dimanche 19 juillet 2015

LIVRES que l'on peut se passer de lire... engendrant la tristesse...

-Requin de Bertrand Belin, P.O.L Editions 182p. 14€ 2015
Le narrateur met 182 pages pour se noyer dans un lac...  réminiscences... pour s'endormir.
-Zoé d'Alain Cadéo Mercure de France Edit. avec le CNL14,80€  2015
Un solitaire de 60 ans achète du pain à une jeune vendeuse. Ils se parlent à travers l'auteur. Zoé est le cliché de la jeune fille d'aujourd'hui que l'auteur veut qu'elle soit (jolie un brin révoltée), et lui (Henry) le cliché du vieux solitaire qui a des lettres (il cite Stefan Zweig, Paul Valéry...), ils correspondent en glissant des mots dans la miche de pain qu'il achète... Il meurt, on trouve les lettres. 
Textes soporifiques.
Hermès

1 commentaire:

Willy Lefèvre a dit…

Nous sommes sans le savoir transporteurs d’infini. Nous sommes de doux cargos fantômes,soutes pleines, perdus au beau milieu d’un océan, cherchant désespérément un port d’attache pour alléger nos coques.

Zoé est un de ces « petits moments », une halte, un quai, comme une brèche laissant passer un filet de lumière, dans le blockhaus des pensées du ‘‘petit homme’’ calibré du haut de son mètre quatre-vingt-cinq…

Il n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé l’autre matin lorsqu’il eut l’insolence de désorienter Zoé, la jeune vendeuse de la boulangerie, en choisissant cette fois un pain italien, alors que la main de la jeune fille tâtonnait déjà sur l’étagère la plus haute pour dénicher la sempiternelle miche de toutes ses envies.

« N’oubliez pas que je suis là pour tuer vos habitudes… »

Et Zoé est restée bras ballants, le fixant longtemps, comme choquée, pleine de surprise…

Alain Cadéo, souffle sur sa plume, comme pour animer le silencieux passage des cirrocumulus. Voilà ce qui l’attire, car ses écrivains préférés sont les nuages. Quoi qu’ils écrivent, ils ont toujours la délicatesse de s’effacer, ils passent. Et s’ils étaient la projection de ses pensées les plus secrètes…


La lecture faite par Hermès prouve que la beauté de ce texte n'est pas destinée à éblouir les érudits... Les érudits ne sont pas aveugles. Ces derniers participent à une autre dégustation de la beauté littéraire.

Quoi de plus normal donc que les gourmands de lecture n'y trouvent pas leur satisfaction... l'indigestion les barbouille.

A la table de Brillat-savarin, la lecture de zoé étonne de légèreté, une ange vient de passer, le rêve se devine. Je m'en délecte encore.