mercredi 8 mai 2013

Matins Bleus, de Jean-Marie Laclavetine, roman Edit. Gallimard, 242p. 2004

C'est le genre de roman dont on se demande ce qu'il vient faire dans le paysage littéraire ambiant. En principe les lecteurs ou lectrices demandent à s'évader dans l'univers que l'auteur leur propose dans une histoire ou des propos qui l'intéresseraient... Or ce roman d'un hall de gare dont l'action débute le matin du "19 mai à 06h30" et se termine le même jour à 17h08 sur des rafales de mitraillette, n'a qu'un intérêt limité, à moins d'une ou des histoires style "Simenon" ou "Mauriac" qui s'y passeraient...  Mais là, rien ! Des vies banales dans ce hall de gare banal : kiosque, vendeuse de journaux, allers et venues de quidam, peintre en train de travailler, père désargenté, décavé, fils travailleur, enfants, fugueuse etc. Le truc habituel...
Embarqué dans ce bouquin, on reste surpris page après page de l'antipathie de l'auteur pour ses personnages, pour le style vraiment banal, et des histoires sans intérêt.
On se demande ce qu'a été faire un auteur comme Laclavetine dans cette galère ?
10/20
Hermès

LES MENTEURS de Marc Lambron... Grasset Edit. 336p. 2005 ... "LES CYNIQUES" ...

"Les Menteurs" de Marc Lambron aurait du s'appeler "Les Cyniques". A travers la carrière de ses personnages sortant de Khâgne, Science Po, l'ENA... Pierre, Karine, Claire, puis Isabelle etc. Marc Lambron décrit une génération qui a vingt ans sous Mitterrand et décrit sa trajectoire jusqu'à aujourd'hui (2004)... une génération  d'intellectuels vide, cruelle, jouisseuse, arrogante, et froide, qui est au pouvoir, dans tous les cabinets ministériels, les grandes entreprises où l'Etat a des participations, les sociétés d'Edition, les grandes firmes du 4/40, les traders de haut-vol, les têtes de gondole de la vie sociale, politique, économique de la France d'aujourd'hui... Un constat cuisant qu'il a complété par une série d'articles de ce mois de mai 2013, dans son hebdomadaire "Le Point" sur Frigide Barjot et son frère...
La rupture avec l'Ancien monde est flagrante, comme il y a eu rupture entre le monde de l'Ancien Régime et celui du Directoire, (et non de 1789). Marc Lambron vit dans ce monde, et voit ses personnages évoluer  entre les philosophes, les psychologues à la mode comme Derrida, Lacan... les écrivains qu'ils étudient pour leurs concours, leur cursus, leur carrière... Mais ce monde de la "connaissance" dont ils sont issus de par leur milieu, de par leurs études les conduit à un monde vidé de sa substance, un monde presque éthéré, dans lequel ils survolent leur vie, la vie... et dont les frémissements surnaturels, jouissifs ultimes se perdent dans les sonorités des musiques de rock des Rolling Stones, des Ted Zeppelin etc. dans l'ambiance électrique des agglutinements de masses... On comprend mieux la mentalité des hommes politiques qui gouvernent... Que non ! Qui "dirigent" la France... un clan d' Extra-Terrestres qui ne sentent plus le sol des réalités, emportés qu'ils sont par le silence de leur confort intellectuel, moral dans lequel ils vivent depuis leurs premiers bancs d'école, d'université, de concours, de "promotions", comme la promotion "Voltaire", les chiffres qu'ils manipulent à coups d'ordinateurs. Ils n'ont plus le sens des réalités, sauf celui de leur carrière, de leur compte en banque, leurs primes, de leur copinages (copains-coquins), de leurs points de retraite, de leur futur pantouflage gérontique... De vieux-jeunes...
"Quand la pensée fondée sur la révolte devient le dogme de nouveaux maîtres, quand la haine de l'Histoire fait le lit des amnésiques, quand le publicitaire et l'homme politique se donnent la main pour réduire le chant de la vie à quelques slogans, une certaine dignité meurt, qui est celle de la délicatesse." Page 318
Peut-on ajouter qu'une certaine conception de la vie meurt aussi...
Marc Lambron est un cavalier, il charge sabre au clair, il ne fait pas de détail, c'est la découpe des grands immeubles des grands financiers, de l'aveuglement de la bonne bourgeoisie parentale, de l'inconscience des classes moyennes manipulées par de petits fauves mesquins et cruels par leur suffisance, leur indifférence à la calculette.
Un livre froid, dur, parfois indigeste, mais éclairant.
Le style d'un expert-comptable littéraire.
Une école littéraire semble être née : celle des "Ecrivains du roman Cynique". J'ai l'impression que Yann Moix dont je viens de lire un bouquin en fait partie...  Est-ce Générationnel ?
12/20
Hermès

La Cour des Comptes vient de souligner le montant du coût exorbitant de la Garde Républicaine.
Fin de la spécificité française ? Bains-Douches-Bus Palladium ? Nouvelles élites.

dimanche 5 mai 2013

Monsieur Loo, Le roman d'un marchand d'art asiatique, Arles, éditions Philippe Picquier, avril 2013.

Après un coup de coeur sur la cuisine chinoise, voici l'histoire d'un grand marchand et collectionneur d'art chinois du début du XX° siècle. L'homme qui travaillait et fournissait Rockfeller et les grands collectionneurs occidentaux, l'homme qui servit de pont entre la Chine d'avant Mao et les Etats-Unis et l'Europe. Avec le Transibérien, avant 1914, il allait se fournir en Chine, puis après la Grande Guerre, il ouvrit des agences à Shanghaï, Paris, Londres, New York et se fit construire un palais chinois rue de Courcelles à Paris. Palais style pagodon de couleur rouge, couleur fétiche des Chinois, que l'on peut toujours admirer en passant par là. M.Loo a fait don de bien  des oeuvres asiatiques  à des musées européens et américains, dont le musée Guimet à Paris.
Après le pillage des palais de Pékin par les troupes françaises et anglaises (retracé par le film célèbre :Les Cinquante-cinq jours de Pékin), les ventes et achats des oeuvres d'art chinoises...
Un livre important pour la connaissance de l'art.
Hermès

samedi 4 mai 2013

La Cuisine Chinoise de Henri Lecourt, 1925 - Edit. de Pékin - 144p. Réédition Robert Laffont 1968

Très remarquable livre sur les recettes de la cuisine chinoise écrit par un sinologue français résident dans la Chine de 1920, celle des Concessions, de la république après la chute de la dernière dynastie mandchoue.
Ce livre est super intéressant car il ouvre la porte à une cuisine raffinée, sous les auspices des dieux et génies de la mythologie chinoise.
La couverture est explicite avec une reproduction de la structure symbolique des dieux, dont le dieu bienfaisant du foyer Tsao Wang.
Un livre capital pour comprendre et faire la cuisine chinoise... si on a un talent de cuisinier... sinon il vaut mieux fréquenter les bons restaurants chinois... dont ceux du XIII° à Paris...
18/20
Hermès

Printemps-Eté-Voyages-




Photos H.Z. Dessins Cyrille Zaphiratos

vendredi 3 mai 2013

NOUVEAUTE : Les carnets de Cuisine de George Sand, par Muriel Lacroix et Pascal Pringarbe, Edit. Le Chêne 240p. 35€

Un livre inestimable réédité enfin !
George Sand arrière-petite fille du Maréchal de Saxe en plus d'avoir été un grand écrivain, une grande romancière, aimait bien manger et bien recevoir dans son domaine de Nohant dans le Berry. Elle recevait à sa table, et ses convives lui apportaient leurs produits du terroir, les Dumas père et fils, Chopin, son amant préféré, Flaubert, et avant lui Balzac, Delacroix...
C'est dire si ce livre est intéressant et important.
19/20
Hermès

mercredi 1 mai 2013

A propos d'un article de Marc Lambron dans Le Point sur Frigide Barjot... SOUS l'OEIL D'UN CYCLONE


C'est une bonne analyse de ces dernières décennies avec les effets de la libération des moeurs, la disparition progressive du "goût français", de l'élégance dans les manières, le comportement, du langage, et l'apparition quasi brutale de la vulgarité, du m'as-tu-vu-isme d'une génération de petits bourgeois qui veut tout faire sauter pour bien s'amuser, le Sida qui domine cette fausse "fête" où des milliers de jeunes gens vont mourir pris dans le piège de la course au plaisir, à la surenchère du plaisir... confondant bonheur et plaisir. Ce basculement se fait avec la libération sexuelle, la surenchère du bonheur, la course à la sexualité, l'"américanisation" des rapports sociaux. en contrebalancement de ce que l'on a appelé la "convivialité" socialiste. Marc Lambron se fait sociologue, entomologiste, il épingle ses personnages comme des papillons. Peut-être est-ce le sujet d'un grand roman de vérité-fiction à la Tom Wolfe, sur cette période étonnante et cruciale où se mêlent le sexe, l'argent, la folie, la religion, le sida... Une époque ouverte en Mai 68, qui se termine par le mariage gay, avec des gens qui se cherchent des repères au milieu des décombres d'une morale détruite, parmi des dirigeants cyniques et sournois.
Hermès