - La Table-Ronde.: Prix des Libraires de Seine."Conçu comme un triptyque – Frédéric, Camille, Claude –, le roman de Michel Bernard est magistral. Erudit sur toute l’histoire de la peinture française de l’époque, vue de l’intérieur, par ceux qui l’inventaient. Passionnant par son côté intime, centré sur des héros et les liens qui les unissent". -Jean-Claude Perrier LivreHebdo Prix décerné par un jury de 400 lecteurs des Hauts-de Seine.
-Un Cheval entre dans un bar, de David Grossman - roman - Le Seuil Edit. Un douloureux portrait de la société israélienne. Situé dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, il met en scène un comédien, Dovaleh Greenstein, dont le spectacle produit dans un petit théâtre miteux se délite sous les yeux des spectateurs médusés.
Le Man Booker International Prize récompense ce roman :
Un personnage principal "difficile et défectueux, mais tout à fait convaincant", déclare le président du jury, Nick Barley, qui ajoute : "David Grossman a tenté un ambitieux acte de haute voltige avec ce roman et il a réussi de façon spectaculaire". "Nous avons été époustouflés par la volonté de M. Grossman de prendre des risques aussi bien émotionnels que stylistiques : chaque phrase compte, chaque mot est important dans cet exemple suprême du métier d’écrivain", conclut le président du jury.
-Dans ce jardin qu'on aimait, de Pascal Quignard - roman, Grasset - 176p. 17,50€ vie romancée du compositeur méconnu Simeon Pease Cheney (1818-1890) pour l'écrivain sa femme s'est transformée en jardin. -Emmanuel Macron, Un jeune homme si parfait de Anne Fulda -288p. Plon 15,90 Enfance et jeunesse du nouveau président de la République. -Fendre l'armure, d'Anna Gavalda, - Nouvelles - 7 - 288p. Le Dillettante - 17€ - Problèmes et vies de femmes par l'auteur de best-sellers. -La Princesse de Clèves, de Mme. de La Fayette -roman - Editions du Livre de Poche. Les feux de l'amour dans une adolescente. (1678) -La fille de Brooklyn de Guillaume Musso, roman - Livre de Poche. 680.000 exemplaires tirés. Hermès
-Croire au merveilleux de Christophe Ono-dit-Biot - roman - Gallimard 240p. 20€ - les dieux de l'Olympe se métamorphosent et rentrent dans la vie d'un jeune couple d'aujourd'hui. A découvrir.
-Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson - roman- Julliard 198p. 18€ - un jeune adolescent découvre, cache à sa mère, et vit sa différence sexuelle. Véracité et crudité. Peut-être une absence d'âme, de profondeur des sentiments. Tout à la surface, en séquences nues, crues.
-La fabuleuse découverte des ruines de Troie - récit historique de Heinrich Schliemann - Tallandier -9€ - l'auteur raconte sa passion de la Grèce et sa découverte en 1871 des ruines de la célèbre Troie, où Patrocle fut tué, Achille le vengea en tuant Hector etc. (Homère L'Iliade)
Emmanuel Macron : traduit du grec : Le grand sauveur
Tous les politiques n’ont rien pu faire pour rivaliser avec lui, car ils affrontaient un jeune prodige ! Un jeune homme
« hors-norme »
Protéiforme
et polymorphe. Il peut prendre toutes les attitudes, tous les vents, toutes les
croyances, toutes les solutions, mais il a une perception très nette du but à
atteindre et tous les moyens lui sont bons. « La fin justifie les moyens »,
car il y va d’une impérieuse nécessité, d’une foi nette qu’il sait ce qu’il
faut faire, quand il faut le faire etc. Une sorte de prodigeà la Bonaparte , qui pourrait direcomme Jules César Veni-Vidi-Vici !Il a mis les pieds dans les Affaires, dans l'Administration, dans la Politique et a immédiatement compris comment il fallait agir pour contourner toutes les oppositions, tous les clivages, pour obtenir ce qu'il voulait...
DENTONE, en français DENTS LONGUES, de
Dino Risi avec Alberto Sordi est passé dans la nuit au Cinéma de Minuit. Un
film inouï par la ressemblance avec les personnages de notre comédie du pouvoir.
Un postulant pour un poste de présentateur du Journal Télévisé de la RAI TV
Italienne a une dentition si forte que le poste ne peut lui convenir, mais
c'est un fort en thème, et un rusé, il réussira à s'imposer contre vents et
marées et obtiendra le poste. On rit beaucoup dans cette comédie italienne.
Mais soudain on se demande si nous n'avons pas de semblables personnages
"réels" parmi nos hommes politiques et on reste saisi de
STUPEFACTION ! ! La pièce que l'on nous joue pour cette élection
présidentielle est semblable par certains côtés à cette histoire... Si la
plupart de nos hommes politiques sont animés de fortes convictions certains
sont d'extraordinaires comédiens. Le regard fixe, le geste calculé, la formule
cassante, le geste péremptoire, ils toisent avec arrogance et supériorité leurs
interlocuteurs, et aussi la foule, le peuple des électeurs, les magnétisent, s’imposent !
Ce sont des acteurs de très grande classe, qui jouent à la perfection leur
rôle. Le danger est qu'ils viennent soudain à se prendre vraiment pour des
politiques, et que sans scrupule, sans aucune conviction que portés par le
plaisir, l'ivresse, la folie de leur pouvoir de fascination de domination les
poussent à d'immenses catastrophes dues à leur incompétence, leur inculture,
leur mépris pour le troupeau de spectateurs-électeurs qui les ovationnent sans
rien avoir compris.
Cela serait assez instructif et vital que les hommes politiques et que les
électeurs puissent voir ce chef d'oeuvre du cinéma italien : DENTONE ou DENTS
LONGUES.
Mais vraiment M. Mélenchon est aussi un très
grand scénariste ! Lui le grand leader de la classe ouvrière, le grand leader des INSOUMIS, avoir imaginé d'entrer à Matignon avec la bénédiction de M.
Macron clone de Hollande qu'il vilipende, il fallait y penser ! Quelle extraordinaire coup de théâtre ! Même de
très grands scénaristes, sauf peut-être italiens comme Dino Risi et Scarpola
qui ont conçu DENTS LONGUES, auraient pu rivaliser avec lui. M. Mélenchon va
jouer un nouveau rôle pour s'imposer, si Dents, excusez, M. Macron est élu. Il
va mettre les Insoumis sous pression, entonner le choeur de la rouspétance, des
défilés dans les rues, on va avoir du spectacle, une réelle action couleur
nature de Bastille à Nation ou de Nation à Bastille, avec arrêt à République et
peut-être entrée à l'Elysée de Macron, et qui sait, Matignon !
Le monde va avoir encore un beau spectacle avec la comédie-tragédie de l'élection présidentielle française !
M. Macron, candidat du 2° tour, est super heureux, il vient d'être interviewé par M. Delahousse, il lui a dit qu'il s'était fait tout seul, qu'il n'était l'héritier de personne. Parti de rien, dit-il, il a gravi l'ascenseur social passant des études secondaires l'ENA. probablement avec une bourse d'études ?, sauf peut-être qu'il avait un père et une mère qui se sont occupés de lui, (père Professeur de neurologie à Amiens, mère médecin de la Sécurité Sociale) une grand-mère qui a pris soin de lui( Professeure des écoles), qu'il a rencontré une prof avec une maison au Touquet; devenue sa femme qui l'a peut-être un peu aidé etc. enfin qu'il n'est pas sorti de la cuisse de Jupiter comme ça... Mais a-t-il dit tout lui réussit, ses examens, même l'entrée à l'Elysée par relations, même ministre... Maintenant il veut l'Elysée. C'est son joujou du moment. Hollande a dit qu'il avait réussi sa vie en devenant président, M. Macron, lui,semble vouloir devenir président parce que c'est normal avec son génie hors-norme, il serait anormal qu'il ne soit pas le président de tous ces Français moyens. Comme tous ceux qui veulent être président, il est le meilleur, le plus intelligent, le plus tout, tout. comme Sakozy, comme Juppé, comme Fillon etc. D'ailleurs tous le lui disent en lui faisant des courbettes. Alors le programme ? C'est le programme que vous voulez. D'ailleurs un président est un président, il préside à l'Elysée, un point c'est tout. M. Macron attend avec impatience la dernière formalité pour rentrer chez lui, au 52 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris VIII° D'Amiens à l'Elysée la trajectoire d'un prince.
-L'Ordre du jour de Eric Vuillard - roman historique - Actes-Sud 160p. 16€ Dans les coulisses du III° Reich. l'ordre industriel nazi.
-Ma mère, cette inconnue de Philippe Labro - Récit - Gallimard - 192p. 17€ Tendre récit, hommage à sa maman d'un écrivain délicat. Philippe Labro écrirait sans une posture d'écrivain connu, mais dans sa profondeur réelle de son "moi" atteindrait la vérité de son art.
-Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas - roman humoristique - Le Dilettante - 380p. Un joyeux roman policier dans un New-York Colorado, par l'auteur à succès du Fakir-Ikea.
-Fitzgerald inédit de Je me tuerais pour vous... - 18 Nouvelles retrouvées - Grasset/Fayard - 477p. 23€ - Plaisir de retrouver par hasard un auteur des années folles américaines.
Le monde assiste stupéfait à une mise à mort subtile de la démocratie en France. Cette démocratie qui a coûté tant de révolutions, de larmes et de sang, semblait pérenne, croyait-on, en France, d'où elle s'était répandue dans toute l'Europe et le monde tout au long des XIX° et XX° siècle après les conflits sanglants qui ont fait des dizaines de millions de morts, cette démocratie est en train d'être atteinte dans son âme même. Cette élection présidentielle en France est peut-être celle où l'on verra sombrer cette passion de la liberté qui animait les Français. On ne se rend pas compte que la violence des vagues de haine qui se sont levées, qui enflamment toute une partie de la population contre l'autre est inouïe. La raison ne préside plus au débat, mais le goût du lynchage, la volonté d'imposer par la force des mots, des passions, une loi. Toute une classe politique s'est dressée soulève la tempête de la colère dans toute une partie de l'opinion publique, celle qui est la plus riche, la plus forte, celle qui tient tout, qui irrigue de sa puissance, de son renom, tout, contre une autre en la noyant sous l'injure, l'ostrascisme, la relégation, en fait un bouc émissaire pour la neutraliser, la pulvériser. Il semblerait que tous les moyens seraient bons car on s'estime du bon côté, du côté "sain" , du côté "propre", et ainsi "on a le droit", pour maintenir par tous les moyens sa domination. On est dans le sens de l'Histoire, du progrès, le chemin tracé, de force s'il le faut, vers ce que l'on veut imposer aux autres. Il n'y a plus de dialogue, mais un diktat terrifiant car il pourrait s'attaquer aux urnes mêmes, symboles ultimes de la démocratie, de la liberté. On assiste à ce vent mauvais qui ramène du passé des mots, des slogans infâmants pour brûler l'adversaire. Mais l'adversaire est l'autre partie du peuple, celui qui est le plus faible. Alors on s'unit, on chasse en meute. Des lettres, des discours, des appels, les médias mobilisés, l'espace moral, mental noyé, asphyxié. Un président de la République sortant, qui devrait être l'arbitre de la Nation, demandant, exhortant les électeurs à ne prendre qu'un bulletin de vote, celui de son protégé, stade ultime de la dégradation de sa fonction. L'Europe, même celle de Bruxelles, se tait, retient sa respiration, regarde médusée la mise à mort de la grande idée des hommes de la Révolution Française, puisée à la source de l'idée de démocratie à Athènes, aussi imparfaite était elle alors. J'écris cela avec une grande tristesse car ce n'était pas l'idéal européen des hommes comme Victor Hugo ou Stéfan Zweig, ou jean Monnet que de détruire ou même de porter la moindre atteinte à la démocratie pour imposer ses vues. .
Romain Gary aimait passionnément la France au point d'avoir été profondément triste toute sa vie de n'être pas né français, lui qui était un si grand écrivain, qui vivait la langue française et a eu deux fois le prix Goncourt. Il y a parfois au fond des êtres des déchirures si douloureuses qu'elles étonnent les insensibles. Il a fait la guerre dans l'armée de la France Libre, a été Consul-général de France à Los-Angeles, a épousé Jean Seberg... Il avait tout, mais il ressentait au fond de lui ce manque qui l'a fait souffrir toute sa vie. Quand on pense à ceux qui ont, aujourd'hui, honte de la Culture , de l'Art français, de la langue française, qui veulent tout détruire, tout engloutir dans le magma de l'univers... Pauvres "les "Romain Gary"
On croyait que tout avait été traduit de F. Scott Fitzgerald, et voici, Ô surprise, la traduction des nouvelles que l'auteur de Gatsby le magnifique et de Tendre est la nuit, avait écrite pour les revues américaine pour des raisons alimentaires, ses romans se vendant mal, et ses scénarios pour Hollywood, n'étaient pas toujours acceptés. Voici donc un lot de nouvelles superbement intéressante car écrites par un grand écrivain ayant le sens de la formule, des tournures de phrase, d'une psychologie fine, et de mots qui font mouche.
Anne Nivat a enquêté sur la France "oubliée" des petites villes de province d'où sortent régulièrement ceux qui vont devenir des gens célèbres comme Pompidou, Gérard Depardieu, Jacques Chirac ou Hollande etc.
Une France qu'une fois au pouvoir ou à la célébrité, ils s'empresseront d'oublier et qu'ils ne retrouveront le plus souvent que pour quelques commémorations, parfois familiales... C'est tragique car c'est cette France profonde qui est le creuset de l'identité française...
A lire,
A méditer pour ces familles qui ne transmettent plus les traditions, les coutumes, les croyances, la foi en leur pays...
Un livre percutant d'un candidat sincère et animé de la puissance de la France profonde. Jean Lassalle est un des candidats à la Présidence de la République, il a été berger, puis ouvrier, puis élu député de son Béarn natal. Il a épaté la France en chantant l'hymne des montagnes de sa région, debout au fond de l'Assemblée nationale, sur le dernier gradin, alors que, stupéfaits, Nicolas Sarkozy, était alors ministre de l'Intérieur, et Jean-Louis Debré, président de cette assemblée à majorité UMP, cela pour réclamer plus de protection devant un tunnel qui venait d'être construit entre la France et l'Espagne, puis il avait entrepris une longue marche dans toute la France allant à la rencontre des gens, et dormant chez eux. Passant chez JC. Bourdin sur BFMTV, il révèle que les députés ne sont pas libres, mais soumis aux diktats de la direction de leur Parti. S'ils veulent, comme lui, s'en affranchir ils sont menacés de n'être plus sur la liste de leur parti aux élections suivantes...Il pense aussi que les grands partis, eux, sont soumis aux grands groupes financiers, bancaires etc.
Le livre-programme d'un homme sincère, parlant du fond du cœur comme une expression vivante d'un nation.
"L'enfance est la dernière chose qui m'appartenait" "Heureuse enfance, mon père chantait au lieu de se fâcher." "J'adorais mon père." "Une tournée générale de mots simples".
Il semblerait que Macron s'amuse comme un fou dans cette élection présidentielle qui est pour lui un formidable terrain de jeu ! Dans la cour des politiciens professionnels, il joue à la marelle, saute d'un personnage à l'autre, interprète avec sa femme un rôle de "people", chante avec les montagnards, rigole à plein tube et se fout de tout. Il est au "Théâtre" et interprète tous les rôles que le public désire : matamore dans les meetings, doucereux puis griffant, mordant, mais avec en arrière fond le "jeu", la composition, comme il le faisait au théâtre. Il a compris que la politique c'était un "jeu", presque de la rigolade, on peut en faire sans se prendre au sérieux tout en jouant au sérieux, comme dans les affaires, le principal, c'est d'être dans le bon wagon, celui de la richesse, du pouvoir, de l'entregent, au fond Macron est un personnage d'Honoré de Balzac, de sa "Comédie humaine". Ses concurrents jouent la carte du sérieux, des "responsables", des "compétents", des "protecteurs", lui joue la carte du n'importe quoi pourvu que, grâce aux Médias, à lui, tout acquis, le bon peuple des électeurs le voit, l'entende, prenne au sérieux ses volte-face. Il a la jeunesse, l'impertinence de la jeunesse, les autres sont des viocques, usés, fatigués, il n'en fera qu'une bouchée grâce à ses jongleries de grand acteur, de grand chambouleur. Il sourit de haut à ce peuple d'électeurs-moutons à raser, qu'il espère fasciner par ses différents personnages. Aujourd'hui, il chantait dans les montagnes, demain... il chantera où... sous la houlette de ceux qui l'ont choisi, fabriqué, qui ont sorti des millions d'euros pour le lancer comme un produit industriel. Il est leur Pinocchio avec un nez qui s'allonge, espérons qu'ils n'ont pas joué aux "apprentis-sorciers".
C'est un livre d'entretiens avec des hommes politiques. Celui qu'a eu l'auteur avec Bruno Le Maire, écrivain et ancien ministre, candidat malheureux à la Primaire de la Droite LR, laisse percer son amertume. Son analyse de la psychologie de " l'homme politique" est intéressante.
Voici quelques extraits de ses confidences :
"La Politique, ça écrase tout le reste de la vie, ça absorbe tout, ça prend tout, ça vole tout. Si je perds, j'aurais dilapidé tout ce temps sans ma femme, sans mes enfants, en pure perte."
"Les hommes politiques, ils sont dépressifs, alcooliques. C'est qu'il ne faut jamais voir les choses telles qu'elles sont. Il faut se projeter au-delà, nier la réalité. Et en même temps, il faut être lucide sur la réalité. C'est la dissociation permanente, le décalage entre la réalité et ton rêve. Les deux ne coïncident jamais, sauf lorsque tu es élu. C'est pour cela qu'après cela crée la dépression."
"La politiques cela attire les névrotiques. On l'est tous. Ce n'est pas la politique qui rend névrotique, on l'est avant, on s'y retrouve."
"Les deux névroses les plus courantes en politique, c'est le narcissisme, évidemment, et la haine de soi. Le Pouvoir c'est la guérison de la haine de soi."
Edifiant. A lire.
Cependant cette liste des "qualités politiciennes" requises dans cette carrière n'est pas exhaustive, car on peut y ajouter la fourberie, indispensable pour tromper les électeurs, les promesses que l'on sait mensongères, la passion pour la "belle vie" aux frais de l'Etat qui est un moteur indispensable entre autres etc.
A joindre cet extrait des Mémoires de Mario Vargas Llosa, écrivain qui s'était présenté à la Présidence du Pérou en 1990, et fut battu par Fujimori qui, lui, s'est retrouvé en prison pour crimes contre l'humanité :" J'ai fait une découverte déprimante, la politique réelle n'est pas celle qui se lit et s'écrit, mais celle qui se vit, a peu à voir avec les idées, les valeurs, l'imagination... Elle est faite presque exclusivement de manœuvres, intrigues, conspirations, pactes, paranoïas, trahisons, calculs, pas mal de cynisme, et toutes sortes de jongleries." in Le Poisson dans l'eau.
Alexandre Jardin, autre écrivain qui a tenté de se présenter à l'actuelle Présidentielle française est aussi amer, il n'a pas pu réunir les 500 parrainages indispensables, les grands partis ayant fait barrage auprès des élus concernés...
Nicolas Dupont-Aignan livre son agenda de ses cent premiers jours de président. Un programme détaillé de tout ce qu'il fera, pensé, construit. A l'encontre des autres candidats qui livrent leur soi-disant vision de la France, Nicolas Dupont-Aignan offre un tableau solide de ce qui se passerait s'il était élu, avec la volonté farouche de rétablir la Souveraineté de la France à tous les niveaux, à construire une Europe fraternelle respectant chaque peuple et ses droits, rétablir l'économie de la France par une diminution drastique des impôts, et le développement de tous les secteurs créateurs d'emplois en France.
A lire avant d'aller voter.
18/20
H.Zaphiratos