lundi 21 septembre 2009

Arbre de fumée de Denis Johnson, traduit de l'américain par Brice Matthieussent, Edit.Christian Bourgois 2008, 680 pages.

C'est un livre gigogne.L'auteur pourrait le continuer indéfiniment, tant les pages et les chapitres se ressemblent. L'auteur s'est jeté à corps perdu dans tous les journaux et livres sur la rebellion des Huks aux Philippines, sur la guerre américaine au Viêtnam. Puis il a créé avec un talent répétitif des personnages autour du thème de la CIA dans ces conflits meurtriers. Le drame c'est qu'on n'y croit pas un instant. Des agents qui vont se proclamer des espions au vu et su des gens de ces pays, ce n'est pas crédible. Graham Greene et d'autres ont fait mieux et plus court. Ce qu'il montre bien c'est l'absence d'idéal, de motivations des Américains qui se trouvent engagés au Viêtnam, et qui pour oublier passent leur temps à avaler des litres de bière Lucky, du brandy de riz( que l'on appelle communément l'alcool de riz), du whisky etc. qui ne pensent qu'à baiser, ne savent plus très bien s'ils sont catholiques, calvinistes, ou adventistes du 7° jour etc. qui se baladent avec dans la tête des versets de la Bible, ou des Actes des Apôtres, oubliant les paroles du Christ, tout cela dans la boue, la jungle, les rizières, parmi des Sud-Viêtnamiens qui ne savent pas ce qu'ils doivent faire,(qui boivent de l'eau et non du thé...) contre leurs adversaires du Viêtminh-Viêtcongs déterminés, au patriotisme de l'An II, prêts à tout, comme les Américains, pour vaincre. Pour faire "intello" et s'attirer la faveur de la critique quelques passages d'Antonin Arthaud, de Cioran, Georges Orwell entre des phrases comme :"...si jamais le Saint-Esprit débarquait au Viêtnam, il se ferait sans doute arracher les couilles par un éclat d'obus." page 363. Ceci rythmé mollement et pour intéresser Kansas-City, de coups de téléphone avec la maman aux USA. Maman qui ne tardera pas à mourir pour faire "choc" littéraire.
Mais Denis Johnson a le souffle de la rengaine, une écriture où pleuvent les mots d'"enculé, con, chatte etc." A l'armée, comme à l'armée, ça fait viril !
L'auteur a évité d'évoquer la fuite peu glorieuse sur les toits de l'ambassade américaine de Saïgon, en 1975,au moment de la prise de cette capitale par le Viet-Minh-Viêt-Cong.Cela aurait fait tâche au milieu d'une logorrhée de rouleurs de mécanique. Mais les documents filmés de cet événement sont dans les archives.
Il faut ajouter qu'en première page, l'éditeur annonce que "l'ouvrage a été traduit avec le concours du Centre national du livre"
Il paraît qu'il a eu le prix US : "National Book Award 2007"!
Un lourd pensum de 28€

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